Addiction à la cocaïne

La cocaïne est une drogue stimulante capable d’engendrer une sensation extrêmement intense d’euphorie et d’augmentation des performances intellectuelles chez son consommateur. D’abord consommée dans un but récréatif, elle peut rapidement causer des dommages lorsque cela devient une addiction à la cocaïne. Le cocaïnomane doit consommer non plus pour prendre du plaisir, mais pour soulager sa souffrance psychique. Comme toutes les addictions, sa prise en charge repose sur un traitement médicamenteux de substitution, un suivi psychologique et un soutien social.

Définition et symptômes d’une addiction à la cocaïne

Qu’est-ce que la cocaïne ?

homme qui semble très heureuxLa cocaïne est une drogue aux propriétés stimulantes, autrement dit, la personne qui en consomme ne ressent pas la fatigue, elle est plus énergique et plus alerte.

Cette drogue qui se présente sous la forme d’une poudre blanchâtre est issue des feuilles de coca, un arbuste présent en Amérique du Sud. Les propriétés de la feuille de coca sont connues depuis des milliers d’années. Les habitants du Pérou et de la Bolivie la mâchent pour diminuer la sensation de faim et de fatigue.

Dans la plupart des cas, la cocaïne est sniffée, mais elle peut aussi être fumée (crack ou freebase) ou injectée par voie intraveineuse. La cocaïne est très souvent coupée avec d’autres substances, comme de l’amidon de maïs, du talc ou d’autres drogues. A noter que les formes fumées de cocaïne ne sont pas sous forme de poudre, mais de cristaux ou cailloux blanchâtres.

La cocaïne peut être consommée en association avec d’autres drogues, souvent l’alcool et la marijuana. Lorsqu’elle est mélangée avec de l’héroïne sous forme de liquide injectable, on parle de « speedball ».

Qu’est-ce que la cocaïnomanie ?

Une addiction est une affection cérébrale caractérisée par une dépendance à une substance (ou une activité) dont les conséquences sont délétères pour le consommateur. En France, plusieurs millions d’individus sont concernés par l’addiction. L’apparition d’une dépendance repose sur 3 facteurs :

  • L’individu (âge, maturité cérébrale, personnalité, etc.). Par exemple, la consommation d’alcool au début de l’adolescence multiplie le risque de dépendance par 10, en comparaison avec un autre individu dont l’initiation se ferait aux alentours de la vingtaine. Les personnes à tendance anxieuse, dépressive ou introvertie sont plus à risque de développer une addiction ;
  • La substance. En effet, selon le type de produit consommé et son mode d’administration, l’addiction s’installe plus ou moins rapidement. On parle de potentiel addictif pour un produit (ou une pratique). Les drogues les plus sujettes à la dépendance sont le tabac, l’héroïne, la cocaïne et l’alcool ;
  • Et l’environnement (stress, contexte social, etc.).

Une addiction se développe en trois stades.

Le premier stade est caractérisé par la recherche de plaisir qui va aboutir à l’activation du fameux circuit cérébral de la récompense. Ce dernier est sous le contrôle de la dopamine, un neurotransmetteur libéré en masse lors de la consommation.

Lorsque cette dernière est répétée, des décharges de dopamine sont peu à peu libérées par anticipation. Un phénomène qui favorise la reproduction du comportement. Par ailleurs, d’autres neurotransmetteurs impliqués dans l’antalgie et la sensation de bien-être sont impactés, la sérotonine et les endorphines, pour lesquels le patient est de moins en moins sensible. Finalement, il n’y a que l’apport de la substance qui procure au consommateur du plaisir. Une sensation de manque se produit dès qu’il stoppe sa consommation. Une tolérance au produit s’installe également, ce qui entraîne progressivement une augmentation de la consommation pour obtenir les mêmes effets.

La nécessité d’augmenter sa consommation pour obtenir les mêmes effets, associée aux symptômes de manque qui surviennent lorsque la consommation est suspendue sont caractéristiques du second stade de l’addiction. L’individu est plus stressé et d’humeur négative (ou dysphorique). A ce stade, l’objectif de la consommation n’est plus le plaisir, mais le soulagement de la souffrance psychique.

Le troisième stade de l’addiction est la perte de contrôle. La physiologie cérébrale est altérée par la prise répétée de drogue. L’individu n’a plus la capacité de prendre des décisions ou de résister à ses pulsions de consommation. Malgré une envie sincère de se sevrer, les rechutes se répètent.

