L’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) constitue un recours pour une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. En France, l’IVG est un droit pour toutes les femmes. Deux catégories d’IVG sont pratiquées, les IVG médicamenteuses et les IVG chirurgicales, en fonction de la situation de chaque femme. Le recours à l’IVG est très encadré et doit respecter un cadre réglementaire et un protocole précis.

interruption volontaire de grossesse

L’interruption volontaire de grossesse

L’Interruption Volontaire de Grossesse, le plus souvent noté IVG, ou plus communément l’avortement, correspond à la possibilité pour une femme enceinte d’interrompre sa grossesse. En France, toutes les femmes ont droit à l’IVG, quel que soit leur âge, leur situation ou le contexte de la grossesse. En revanche, il est impératif de respecter un délai. En effet, la loi autorise l’IVG uniquement pendant les 14 premières semaines qui suivent le début des dernières règles ou 14 semaines d’aménorrhée (soit 12 semaines de grossesse).

À savoir ! Au-delà du délai légal de 12 semaines de grossesse, seules des interruptions thérapeutiques de grossesse (ou interruptions médicales de grossesse) peuvent être pratiquées. Elles sont proposées par les équipes médicales en cas de problème de santé majeur de la mère (pronostic vital engagé) ou de l’enfant à naître (découverte de malformations congénitales majeures).

L’IVG peut être réalisée selon deux méthodes :

  • La méthode médicamenteuse, à domicile ou dans un établissement de santé ;
  • La méthode chirurgicale par aspiration, uniquement en établissement de santé, publique ou privé.

Le choix de la technique d’interruption de la grossesse dépend du choix de la femme enceinte, mais aussi du terme de la grossesse. En effet, l’IVG médicamenteuse ne peut être pratiquée que jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée, tandis que l’IVG par aspiration peut être réalisée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée. La femme enceinte peut choisir la méthode avec l’aide du médecin ou de la sage-femme, lors de l’une des consultations médicales obligatoires avant une IVG.

La loi française sur l’IVG

En France, le droit à l’IVG pour toutes les femmes est inscrit dans la loi, depuis la loi Veil du 17 janvier 1975 (article L.2212-1 du Code de la santé publique). Cette loi sur l’interruption volontaire de grossesse permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Plus récemment, le droit à l’accès à l’avortement a été renforcé par la mise en application de plusieurs mesures, dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé de 2016 :

  • La prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie de l’ensemble des actes nécessaires à l’IVG (consultations, analyses, échographies, …) ;
  • La suppression du délai de réflexion d’une semaine ;
  • Le renforcement de l’offre de proximité, avec la possibilité pour les sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses et pour les centres de santé de pratiquer des IVG chirurgicales ;
  • La création de plans régionaux, pour améliorer l’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire français.

Parallèlement, de nouveaux outils d’information ont été mis à disposition des femmes depuis 2015, notamment :

  • Un numéro national d’information anonyme et gratuit (0800 08 11 11) ;
  • Un site internet dédié à l’IVG (ivg.gouv.fr) ;
  • Une campagne d’information sur l’IVG pour lutter contre les informations erronées.

Le déroulement de l’IVG

Le déroulement de l’interruption volontaire de grossesse doit respecter le cadre réglementaire en vigueur. Il est donc capital d’initier rapidement les démarches, une fois que la décision d’avorter est prise.

Deux consultations médicales sont obligatoires avant toute IVG, quelle que soit la méthode choisie. Elles se déroulent avec un médecin ou une sage-femme, susceptible d’informer et de conseiller les femmes enceintes. Les deux consultations sont les suivantes :

  1. Une première consultation d’information et d’orientation sur l’IVG : le médecin ou la sage-femme prend note de la volonté d’interrompre la grossesse et répond à toutes les questions que se pose la femme enceinte. Un guide sur l’IVG est remis en fin de consultation à la femme enceinte, de même qu’une attestation de consultation médicale.
  2. Une seconde consultation de confirmation et de choix de la méthode pour l’IVG : la femme enceinte confirme par écrit son souhait d’avorter. La méthode d’avortement et le lieu de l’IVG sont choisis, en fonction du terme de la grossesse et de la volonté de la femme enceinte. Le choix peut aussi être conditionné par les disponibilités des établissements de santé. Une seconde attestation est remise à la femme enceinte à l’issue de cette consultation.

Pour les femmes enceintes mineures, une troisième consultation est obligatoire, sous la forme d’un entretien psycho-social. Cet entretien peut également proposé aux femmes enceintes majeures, qui en ressentent le besoin.

Après ces différentes consultations, l’IVG peut être pratiquée en fonction des disponibilités des établissements de santé.

L’IVG médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse correspond à la prise de deux médicaments destinés à interrompre la grossesse :

  • La mifépristone ;
  • Un analogue de prostaglandines.

Ces deux médicaments sont pris à 24 ou 48 heures d’intervalle. Ils stoppent la grossesse et provoquent l’expulsion de l’embryon.

Ce type d’IVG est pratiqué jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée (ou 5 semaines de grossesse). Ce délai peut être prolongé jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée (7 semaines de grossesse), lorsque l’IVG est pratiquée dans le cadre d’une hospitalisation.

L’IVG médicamenteuse est réalisée par un médecin ou une sage-femme, soit au domicile de la femme enceinte, soit dans un cabinet médical, soit dans un établissement de santé. Elle ne nécessite ni anesthésie (locale ou générale), ni acte invasif. Son taux de succès avoisine les 95 %.

