Une nouvelle méthode pour faciliter le dépistage de l’endométriose ?

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Rédigé par Deborah L. et publié le 15 février 2022

L’endométriose est à l’origine de douleurs et d’infertilité chez les femmes qui en souffrent. Cette maladie se révèle d’autant plus handicapante que le délai entre l’apparition des symptômes et le diagnostic est souvent long et impacte considérablement  leur qualité de vie. Et s’il devenait possible d’en faciliter le dépistage  de l’endométriose ? C’est ce que suggèrent des gynécologues de l’AP-HP dans une étude publiée dans la revue eClinicalMedicine.

nouvelle méthode pour faciliter le dépistage de l’endométriose

Endométriose : une maladie au diagnostic tardif

Figurant parmi les troubles gynécologiques les plus fréquents (5 à 10 % des femmes en âge de procréer), l’endométriose est définie par la présence de tissu de type endométrial en dehors de la cavité utérine. Responsable de douleurs, d’infertilité, de complications digestives ou urinaires graves,  voire de dépression, cette maladie se révèle d’autant plus handicapante que le délai entre l’apparition des symptômes et le diagnostic est souvent long (entre 6 et 10 ans).

Il faut dire que les plaintes douloureuses s’avèrent difficiles à interpréter en cabinet médical. Forts de ce constat, le Pr Charles Chapron (gynécologue à l’hôpital Cochin) et son équipe ont souhaité mettre au point un outil pour aider les cliniciens à identifier de façon simple les femmes à haut risque de présenter une endométriose.

Un score de dépistage de l’endométriose simple à utiliser

Pour mener à bien ce projet, l’équipe du Pr Chapron s’est basée sur les données épidémiologiques d’une cohorte de 2 527 patientes opérées et prises en charge dans le service de chirurgie gynécologique et médecine de la reproduction de l’hôpital Cochin Port-Royal AP-HP, entre 2005 et 2018. Parmi ces patientes, certaines avaient été identifiées au cours de la chirurgie comme souffrant d’endométriose, et d’autres comme ne présentant pas de lésions d’endométriose.

L’analyse de ces données a ainsi permis aux chercheurs de développer un score de dépistage permettant de prédire de manière fiable la probabilité d’endométriose. La particularité de ce score de dépistage de la maladie ? Il s’appuie uniquement sur l’interrogatoire des patientes relatif à différents critères :

  • Antécédents familiaux d’endométriose
  • Antécédents d’infertilité
  • Indice de masse corporelle (les femmes minces seraient plus sujettes à l’endométriose selon le Pr Chapron)
  • Durée des cycles (des cycles courts prédisposeraient à l’endométriose)
  • Ainsi que divers autres symptômes douloureux (dyspareunies, dysménorrhées, symptômes digestifs, symptômes urinaires) évalués à l’aide d’échelles visuelles analogiques.

Ce score présente néanmoins une limite : celle de la subjectivité liée à l’auto-estimation des douleurs par les patientes. Pour pallier ce problème, les chercheurs ont donc mis au point un second score ne prenant pas en compte l’intensité de tous les symptômes douloureux (excepté celui des dysménorrhées). L’objectif étant que ce second score puisse être plus facilement reproductible dans toutes les populations de femmes, et ce quel que soit le ressenti des patientes face à la douleur.

Vers une utilisation généralisée de ce score de dépistage ?

Pour le Pr Chapron, les praticiens peuvent d’ores et déjà utiliser ce score en cabinet pour des patientes se plaignant de douleurs suspectes. Prochaine étape ? Permettre l’utilisation de ce score de dépistage de l’endométriose en autonomie au sein de la population générale via des applications numériques. Une application intitulée « Luna » a d’ailleurs été créée en ce sens. A terme, elle pourra permettre de stocker les comptes-rendus d’examen et de proposer aux patientes un programme d’éducation thérapeutique.

Véritable problème de santé publique et de société, l’endométriose nécessite d’être diagnostiquée au plus tôt afin de réduire au maximum les délais de prise en charge. En permettant un diagnostic non chirurgical de l’endométriose, ce nouveau score de dépistage « facile à utiliser et peu coûteux » devrait ainsi aider à une orientation rapide des patientes vers des praticiens spécialisés.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources
– Endométriose : une étude de cohorte établit une méthode de dépistage basée sur le simple interrogatoire des patientes. aphp.fr. Consulté le 11 février 2022.

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