Prématurité et HPV

19 octobre 2021 par

L’accouchement prématuré est l’une des principales causes de mortalité périnatale et de morbidité dans le monde. Les infections virales des voies génitales pendant la grossesse peuvent altérer l’épithélium du col utérin facilitant alors les infections bactériennes, mais peuvent aussi perturber le système immunitaire fœto-placentaire maternel, augmentant donc le risque de travail et d’accouchement prématurés.
L’infection à papillomavirus humains (HPV) est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente. Santé Sur Le Net vous explique le lien entre prématurité et HPV.

Prématurité et HPV

Qu’est-ce que la prématurité ?

Une naissance est dite prématurée si elle a lieu avant le terme de la grossesse. Ainsi, un nouveau-né est considéré prématuré lorsque sa naissance a lieu avant 37 semaines d’aménorrhée (SA).

Il existe trois niveaux de prématurité : la prématurité moyenne, pour laquelle la naissance a lieu entre 32 SA et 36 SA, la grande prématurité qui correspond à une naissance entre 28 SA et 32 SA et la très grande prématurité définissant une naissance avant 28 SA.

La cause de la plupart des naissances prématurées est inconnue, bien que plusieurs processus infectieux aient été impliqués.

Lien entre le HPV et la prématurité : des preuves scientifiques

Une étude récente d’envergure a été réalisée, ayant pour objectif de déterminer si  l’infection à HPV, particulièrement fréquente chez les jeunes femmes en âge de procréer, était associée au risque de naissance prématurée.

L’étude a inclus 899 femmes d’âge moyen 31,3 ans, présentant une grossesse simple, entre 2010 et 2016. Un prélèvement vaginal pour mise en évidence de l’ADN viral du papillomavirus a été réalisé au premier et troisième trimestre de grossesse, et le prélèvement à la recherche d’HPV a également été effectué au niveau placentaire lors de la délivrance. Le génotype du virus était précisé. Les génotypes 16 et 18 sont dits génotypes à haut risque, « oncogènes », c’est-à-dire pouvant être responsables de lésions pré-cancéreuses ou cancer du col de l’utérus.

Dans l’ensemble, 378 participantes (42,0 %) avaient été diagnostiquées positives au HPV lors de la visite médicale du premier trimestre. Le virus HPV était détecté dans 91 des 819 prélèvements placentaires (11,1%) lors de la délivrance.

La plupart des patientes ayant un prélèvement vaginal positif au papillomavirus au cours du premier trimestre avaient également un prélèvement positif au troisième trimestre (68,3 % d’entre elles).

Une naissance prématurée a eu lieu pour cinquante-cinq patientes : 38 naissances spontanées et 17 naissances indiquées médicalement, c’est-à-dire déclenchées suite à une indication obstétricale. L’âge gestationnel médian des nouveau-nés prématurés était de 36,0 semaines. Parmi ces nouveau-nés, 41 sont nés après 34 semaines d’âge gestationnel, 6 sont nés entre 32 et 34 semaines et 8 sont nés avant 32 semaines.

Une infection persistante à HPV-16/18 entre le premier et troisième trimestre était associée significativement à toute naissance prématurée (d’indication médicale ou non), avec un risque multiplié par plus de 3; ainsi qu’à une naissance prématurée spontanée. L’infection placentaire à HPV était associée à ces mêmes risques de prématurité.

Cette étude suggère donc qu’il existe un lien étroit entre l’infection à papillomavirus HPV-16/18, persistante entre le premier et troisième trimestre de grossesse, et l’augmentation du risque de prématurité. Ces données offrent des perspectives quant à la réalisation d’études ultérieures pour déterminer un éventuel rôle des programmes de vaccination contre le papillomavirus dans la réduction de la prématurité.

Comment diagnostique-t-on une infection au HPV durant la grossesse ?

L’infection à HPV est le plus souvent asymptomatique. En présence de lésions, le diagnostic de l’infection à HPV est généralement réalisé si le médecin met en évidence des verrues génitales, ou condylomes ou lors d’un examen gynécologique de routine.

Le dépistage du papillomavirus est hautement recommandé. Il s’intègre dans la campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus qui propose deux tests : l’examen cytologique et le test HPV-HR. Ces tests sont réalisés sur un prélèvement de cellules au niveau du col de l’utérus, appelé frottis cervico-utérin. Il est possible de réaliser un test de dépistage du cancer du col de l’utérus pendant la grossesse : soit lors du premier examen prénatal, soit au cours de la visite après l’accouchement.

Yasmine B., rédactrice scientifique

Sources
– Association Between Human Papillomavirus Infection Among Pregnant Women and Preterm Birth. jamanetwork.com. Consulté le 13 octobre 2021.
– Questions-Réponses sur l’infection à papillomavirus humains (HPV), cause de cancer du col de l’utérus, et le dépistage. has-sante.fr. Consulté le 13 octobre 2021.
Yasmine B.
Rédactrice scientifique
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