La nouvelle définition du burn-out selon l’OMS

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Rédigé par Julie P. et publié le 10 juin 2019

Des milliers de médias ont repris l’information en boucle : “le burn-out est reconnu comme une maladie professionnelle”. Il n’en est rien : l’Organisation mondiale de la santé a publié un démenti pour affirmer que le burn-out est simplement reconnu comme un syndrome lié au travail. Une distinction qui fait toute la différence.

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Reconnaissance du burn-out comme un phénomène lié au travail

Dans sa onzième révision de la Classification internationale des maladies (ICD-11), l’OMS rattache spécifiquement le burn-out à un stress chronique lié au travail. Il précise d’ailleurs que c’est “un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès”.

La ICD-10 comportait déjà le concept du burn-out dans la classification des “facteurs influençant l’état de santé”.

À savoir ! Selon Santé publique France ” Le burnout ou épuisement professionnel est caractérisé comme un état d’épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’une exposition à des situations de travail émotionnellement exigeantes. Le syndrome inclut trois dimensions (classiquement mesurées par le questionnaire Maslach Burnout Inventory [MBI] : l’épuisement, à la fois physique et psychique ; la dépersonnalisation (ou cynisme), se traduisant par un retrait et une indifférence vis-à-vis du travail, et enfin, la perte d’efficacité au travail et la dévalorisation de soi.” Tous les types d’emploi sont concernés et le fait d’être confronté dans son métier à des demandes d’un tiers constitue un facteur de risque supplémentaire.

C’est ici que la nouveauté réside puisque auparavant le burn-out n’était pas spécifiquement lié au monde professionnel. Il pouvait, par exemple, être relié à d’autres activités de la vie, comme la parentalité. On parle également de “burn-out parental”.

Pour mener à bien cette reconnaissance, il a fallu que l’instance de l’ONU, l’OMS, réussisse à fédérer l’ensemble de ses pays membres sur ce point.

Ici, toutes les nations adhérentes se sont accordées sur le fait qu’il y avait un lien entre un environnement professionnel et le syndrome du burn-out. Ils ont aussi détaillé le burn-out, ce qui n’avait pas été réalisé dans la ICD-10.

Dans la ICD-11, trois dimensions caractérisent le burn-out :

  • Un manque d’énergie ou d’épuisement;
  • Un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments négatifs ou cyniques liés au travail;
  • Une perte d’efficacité professionnelle.

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Du syndrome à la maladie, de la maladie à la maladie professionnelle

Après ce premier pas, l’OMS va commencer un travail sur l’élaboration de lignes directrices pour pouvoir évaluer la santé mentale en milieu professionnel.

Pour reconnaître une maladie comme professionnelle, il faut déjà la caractériser comme “maladie”. Quels sont les critères objectifs permettant de diagnostiquer la maladie ? Quel est le délai de prise en charge ?

Ensuite, pour la classer parmi les maladies professionnelles. Il faudra répondre précisément à des questions complexes. Quels types de travail ou de personnes sont les plus exposés ? L’épuisement professionnel est-il lié à la durée du travail ? Ou à l’âge du travailleur ? Quels sont les risques auxquels est exposé le travailleur?

À savoir ! Selon la sécurité sociale, ” Contrairement à l’accident du travail et l’accident de trajet, il n’existe pas de définition légale générale de la maladie professionnelle. On peut toutefois indiquer qu’elle est la conséquence de l’exposition plus ou moins prolongée à un risque lors de l’exercice d’une activité professionnelle.”Cette reconnaissance permet aux patients d’obtenir des indemnités journalières de la sécurité sociale, sans limites de temps, contre trois ans pour une maladie « ordinaire ». Le patient  est protégé contre le licenciement durant toute la durée de son arrêt

Aujourd’hui, en France, l’épuisement professionnel n’est pas reconnu comme accident de travail ou maladie professionnelle. En février 2018, une proposition de loi visant à faire reconnaitre le burn-out comme une maladie professionnelle avait été rejetée par l’Assemblée nationale.

Finalement, l’épuisement professionnel se confond souvent avec la dépression sévère entraînant une incapacité de 25 %. Certains professionnels de la santé considèrent d’ailleurs le burn-out comme une forme de dépression à part entière.

Selon Santé publique France, 30 000 personnes seraient touchées en France, mais d’autres sources évaluent ce chiffre à bien plus.

Lire aussiBurn out, une maladie à prendre en charge

Julie P., Journaliste scientifique

– L’OMS ne reconnaît pas le burn-out comme une maladie. Le Figaro. Consulté le 6 juin 2019.
  • Bonjour,

    Merci pour cet article concis et claire qui néanmoins regorge d’information !

    Pourriez-vous me communiquer le lien qui permet de retourner à la source exacte du passage mentionné ci-dessous ? En effet, j’aimerais reprendre cette définition, mais par précaution je vais toujours aux origines de la sources, et je n’ai pas réussi à retrouver cette définition en allant sur le site de Santé publique France…

    Avec mes sincères remerciements.

    ———————–
    Selon Santé publique France ” Le burnout ou épuisement professionnel est caractérisé comme un état d’épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’une exposition à des situations de travail émotionnellement exigeantes. Le syndrome inclut trois dimensions (classiquement mesurées par le questionnaire Maslach Burnout Inventory [MBI] : l’épuisement, à la fois physique et psychique ; la dépersonnalisation (ou cynisme), se traduisant par un retrait et une indifférence vis-à-vis du travail, et enfin, la perte d’efficacité au travail et la dévalorisation de soi.” Tous les types d’emploi sont concernés et le fait d’être confronté dans son métier à des demandes d’un tiers constitue un facteur de risque supplémentaire.

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