Plus de la moitié des médecins sont des femmes
Selon les données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), au 1er janvier 2025, le nombre de femmes médecins dépasse celui des hommes. Comment exercent-elles la médecine ? Quels sont les bénéfices de cette féminisation de la profession ? Eclairage.

Chiffres globaux sur médecin générale et médecine spécialisée
Au 1er janvier 2025, 237 214 médecins sont en activité en France. C’est 1,6% de plus comparativement à l’année précédente et presque 10% depuis 2012.
La médecine générale est exercée par 100 019 médecins, c’est 1% de plus par rapport à 2024 mais -1,4% par rapport à 2012.
Les autres spécialités de médecine fédèrent quant à elles 137 1985 médecins, une hausse de 2% par rapport à 2024 et de 19, 8% par rapport à 2012.
Les spécialités médicales comportant le plus de praticiens sont la psychiatrie, la chirurgie, l’anesthésie réanimation, la radiologie et la pédiatrie. Celles comportant le moins de praticiens sont la dermatologie, la pneumologie, la biologie médicale et l’oto-rhino-laryngologie.
Notons aussi un rajeunissement de la profession : en 2012, 60 % des médecins avaient 50 ans ou plus, ils ne sont aujourd’hui plus que 49 %. De plus, la part de médecins de moins de 40 ans a fortement augmenté, elle est passée de 17 % en 2012 à 31 % début 2025.
Concernant le mode d’exercice, on note qu’en 2025, 56% des médecins de famille sont des libéraux, ils sont 33% chez les spécialistes. Cependant, l’exercice mixte, combinant activités libérales et salariées, convainc de plus en plus de médecins. En 2025, 13 % des médecins exercent en mixte contre 8 % au 1er janvier 2012.
Féminisation de la profession
Les générations de médecins depuis 2012 se sont majoritairement féminisées. Ainsi, 118 957 médecins sont des femmes au 1er janvier 2025 contre 118 257 hommes. La part des femmes en médecine était de 41% en 2012 contre donc 50,1% en 2025.
Cette tendance de la féminisation de l’exercice de la médecine est plus élevée chez les généralistes avec 52,4% de femmes contre 48,5% dans la population de médecins spécialistes. A ce niveau, les femmes sont très présentes dans les spécialités de pédiatrie et de gynécologie.
Les autres professions de santé sont aussi très féminisées. En 2025, 68% des pharmaciens sont des femmes, 66% des pédicures podologues, 50% des chirurgiens-dentistes et bien évidemment, 97% des sages-femmes.
Quels bénéfices dans la pratique de la médecine ?
Plusieurs études, dans le champ des sciences sociales, suggèrent que les femmes médecins adoptent, en moyenne, des pratiques médicales davantage centrées sur le patient, avec une préoccupation importante portée sur la prévention, l’écoute et les aspects psychosociaux du patient ou de la patiente. En retour, une patiente pourra aussi se confier plus facilement et plus ouvertement à une femme médecin sur des problématiques féminines comme les douleurs chroniques, les douleurs menstruelles, l’endométriose, les troubles de la fertilité ou les symptômes de la ménopause.
Sur le plan organisationnel, cette féminisation de la profession médicale favorise l’émergence de modèles d’exercice plus diversifiés : temps partagés, téléconsultations, horaires aménagés.
La présence accrue de femmes contribue également à une meilleure prise en compte des problématiques de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, qui concernent aujourd’hui l’ensemble des praticiens.
Autre apport de la féminisation des médecins : la diffusion de la médecine de genre. Autrement dit une médecine qui a pour objectif de mieux intégrer les spécificités liées au sexe et au genre dans la pratique clinique. Il s’agit par exemple de prendre en compte l’infarctus du myocarde avec ses symptômes qui diffèrent selon le sexe ou de considérer dans les traitements, la variabilité des effets secondaires selon le sexe et le genre du patient.
– Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2025. drees.solidarites-sante.gouv.fr. Consulté le 5 mars 2026.
– Femmes en médecine : une présence croissante, une visibilité encore inégale. www.gpm.fr. Consulté le 5 mars 2026.
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