Le point sur les autotests vendus en pharmacie

Feb 21, 2018 par

Au côté des baumes à lèvres, sirops, pastilles et autres produits vendus librement en pharmacie, on trouve, depuis quelques années, des autotests de toutes sortes. Leurs objectifs ? Détecter des traces de sang dans ses selles, le tétanos dans le sang ou encore la présence de bactéries dans les urines. Au-delà de leur fiabilité, sont-ils tous nécessaires ? Quels sont les plus utiles pour faciliter le parcours de soins du patient ? Zoom sur un nouveau rapport de l’Académie de pharmacie, à la demande du Ministère de la santé et des solidarités, passant en revue 13 autotests proposés en officine.

Autotests en pharmacie

Les autotests les plus utiles

 « Nous avons avant tout cherché à savoir si ces tests raccourcissent effectivement l’accès au traitement et ne risquent pas d’inquiéter ou de rassurer à tort » précise Liliane Grangeot-Keros, auteure principale du rapport, dans un article en ligne du Quotidien du Médecin.

Pour le groupe de travail de l’Académie de pharmacie, trois autotests présentent une utilité clinique comparativement à un examen de biologie médicale.

Ces autotests sont :

  • L’autotest du VIH (recherche des anticorps) ;
  • L’autotest du tétanos (recherche des anticorps antitétaniques)
  • L’autotest des infections urinaires, d’une protéinurie (protéine dans les urines) et d’une glycosurie (glucose dans les urines).

Pour l’Académie, la détection du VIH (virus d’immunodéficience humaine) via les autotests est une opportunité pour diminuer le nombre de personnes infectées non dépistées et prévenir la progression de la maladie virale. Pour l’autotest des infections urinaires, c’est un moyen fiable pour une patiente sensible aux infections. Ensuite, en cas de doute sur son statut vaccinal et après une blessure occasionnée par des travaux de bricolage ou jardinage, le dépistage d’anticorps antitétaniques par le moyen d’un autotest est fortement encouragé.

Et ceux à éviter absolument

Parmi les 13 autotests certifiés CE et vendus en officine, 5 sont à éviter.

On distingue les autotests réalisant :

  • Une évaluation sanguine de la présence de la bactérie Helicobacter pylori (détection d’un ulcère ou d’une maladie gastrique;
  • Une mesure du taux sanguin d’antigènes spécifiques de la prostate (PSA) (détection d’un dysfonctionnement prostatique) ;
  • Une mesure de la concentration sanguine en immunoglobulines E (dépistage de l’allergie) ;
  • Le dépistage du cancer colorectal dans les selles ;
  • Le dépistage d’anticorps anti-Borellia dans le sang (détection de la maladie de Lyme).

Enfin, le rapport définit une troisième catégorie d’autotests. Cette dernière englobe les autotests nécessitant plus d’investigations pour conclure à leur utilité en dehors d’un bilan biologique plus approfondi.

Ces tests sont :

  • Le test de mesure semi-quantitative du cholestérol total ;
  • La mesure de la ferritinémie (recherche d’une carence en fer) ;
  • Le dosage de l’hormone TSH (recherche d’une hypothyroïdie) ;
  • Les tests urinaires visant à une recherche quantitative d’hormone folliculostimulante (FSH) (détection de la ménopause) et l’hormone lutéinisante (LH) (détection de la période la plus propice pour la conception).

En passant en revue les notices associées aux autotests, les auteurs du rapport précisent notamment que « Leur rédaction doit donc être mieux encadrée et faire l’objet d’un contrôle, afin d’éviter une interprétation erronée et des conséquences néfastes pour l’usager/patient qui pourrait être rassuré ou inquiété à tort ».

Que penser des tests rapides d’orientation diagnostique ou TROD ?

L’autre moitié du rapport fait le point sur les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD), tests qui devraient être plus répandus selon les auteurs du rapport.

Actuellement, seuls 3 TRODs sont disponibles pour les pharmaciens :

  • Le test capillaire d’évaluation de la glycémie (campagne de prévention du diabète de type 2) ;
  • Les tests de détection des angines et de la grippe (campagne pour le bon usage des antibiotiques et suivi de l’épidémie saisonnière de grippe).

Enfin, Liliane Grangeot-Keros souligne dans un article du Quotidien du Médecin : « il faudrait aussi que les TRODs VIH soient mis gratuitement à la disposition des pharmaciens dotés d’un espace de confidentialité, et que les pharmaciens puissent délivrer directement des antibiotiques suite à un autotest positif d’infection urinaire, comme c’est déjà le cas en Suisse ».

La question de la fiabilité de ces tests, comparés aux tests réalisés en laboratoires, fera l’objet d’un autre rapport, réalisé par la Société française de biologie clinique.

Julie P., Journaliste scientifique

– Tous les autotests ne sont pas également utiles, indique l’Académie de pharmacie. Le quotidien du medecin. Damien Coulomb. Consulté le 12 février 2018.
– Rapport de l’Académie Nationale de pharmacie. Autotests-TROD- Rôle du pharmacien d’officine. Académie Nationale de Pharmacie. Consulté le 20 février 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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