Performance physique : faisons le point sur les dangers des stéroïdes anabolisants
L’usage des stéroïdes anabolisants chez les adolescents et jeunes adultes connait un engouement exceptionnel, un phénomène qui inquiète grandement les autorités sanitaires et les parents. Confrontés à l’envie de muscler rapidement leurs corps, de plus en plus de jeunes sportifs se laissent tenter par des stéroïdes anabolisants et autres produits dopants. Eclairage sur les molécules utilisées et les risques associés.

La tentation de se muscler toujours plus
Pour les jeunes hommes, mais aussi les jeunes femmes dans des moindres proportions, la prise de masse musculaire est un but à atteindre rapidement.
Plusieurs facteurs viennent alimenter cette forte volonté de modification physique chez les jeunes hommes et jeunes femmes : s’affirmer vis-à-vis des autres, ressembler à des influenceurs dans le domaine du fitness ou du culturisme, obtenir un corps idéalisé aux formes affirmées, et aussi participer à des compétitions et des concours.
Les réseaux sociaux alimentent également cette tentation en diffusant massivement des infopublicités pour des anabolisants. L’envie de développer sa masse musculaire est aussi alimentée par un accès facilité aux produits. Stéroïdes, testostérone et autres molécules dopantes circulent aujourd’hui assez facilement dans les salles de sport et sur Internet (marché noir, forums d’utilisateurs).
Les stéroïdes anabolisants et autres produits dopants
Mais, qu’entend-t-on par stéroïde anabolisant ? Lorsque l’on parle de stéroïde anabolisant androgène, il s’agit d’une molécule synthétique dérivée de l’hormone sexuelle masculine, la testostérone.
Deux effets sont attendus : le caractère « anabolisant » permettant de stimuler la synthèse de fibres musculaires et le caractère « androgène » induisant des caractères masculins (pilosité, voix grave par exemple).
Les stéroïdes anabolisants sont, entre autres, la testostérone et ses esters, la nandrolone, le stanozolol, et le trenbolone. Ces molécules miment ou amplifient les effets physiologiques de la testostérone. Ils sont administrés sous forme d’injections intramusculaires, de comprimés oraux ou de gels et patchs. Classés comme produits dopants en France, ils sont accessibles seulement grâce à une prescription médicale.
Leurs usages détournés sont associés aux dopages des sportifs (augmentation de certaines performances) et à la recherche de prise rapide de masse musculaire.
Dans la réalité, et comme le soulignent les différents témoignages, les jeunes cherchant à se muscler prennent plusieurs molécules en même temps pour compenser des effets secondaires et maximiser leurs résultats.
Parmi les compléments courants pour améliorer la performance, on retrouve l’hormone de croissance (disponible seulement sur ordonnance) qui favorise la prise de masse musculaire et la perte de graisses.
Mais aussi, certaines molécules anticancéreuses (le tamixofène et l’anastrozole) qui servent à contrer les effets œstrogéniques de la testostérone. Autre molécule utilisée : le clenbutérol, souvent appelé « clen », utilisé comme brûleur de graisses et anabolisant protéique et l’insuline, dont l’usage détourné permet de favoriser la croissance musculaire en dépit de risques importants, comme l’hypoglycémie et les comas diabétiques.
De plus, la prise de stéroïdes peut inhiber la production naturelle de testostérone. Ainsi, certains consommateurs ont besoin d’une thérapie de remplacement de la testostérone pour parvenir à conserver un taux de testostérone moyen.
Quels risques pour la santé ?
La prise de doses importantes de stéroïdes anabolisants sur de longues périodes n’est pas sans risque. Les effets secondaires les plus fréquemment retrouvés sont :
- Croissance du tissu mammaire (gynécomastie) ;
- Acné et problèmes au niveau des cheveux (aspect, perte de cheveux, calvitie) ;
- Problèmes de tensions artérielle et de dyslipidémie (hausse des LDL et baisse des HDL);
- Risques cardiovasculaires (infarctus et AVC) et hépatiques ;
- Risques rénaux (survenue d’insuffisance rénale) ;
- Atrophie des testicules chez l’homme ;
- Troubles du cycle menstruel et apparition de caractères masculins secondaires chez les femmes (pilosité, voix grave) ;
- Augmentation de la libido ;
- Survenue d’une infertilité réversible chez les hommes ;
- Troubles de l’humeur (agressivité, irritabilité) ;
- Survenue d’anxiété et de dépression ;
- Troubles du sommeil.
Sur le plan psychologique, on observe chez certains individus une dépendance. Certains sont dans l’angoisse de perdre leur aspect physique et leur identité s’ils stoppent la prise d’anabolisant. On parle alors de dysmorphie musculaire, dysmorphophobie corporelle spécifique caractérisée par le fait de penser que l’on ait insuffisamment musclés).
Ces risques pour la santé sont cependant uniquement la face visible de l’iceberg.
Deux phénomènes viennent renforcer les risques encourus : d’une part, le marché noir qui propose des molécules illégales et non contrôlées (méthode de fabrication et dosage inconnus), et d’autre part, la polypharmacie à laquelle les utilisateurs de stéroïdes s’exposent.
L’usage prolongé de ces molécules dopantes, la polypharmacie et le recours aux marchés illégaux multiplient de manière exponentielle les dangers encourus pour la santé.
On estime par ailleurs qu’environ 2 % des femmes et 6 % des hommes dans le monde utilisent ou abusent des stéroïdes anabolisants. En France, le phénomène, de plus en plus répandu, préoccupe les pouvoirs publics et les autorités. Des actions sont menées pour renforcer la lutte contre le trafic et la consommation de produits dopants.
Des sessions de prévention existent également pour informer les adolescents et les jeunes adultes des risques liés à la prise de stéroïdes anabolisants, et ceci à partir du collège. Ces programmes enseignent aussi les alternatives saines pour augmenter sa masse musculaire et améliorer les performances. Des alternatives rappelant notamment le rôle primordial d’une bonne alimentation et d’un entraînement physique avec des techniques appropriés.
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