Système de reproduction féminin protégé par des mains de insuffisance ovarienne

L’insuffisance ovarienne primitive ou prématurée est l’une des causes principales d’infertilité chez une femme. Elle est caractérisée par une baisse de la production des ovocytes dans les ovaires. Cette insuffisance s’installe, en principe, dans les 10 années qui précèdent la ménopause. Ainsi, normalement, aux alentours de 42 ans, l’insuffisance ovarienne débute, et la fertilité chute. Lorsque l’âge programmé de la ménopause est à 40 ans, l’insuffisance ovarienne démarre à 30 ans, on parle d’insuffisance prématurée, car elle se manifeste en avance par rapport à la moyenne dans la population.

Définition et symptômes

Maquette d’utérus et des ovaires qui a un problème avec insuffisance ovarienneQu’est-ce qu’une insuffisance ovarienne ?

Lorsqu’une femme naît, elle dispose déjà d’un certain nombre de follicules (agrégats cellulaires contenant l’ovocyte). Ce stock est définitif, autrement dit, il n’est pas renouvelable. En revanche, il varie d’une femme à une autre. Certaines vont disposer de 1 million de follicules, tandis que d’autres en auront 2 millions.

À chaque cycle menstruel, on estime qu’entre 20 et 30 ovocytes vont entamer le processus de maturation, cependant, maximum 3 d’entre eux iront jusqu’à l’ovulation. Les autres vont dégénérer, c’est « l’atrésie folliculaire ». Ainsi, seulement 500 follicules, soit 0,1% du stock, parviendront à l’ovulation entre la puberté et la ménopause.

L’épuisement de la réserve ovarienne en follicules varie d’une femme à l’autre, en fonction de son stock initial et de la vitesse d’atrésie qui sont très probablement régulés par des gènes, mais aussi des facteurs environnementaux.

À savoir ! Le seuil critique pour obtenir une bonne ovulation est d’environ 25 000 follicules, soit aux alentours des 37 ans en moyenne. Au-delà, il existe un risque d’insuffisance ovarienne.

Une insuffisance ovarienne désigne la période de 10 ans qui précède la ménopause. À ce moment-là le stock en follicules est inférieur à 25 000, donc la qualité de l’ovulation est altérée. Les chances d’obtenir une grossesse à 40 ans sont estimées à 5%, contre 25% à 25 ans.

À noter que la fréquence de l’insuffisance ovarienne semble être en augmentation constante depuis une quinzaine d’années. Ce constat laisse supposer l’impact de facteurs environnementaux tels que le tabac, le stress ou une mauvaise alimentation.

Qu’est-ce que l’insuffisance ovarienne primitive ou précoce ?

L’insuffisance ovarienne primitive désigne un dysfonctionnement ovarien chez les femmes de moins de 40 ans. C’est un déficit ovarien plus ou moins complet qui se traduit par une incapacité de maturation des follicules ovariens. On parle aussi parfois d’hypogonadisme.

Ce trouble se manifeste par une absence de production (ou une production intermittente) d’ovules et d’hormones ovariennes. Il peut :

  • Être congénital, dans ce cas, on parle du syndrome de Turner ;
  • Survenir à la suite d’un traumatisme, par exemple une chirurgie ou une chimiothérapie ;
  • Être associé à une pathologie auto-immune.

Quels sont les symptômes ?

Une femme qui présente une insuffisance ovarienne primitive souffre d’une infertilité inexpliquée. C’est majoritairement ce motif qui amène la patiente à consulter.

L’insuffisance ovarienne prématurée se traduit également souvent par une aménorrhée (ou absence de règles) ou des menstruations irrégulières. Les symptômes d’un déficit en estrogènes peuvent être associés : diminution de la libido, vaginite, ostéoporose, etc. Des changements d’humeurs, notamment des dépressions, sont parfois présents aussi.

Dans la plupart des cas, les ovaires sont petits, à peine palpables. Cependant, l’inverse arrive aussi, notamment en cas de trouble immunitaire, les ovaires ont un volume augmenté.

Aux symptômes de l’insuffisance ovarienne, il faut ajouter les signes de la maladie causale, par exemple une dysmorphie faciale en cas de syndrome de Turner ou une diminution de la pilosité des aisselles, une hyperpigmentation et une hypotension orthostatique encas d’insuffisance des glandes surrénaliennes.

Sans traitement à base d’estrogènes, le risque de démence, de maladie de parkinson et de maladie coronarienne est augmenté. En cas d’insuffisance coronarienne prématurée ou primaire d’origine auto-immune, la complication la plus redoutée est l’insuffisance surrénalienne primaire parfois mortelle (maladie d’Addison).