Mortinatalité : de l’intérêt d’éviter de dormir sur le dos en fin de grossesse

Oct 26, 2017 par

Les femmes enceintes le savent bien, plus le terme de la grossesse approche et plus il devient difficile de trouver la position idéale pour dormir. Et si la posture allongée sur le dos n’était pas sans conséquence pour l’état du fœtus ? C’est ce que révèle une récente étude néo-zélandaise selon laquelle dormir sur le dos en fin de grossesse pourrait augmenter le risque de mortinatalité.

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Qu’est-ce que la mortinatalité ?

La mortinatalité désigne le décès du fœtus et la naissance d’enfants sans vie après 6 mois de grossesse.

À savoir ! Lorsque l’embryon ou le fœtus est expulsé ou extrait du corps de la mère avant le 6ème mois de grossesse, il ne s’agit pas d’une mortinaissance, mais d’un avortement ou d’une fausse couche.

D’après les données de l’OMS, le taux de mortinatalité s’élève à 12,5 pour 1000 naissances. L’accouchement prématuré spontané et l’hypertensio gravidique (hypertension artérielle spécifique des femmes enceintes) sont les problèmes obstétricaux les plus fréquents à l’origine d’un décès périnatal.

Dans ce contexte, une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande et publiée dans The Journal of Physiology, s’est intéressée à l’impact de la position adoptée par la femme enceinte dans son sommeil sur l’état du fœtus :

“Des études récentes sur la mortinatalité tardive ont démontré l’importance de la position du sommeil dans le risque de décès intra-utérin. Nous avons conçu cette étude pour évaluer les effets des différentes positions maternelles sur des fœtus sans problème de santé”, expliquent les chercheurs.

Posture sur le dos et comportement du fœtus ?

Cette étude est inédite en ce sens qu’elle s’est attachée à surveiller les fœtus durant la nuit tout en observant la position des mères durant leur sommeil.

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont ainsi inclus dans l’étude une cohorte de 29 femmes enceintes en bonne santé et à un stade avancé de leur grossesse (de 34 à 38 semaines de gestation). Toutes ont été suivies jusqu’au terme, et tous les bébés sont nés en bonne santé.

L’équipe a fait une découverte précieuse quant à l’impact de la position maternelle durant le sommeil sur l’état du fœtus. Les chercheurs ont en effet installé une caméra infrarouge pour enregistrer la position des femmes enceintes pendant leur sommeil. En parallèle, ils ont enregistré en continu le rythme cardiaque de la mère et de son fœtus pendant toute la nuit en utilisant un électrocardiogramme.

Les chercheurs ont ainsi constaté que les fœtus étaient dans un état actif uniquement lorsque les mères dormaient sur le côté gauche ou droit. Quand elles changeaient de position durant leur sommeil, par exemple du côté gauche à la position allongée sur le dos, le bébé changeait rapidement d’état d’activité et devenait beaucoup moins actif.

À savoir ! L’activité fœtale est une mesure de l’état de bien-être du bébé dans le ventre de sa mère.

La fréquence cardiaque du fœtus est modifiée en cas de posture sur le dos

Dormir sur le dos aurait ainsi une incidence sur le rythme cardiaque du fœtus, ce qui empêcherait son approvisionnement en oxygène. En fait, la position allongée sur le dos provoque une compression des veines principales et modifie la fréquence cardiaque du fœtus, ce qui entraîne une réduction de l’apport en oxygène au fœtus pouvant augmenter le risque de mortinatalité :

“Notre hypothèse est que dans cette position, l’utérus comprime la veine cave inférieure qui apporte le sang vers le cœur de la mère, ce qui réduit le flux sanguin. La plupart des futures mamans font face à ce phénomène sans problème mais celles qui ont des problèmes de santé sous-jacents augmentent encore le risque de mortinatalité” a déclaré le professeur Stone, auteur principal de l’étude, au journal Medical News Today.

Les chercheurs étudient à présent les grossesses où le fœtus ne grandit pas correctement ainsi que les grossesses pour lesquelles les mères ont rapporté des mouvements fœtaux réduits, vu que ces deux situations ont été associées à un risque accru de mortinatalité.

« Dans les situations où le bébé pourrait ne pas être en bonne santé, comme dans les cas de faible croissance, le fœtus pourrait ne pas tolérer l’effet du sommeil maternel sur le dos. Nous suggérons qu’il y a aujourd’hui suffisamment de preuves pour recommander aux futures mamans d’éviter de dormir sur le dos en fin de grossesse, pas seulement à cause des données épidémiologiques mais également parce que nous avons démontré clairement que cela a un impact sur le bébé », déclare Peter Stone, l’un des auteurs de l’étude.

Ces résultats restent néanmoins à approfondir dans la mesure où l’étude a été réalisée sur 29 femmes seulement.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Beating type 2 diabetes into remission. Science Daily. Le 12 octobre 2017.
– Causes de mortinatalité et de mortalité néonatale précoce : données portant sur 7993 grossesses dans six pays en développement. OMS. – Consulté le 24 octobre 2017.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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