L’IVG médicamenteuse nécessite que la femme enceinte respecte strictement les étapes du protocole :

  1. Le premier médicament à prendre par voie orale est la mifépristone, encore appelée la pilule abortive. Le médecin ou la sage-femme informe la femme enceinte sur les effets secondaires possibles et sur la conduite à tenir. Les coordonnées d’un établissement de santé sont indiquées à la femme enceinte en cas de problème. Des médicaments contre la douleur peuvent également être prescrits. La mifépristone interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone et en favorisant les contractions utérines et l’ouverture du col de l’utérus. Des saignements plus ou moins importants peuvent apparaître après la prise de ce médicament, mais il est exceptionnel que l’embryon soit évacué dès ce stade.
  2. Un analogue de prostaglandines, comme le misoprostol, est administré par voie orale 24 à 48 heures après le premier médicament. Ce médicament augmente les contractions utérines et provoque l’arrêt de la grossesse, entre 4 et 72 heures après la prise. Des douleurs type douleurs de règles sont fréquemment associées aux contractions utérines et peuvent être soulagées par des médicaments antalgiques. Parallèlement, des saignements peuvent perdurer sur une dizaine de jours.

A l’issue de ces deux étapes, une visite de contrôle est systématiquement programmée, entre 14 et 21 jours après la prise des médicaments. Elle permet de :

  • Vérifier l’interruption de la grossesse par un examen médical, une échographie et/ou des analyses sanguines ;
  • S’assurer de l’absence de complications ;
  • Réaliser une injection de gamma-globulines anti-D chez les femmes dont le groupe sanguin est Rhésus négatif, afin d’éviter des complications lors d’une future grossesse.

Un entretien psycho-social facultatif est systématiquement proposé à toutes les femmes, mineures ou majeures, à l’issue d’une IVG médicamenteuse.

Si l’IVG médicamenteuse n’a pas permis d’interrompre la grossesse, une IVG par aspiration doit être programmée rapidement.

L’IVG chirurgicale par aspiration

L’IVG chirurgicale ou instrumentale par aspiration consiste à interrompre la grossesse au cours d’une intervention chirurgicale. Elle se déroule obligatoirement dans un établissement de santé autorisé à pratiquer les IVG et est réalisée par un médecin ou un chirurgien formé spécifiquement à cette technique. Au cours de l’intervention, le col de l’utérus est dilaté, afin de permettre au médecin d’y introduire une canule reliée à un dispositif d’aspiration, qui permet d’aspirer l’embryon. L’intervention dure environ 10 minutes et se déroule dans un bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale.

Ce type d’IVG peut être pratiqué jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (12 semaines de grossesse).

En complément des consultations obligatoires avant toute IVG, une consultation d’anesthésie sera nécessaire, si l’IVG est pratiquée sous anesthésie générale. Le choix du type d’anesthésie est déterminé au cas par cas par le médecin.

Le plus souvent, une hospitalisation de quelques heures suffit. Des douleurs peuvent apparaître après l’intervention, en lien avec des contractions utérines. Des médicaments antalgiques sont alors prescrits pour les soulager.

Les complications d’une IVG chirurgicale sont rares. Toutefois, il est nécessaire de consulter rapidement, si, dans les jours qui suivent, les symptômes suivants apparaissent :

  • Une fièvre supérieure à 38 °C ;
  • Des pertes sanguines importantes ;
  • Des douleurs abdominales fortes ;
  • Un malaise.

Les études scientifiques ont montré que l’IVG chirurgicale n’impacte pas la fertilité et qu’elle n’entraîne pas de séquelles psychologiques à long terme.

Deux à trois semaines après l’intervention, une visite de contrôle est nécessaire pour s’assurer de l’absence de complications. Une injection de gamma-globulines anti-D sera effectuée chez les femmes dont le groupe sanguin est Rhésus négatif, afin d’éviter des complications lors d’une future grossesse. Un entretien psycho-social, facultatif, est systématiquement proposé à toutes les femmes.

IVG et contraception

A l’issue d’une IVG, quelle que soit la méthode utilisée, un moyen de contraception est systématiquement proposé lors de la visite de contrôle, car le risque d’une nouvelle grossesse est possible dès le cycle suivant. Il est capital pour les femmes de choisir un moyen de contraception adapté à leur situation personnelle.

Pour mieux choisir le moyen de contraception le plus adapté, il est possible de demander conseil à différents interlocuteurs :

  • Le médecin ;
  • La sage-femme ;
  • Les CPEF (Centres de Planification et d’Education Familiale).

En pratique, toutes les méthodes de contraception sont utilisables après une IVG. Seuls les dispositifs intra-utérins (stérilets) sont contre-indiqués, si l’IVG s’est compliquée d’une infection. Néanmoins, certains moyens de contraception sont déconseillés juste après une IVG, car ils nécessitent des manipulations vaginales :

  • L’anneau vaginal ;
  • La cape cervicale.

Dans les premiers cycles qui suivent une IVG, certains moyens de contraception sont à privilégier, tels que :

  • Les préservatifs masculins, utilisables dès la reprise des rapports sexuels ;
  • La contraception hormonale (pilule, patch, implant) dès la fin de l’IVG ;
  • Les dispositifs intra-utérins (stérilets au cuivre ou à la progestérone) à la fin de l’IVG chirurgicale sauf en cas d’épisode infectieux.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Toute l’information sur l’interruption volontaire de grossesse. ivg.gouv.fr. Consulté le 22 mai 2018.
– L’interruption volontaire de grossesse (IVG). Choisirsacontraception.fr. Consulté le 22 mai 2018.
– Interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile. Mémo pratique. Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes.