femme devant un miroir sans fdinÉtymologiquement, le mot schizophrénie signifie : perte de l’unité (schize) de l’esprit (phrénie).

Le résultat de cette perte d’unité psychique en est une triple incohérence : de la pensée, des propos et du comportement.
Il existe diverses formes de schizophrénies, certaines très manifestes, d’autres beaucoup plus discrètes. Toutes les schizophrénies sont caractérisées par une perte de cohérence de la pensée et des comportements, ce qui peut donner des aspects de bizarrerie et d’imprévisibilité. Elles débutent à l’adolescence ou à l’âge adulte jeune (avant 30 ans). Elles évoluent sur un mode chronique avec une entrave aux capacités d’adaptation aux situations sociales.

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Définition, symptômes et causes

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

SchizophrénieLa schizophrénie est une psychose, un type de maladie mentale se caractérisant par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du langage, du sentiment de soi et du comportement. Elle peut être très différente d’un patient à l’autre.

600 000 personnes sont concernées en France. La maladie débute à la fin de l’adolescence et dure toute la vie. La schizophrénie s’associe à un lourd handicap.

Le suicide est la principale cause de décès prématuré chez le patient présentant une schizophrénie. Environ 5 à 6% des schizophrènes se suicident et environ 20% font des tentatives.

Quels sont les symptômes de la schizophrénie ?

3 types de symptômes peuvent se manifester de façon chronique ou épisodique :

  • Les symptômes productifs ou positifs: délires, hallucinations sensorielles, auditives (ce sont les plus fréquentes), visuelles, olfactives ou gustatives, sentiment de persécution (paranoïa), mégalomanie
  • Les symptômes négatifs ou déficitaires: le patient se met en retrait et s’isole de son cercle amical, familial ou social. Le patient manifeste une émotivité réduite. Il peut être apathique, ces symptômes ressemblent à ceux de la dépression.
  • Les symptômes dissociatifs: désorganisation de la pensée, de la parole, des émotions des comportements, difficultés de concentration, de mémorisation, de compréhension. Le patient peut avoir des difficultés à effectuer des tâches simples comme faire ses courses.

Connaît-on les causes de la maladie ?

La schizophrénie est à la fois d’origine génétique et environnementale.

Certaines variations génétiques sont associées un risque plus important de développer la schizophrénie en cas d’exposition à des facteurs environnementaux. Chez des jumeaux qui possèdent le même patrimoine génétique, lorsque l’un est atteint de schizophrénie, le risque que le second développe la maladie n’est que d’environ 40%.

L’exposition maternelle à la malnutrition et à la grippe pendant le 2e trimestre de grossesse, un poids de naissance < 2500 g, l’incompatibilité Rh lors d’une 2e grossesse et l’hypoxie augmentent le risque.

Des facteurs de stress environnemental peuvent déclencher l’apparition ou la récidive des symptômes psychotiques chez les patients vulnérables. Ces facteurs de stress sont la toxicomanie par ex la marijuana ou alors un stress social ou affectif (chômage, rupture amoureuse…)

Diagnostic  et traitements

Comment fait-on le diagnostic de la schizophrénie ?

Le diagnostic de schizophrénie est difficile. Parfois le diagnostic est posé alors que la maladie progresse depuis plusieurs années. La difficulté à poser le diagnostic s’explique par la diversité de ses symptômes, pouvant être parfois confondus avec ceux de la dépression, d’un trouble anxieux sévère ou des troubles bipolaires, notamment quand les symptômes déficitaires sont au premier plan.