La cocaïne est aussi bien utilisée dans un cadre festif, pour profiter de la fête jusqu’au matin, que pour améliorer les performances intellectuelles. Les conséquences d’une addiction sont multiples. Elles peuvent survenir plus ou moins rapidement.

Quels sont les symptômes d’une addiction à la cocaïne ?

Les sensations induites par la consommation de cocaïne varient selon la quantité consommée, la fréquence de consommation, la méthode d’absorption, l’âge et l’état de santé du consommateur, le contexte de consommation, l’association ou non avec d’autres drogues.

Un individu ayant consommé de la cocaïne se sent confiant, énergique, alerte (les sens paraissent plus développés), euphorique, bavard. Le consommateur a l’impression que ses capacités mentales sont décuplées. D’autres sensations, comme la faim ou la fatigue, sont en revanche atténuées. Certains consommateurs peuvent se sentir nerveux, agités et ont du mal à tenir en place.

Les effets de la cocaïne sont ressentis :

  • En quelques minutes et pour 15 à 30 minutes lorsqu’elle est sniffée ;
  • En moins d’une minute et pour 10 à 20 minutes lorsqu’elle est injectée ;
  • En quelques secondes et pour moins de 10 minutes lorsqu’elle est fumée.

Chronologiquement parlant, le consommateur ressent tout d’abord ce que l’on nomme « rush » qui se manifeste par une euphorie progressive mais intense. C’est cette première phase qui est addictive, et qui pousse à la consommation. Le rush est ensuite suivi d’un sentiment de bien-être puissant, c’est le « high ». La dernière étape est le « crash » ou la descente. Lorsque les effets de la substance s’estompent, le consommateur peut se sentir fatigué, anxieux, voire déprimé, et ressentir un besoin intense de re-consommer.

La prise répétée de doses élevées de cocaïne favorise les crises de panique, des symptômes psychotiques (paranoïa, hallucinations de tous types, idées délirantes) et les comportements marginaux (excentricité, violence).

A noter ! La cocaïne peut provoquer une accélération de la respiration et du rythme cardiaque, et une élévation de la pression artérielle et de la température corporelle. Sa consommation engendre donc des risques de crise cardiaque, d’AVC, d’arrêt respiratoire et de mort subite.

Parmi les symptômes de sevrage de la cocaïne, on trouve notamment : l’irritabilité, les insomnies, la faim, l’anxiété, la dépression, etc.

Diagnostic et traitement d’une addiction à la cocaïne

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une addiction à la cocaïne repose sur des critères très précis répertoriés dans le Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders, le manuel de référence pour les troubles psychiatriques.

Une addiction est diagnostiquée lorsqu’un patient présente ou a présenté au cours de l’année en cours, au moins deux des critères suivants :

  • Le besoin impérieux et irrépressible de la consommation ;
  • La perte de contrôle sur la quantité de produit consommé ;
  • Le temps dédié à la consommation est important ;
  • La tolérance au produit est augmentée ;
  • La présence des symptômes d’un syndrome de sevrage ;
  • La difficulté du patient à remplir ces obligations ;
  • La poursuite de la consommation même en cas de risque physique ;
  • La présence de problèmes personnels et sociaux ;
  • Le désir de diminuer les doses ;
  • La réduction des activités pour favoriser la consommation ;
  • La poursuite de la consommation malgré les conséquences physiques et psychiques.

L’addiction est considérée comme faible si 2 à 3 critères sont présents. Elle est modérée entre 4 et 5, et sévère au-delà de 6 critères.

Quel traitement contre l’addiction à la cocaïne ?

Dire stop à l'addiction à la cocaïne La prise en charge d’une addiction est multidisciplinaire. Elle nécessite souvent l’association d’un traitement médicamenteux, d’une thérapie psychologique et d’un accompagnement social.

Le traitement d’une addiction repose tout d’abord sur le sevrage, à savoir l’arrêt de la consommation. Ce dernier est soutenu grâce à la prescription de traitements de substitution.

Le soutien psychosocial, particulièrement pour les patients marginalisés, permet de favoriser l’intégration sociale. Il permet aussi d’accompagner le patient dans certaines démarches (professionnelles, juridiques, sociales, etc.).

En parallèle, une psychothérapie est souvent indispensable.

La prise en charge d’un patient cocaïnomane est souvent, longue et ponctuée de nombreuses rechutes. Son succès repose beaucoup sur la motivation du patient et sur l’amélioration de son estime de soi et de ses conditions de vie.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Addictions. inserm.fr. Consulté le 23 mars 2021.
– La cocaïne. camh.ca. Consulté le 23 mars 2021.