L’hypocondrie est une préoccupation excessive sur l’état de santé. Elle est une source considérable de plaintes associées à une crainte permanente d’être gravement malade. Elle est dangereuse pour la santé mentale et physique. L’hypocondrie peut mener à la dépression, à l’apparition de Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC) et à une anxiété.

femme inquiète écoute son coeur avec un stétoscope devant son ordinateur hypocondrie

Quand parler d’hypocondrie ?

L’hypocondrie est la crainte d’être malade. A force d’écouter son corps, l’hypochondriaque tente d’interpréter la moindre observation comme un signe de maladie grave. Une angoisse obsédante qui entraine une relation pathologique avec le corps. L’hypocondrie peut apparaitre à tout âge et touche particulièrement les sujets à tempérament anxieux. Des facteurs de stress psychosociaux (ex : mort d’un proche, choc psychologique) peuvent être des éléments déclencheurs à ne surtout pas négliger.

À savoir ! l’exemple type de l’hypocondriaque est bien Argan, Malade Imaginaire de Molière. La différence est qu’il ne s’agit pas d’une fausse maladie. L’hypocondrie est bel et bien une pathologie à ne pas négliger.

Au cœur des préoccupations du sujet hypocondriaque, la maladie peut prendre plus d’ampleur et devenir chronique.

Il existe différents types d’hypocondrie :

  • Hypocondrie névrotique
  • Hypocondrie délirante
  • Hypocondrie du sujet âgé

Chez les jeunes, une hypocondrie délirante peut être accompagnée de schizophrénie. Dans le cas de sujets plus âgés, il arrive que l’hypocondrie prenne la forme de délires mélancoliques voir de démences.

Nouveaux hypochondriaques : les « cybercondriaques »

A l’heure actuelle, de nouvelles formes d’hypocondrie voient le jour, les cybercondriaques.

Ces adeptes d’internet accèdent à l’information médicale en quelques clics. En recherchant leur symptôme, ils optent eux même pour les médicaments et aliments à consommer et finissent par s’inventer leur propre médecine. Leurs peurs naissent alors d’information médicale incomprise ou confuse.

À savoir ! Il est indispensable de garder à l’esprit qu’aucune information médicale en dehors de consultations médicales ne remplacera l’avis et les recommandations d’un professionnel de santé.

Quelle attitude annonce une éventuelle hypocondrie ? L’hypocondriaque traduit des sensations corporelles normales comme des signes irréfutables de maladie grave. Il agit donc comme un médecin sur lui-même en nommant chaque symptôme. Le sujet est donc sans cesse tenté par la prise de médicament, considérée comme une protection.

À savoir ! Dans le DSM V (Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux), manuel de référence en psychiatrie, le terme hypocondrie laisse place à une nouvelle nomination; on parle dorénavant de « trouble anxiété de maladie », classé dans la catégorie des « troubles de symptômes somatiques ».

Bien que les examens médicaux ne révèlent rien, le sujet reste persuadé de souffrir d’un mal, inexistant.

L’Association Psychiatrique Américaine a clairement énuméré les critères symptomatiques sur lesquels repose le diagnostic d’hypocondrie. Seule une consultation chez un professionnel de santé permet de renseigner sur la présence éventuelle de la pathologie. Le psychologue ou le psychiatre a alors recours à un diagnostic différentiel pour tenter de détecter la possibilité d’une affection médicale générale. Un diagnostic de Troubles Obsessionnel-Compulsif ou de troubles paniques peuvent appuyer le diagnostic d’hypocondrie. Les critères symptomatiques énoncés par le DSM sont les suivants :

  • Préoccupation sur la santé qui dure depuis au moins six mois
  • Préoccupation qui perdure même après consultation par un médecin et examens négatifs.
  • Difficultés dans la vie sociale et professionnelle quotidienne.

À savoir ! Les symptômes psychiques sont souvent associés à des troubles physiques. Dans un cas extrême, l’hypocondrie peut devenir invalidante pour le patient.

Psychothérapie

Les psychothérapies cognitives et comportementales sont les premiers traitements recommandés par les spécialistes. Ainsi, assurer le suivi du patient hypocondriaque demande une écoute particulière de la part du praticien mais également beaucoup d’empathie. Des séances de relaxation, de la psychothérapie, des antidépresseurs et une bonne hygiène de vie aideront considérablement à apaiser l’anxiété du malade.

Lina R., Journaliste scientifique

– « L’hypocondrie chez la personne âgée ». Hazif-Thomas, C., et P. Thomas. NPG Neurologie – Psychiatrie – Gériatrie, vol. 11, no 61, février 2011, p. 4-12 ScienceDirect, doi:10.1016/j.npg.2010.12.003.
– « Hypocondrie ». Lejoyeux, M. EMC – Psychiatrie, vol. 2, no 4, novembre 2005, p. 247-58. ScienceDirect, doi:10.1016/j.emcps.2005.07.002.
– Hypocondrie et urgences – HYPOCONDRIE_ET_URGENCES . Consulté le 26 mars 2018.
– « Hypocondrie, peur des maladies, symptômes, causes, comment se soigner et traitement ». Physiotherapie pour tous. Consulté le 26 mars 2018.