Le diagnostic exige la présence des 2 éléments suivants :

  • Au moins 2 symptômes caractéristiques (délire, hallucinations, parole désorganisée, comportements désorganisés, symptômes négatifs) pendant une période de 6 mois
  • Signes atténués de la maladie avec une altération du fonctionnement social, professionnel ou négligence de soi pendant une période de 6 mois qui comprend 1 mois de symptômes actifs

Dans 3/4 des cas, la schizophrénie n’est pas une maladie d’apparition brutale.  Elle débute par des symptômes atténués, souvent peu spécifiques, associés à des difficultés cognitives. Ces symptômes annonciateurs, ou “prodromiques”, correspondent à un état mental à risque d’évolution vers un trouble psychotique. Les symptômes sont alors non seulement moins intenses, mais en outre moins fréquents ou moins durables. A ce stade, l’évolution vers la schizophrénie n’est pas inéluctable puisque, statistiquement, seul un tiers des personnes concernées évolueront vers un premier épisode psychotique, parmi lesquels un peu plus de la moitié évoluera ultérieurement vers une schizophrénie chronique.

Comment prendre en charge la schizophrénie ?

La prise en charge est multidisciplinaire avec un traitement médicamenteux et une réhabilitation psychosociale.

Les objectifs du traitement sont de :

  • Réduire la gravité des symptômes psychotiques
  • Préserver la fonction psychosociale
  • Eviter les réapparitions des épisodes symptomatiques et la détérioration fonctionnelle associée
  • Réduire la consommation de drogues illicites.

Les neuroleptiques atypiques

Le traitement de première intention repose sur un antipsychotique atypique comme la rispéridone, l’aripiprazole, la quetiapine ou l’olanzapine. Il est d’instauration progressive et maintenu au long cours. L’hospitalisation peut être nécessaire pour faciliter l’instauration du traitement. Des antidépresseurs ou des anxiolytiques peuvent être associés selon la symptomatologie du patient.

À savoir ! Les antipsychotiques atténuent les symptômes et réduisent les rechutes mais ¼ des patients sont résistants.

L’approche psychosociale

    1. La réhabilitation cognitive.
      Elle prend en charge notamment les symptômes de désorganisation. Elle permet d’identifier les composantes cognitives de la schizophrénie altérées (troubles attentionnels, mémorisation, exécution…) et à trouver des solutions pour guérir ou contourner ces troubles, à travers des jeux de rôles, des exercices ou encore une éducation à sa propre maladie.
    2. La thérapie cognitivo-comportementale
      Elle peut aider le patient à gérer ses symptômes positifs et négatifs et elle permet d’éviter l’isolement.
    3. Des séances de cognition sociale (sur la maladie, ses symptômes, son traitement), d’ergothérapie et/ou d’accompagnement
      Peuvent être envisagés sur le plan social et professionnels
    4. L’éducation thérapeutique
      Elle est incontournable dans la prise en charge. Elle permet au patient de mieux comprendre sa maladie, ses symptômes et son traitement. Elle favorise l’observance.

La stimulation magnétique transcrânienne (TMS)

La stimulation magnétique transcrânienne (ou TMS) est parfois efficace chez les patients résistants aux traitements médicamenteux. Elle peut aussi s’associer au traitement médicamenteux.  Elle permet notamment de réduire la sévérité des hallucinations.

À savoir ! La stimulation magnétique transcrânienne consiste à appliquer un champ magnétique sur une zone du cerveau

L’électroconvulsivothérapie (ECT)

Elle est destinée aux cas sévères ou résistants. Elle consiste en l’administration d’un stimulus électrique au moyen d’électrodes placées de part et d’autre du cuir chevelu.

Au cours de la 1ère année qui suit le diagnostic, le pronostic est étroitement lié à l’observance du traitement prescrit et à l’évitement de la toxicomanie.

Globalement, 1/3 des patients bénéficie d’une amélioration significative et durable, 1/3 présente une certaine amélioration mais des rechutes intermittentes peuvent survenir et ces patients présentent une invalidité résiduelle, et 1/3 des patients ont un handicap sévère et permanent.

Sources
– Schizophrénie. msdmanuals. Consulté le 16 septembre 2020
– Schizophrénie inserm. Consulté le 16 septembre 2020
– Schizophrénie who. Consulté le 16 septembre 2020Enregistrer