Éjaculation précoce

11 décembre 2020 par

un couple se disputant sur le lit

L’éjaculation précoce ou prématurée est le trouble sexuel masculin le plus fréquent. Les conséquences de ce dernier peuvent beaucoup impacter la qualité de vie et la relation de couple du patient. Les causes les plus fréquentes sont l’anxiété, certains facteurs psychologiques ou une sensibilité accrue du pénis. La prise en charge repose sur des thérapies comportementales et/ou des psychothérapies et/ou des médicaments.

Définition et symptômes de l’éjaculation précoce

A propos de l’appareil génital masculin

Schéma parties génitales masculine

L’appareil génital masculin est constitué d’un pénis, de deux testicules et de diverses glandes annexes dont la vésicule séminale et la prostate.

Les testicules sont localisés dans les bourses où ils semblent suspendus au cordon spermatique. Un testicule est de forme ovoïde et mesure environ 4 centimètres de long sur 2,5 centimètres de large. Les testicules produisent les spermatozoïdes et des hormones masculines ou androgènes, dont la testostérone qui influence le développement des organes génitaux et les caractères sexuels secondaires.

L’épididyme est un conduit en arrière du testicule qui reçoit les spermatozoïdes fraichement produits et les dirige après maturation vers le canal déférent. Ce dernier est un fin conduit d’environ 45 centimètres. Il débouche dans le conduit éjaculateur au niveau de la prostate. Son rôle est de transporter les spermatozoïdes.

Le pénis, aussi appelé verge, mesure en moyenne entre 10 et 12 centimètres au repos, et 15 à 16 centimètres en érection. Il est composé de l’urètre, le conduit qui véhicule l’urine en cas de miction, ou le sperme en cas d’éjaculation, d’un corps spongieux qui entoure l’urètre, et deux organes érectiles : les corps caverneux qui sont flaccides lorsque le pénis est au repos, ou rigides lors d’une érection. Le pénis est terminé par le gland recouvert par le prépuce (supprimé en cas de circoncision).

Les vésicules séminales sont deux poches en arrière de la prostate et de la vessie. Elles mesurent entre 5 et 7 centimètres de long et permettent de fabriquer le sperme. Les canaux éjaculateurs font suite aux vésicules et expulsent le sperme dans l’urètre lors de l’éjaculation.

La prostate est une glande d’environ 20 grammes qui entoure l’urètre et participe à la sécrétion du sperme.

Avant l’éjaculation, les spermatozoïdes remontent le long du canal déférent pour rejoindre les vésicules séminales et y être stockés. A la phase d’émission, une contraction quasi simultanée de l’ensemble des glandes et des canaux permet de constituer le sperme. La tension augmente jusqu’à la phase d’expulsion. Les muscles localisés à la base du pénis (muscles périnéaux) se contractent pour assurer l’évacuation du sperme : c’est le reflexe éjaculatoire. Cette dernière phase est contrôlée par le système nerveux autonome, indépendamment de la volonté. En effet, une fois enclenchée, l’expulsion ne peut plus être contrôlée.

En revanche, la phase qui précède le réflexe éjaculatoire, peut être maîtrisée dans le but de retarder l’éjaculation. C’est à ce niveau que les traitements médicamenteux agissent.

Qu’est-ce que l’éjaculation précoce ?

L’éjaculation précoce est un trouble sexuel fréquent dans la population puisqu’il concerne près de 30% des hommes. Cette affection gênante est principalement diagnostiquée grâce à l’interrogatoire et l’autodiagnostic du patient.

On parle d’éjaculation précoce ou prématurée, lorsque le patient est dans l’incapacité de maîtriser le moment de son éjaculation, et que celle-ci survient tôt au cours du rapport sexuel. Elle peut survenir en quelques secondes, ou trois minutes maximum. A noter que le délai moyen de survenue d’une éjaculation normale est aux alentours des 8 minutes.

On distingue plusieurs types d’éjaculation précoce :

  • Secondaire ou acquise, on parle alors d’éjaculation précoce symptôme. Dans ce cas, le patient avait, avant le trouble, un délai éjaculatoire normal et satisfaisant. Ces formes relèvent généralement d’une problématique relationnelle ;
  • Secondaire ou acquise, on parle alors d’éjaculation précoce symptôme. Dans ce cas, le patient avait, avant le trouble, un délai éjaculatoire normal et satisfaisant. Ces formes relèvent généralement d’une problématique relationnelle ;
  • Subjective ou pseudo éjaculation prématurée. Le patient pense être éjaculateur précoce alors qu’il a un délai éjaculatoire normal voire même prolongé. Le contexte psychoculturel est en cause ;
  • Variable naturelle. Cette forme d’éjaculation précoce n’est pas pathologique. Elle se manifeste selon divers paramètres comme l’intensité de stimulation, l’état de relaxation, le niveau de frustration ;
  • Émotionnelle, qui se traduit par une éjaculation dès que la partenaire gémit ou manifeste de l’excitation ;
  • Révélée par une dysfonction érectile. Dans ce cas, la dysfonction érectile résulte de l’inhibition sensorielle du patient pour tenter de remédier à son problème d’éjaculation précoce. Il convient alors de traiter l’éjaculation précoce pour que disparaisse la dysfonction érectile ;
  • Masquant une dysfonction érectile. L’éjaculation précoce est ici acquise et s’installe après une dysfonction érectile. Le patient se dépêche d’éjaculer avant de perdre l’érection ;
  • Pseudo primaire lorsque le trouble survient chez la première et unique partenaire.

Quels symptômes ?

L’unique symptôme de l’éjaculation précoce est la survenue d’une éjaculation trop tôt, peu de temps après la pénétration voire avant.

L’impact psychologique sur le patient et son couple peut être conséquent. En effet, la baisse de l’estime de soi et la honte sont fréquentes chez les hommes souffrants d’éjaculation précoce. Ils peuvent ressentir une grande frustration et culpabilité. Ce dysfonctionnement génère bien évidemment des frustrations pour la partenaire qui n’a pas le temps de prendre du plaisir et se sent laissée pour compte.

La majorité des hommes souffrants de ce trouble n’en parle jamais à leur médecin. Et pourtant, il existe des solutions !

Diagnostic et traitement de l’éjaculation précoce

Quel diagnostic ?

un homme chez le psychologue

Le professionnel de santé le plus à même de diagnostiquer et traiter une éjaculation précoce est le sexologue. Cependant, il est bien sûr possible d’en parler à son médecin généraliste ou urologue si la démarche est plus facile.

Le médecin peut se baser sur l’interrogatoire du patient ou bien des outils comme le test PEDT pour établir le diagnostic.

Le test PEDT (Premature Ejaculation Diagnostic Tool) est souvent utilisé pour identifier ce trouble. Il prend la forme d’un questionnaire basé sur 5 questions :

  • Dans quelle mesure est-il difficile pour vous de retarder l’éjaculation ?
  • Éjaculez-vous avant de le vouloir ?
  • Éjaculez-vous après une faible stimulation ?
  • Le fait d’éjaculer avant de le vouloir vous frustre-t-il ?
  • Dans quelle mesure craignez-vous que la rapidité de votre éjaculation ne permette pas de satisfaire votre conjoint ?

Quel traitement ?

Plusieurs traitements existent pour l’éjaculation précoce : les thérapies comportementales, les psychothérapies et les médicaments. Selon le patient, les diverses techniques peuvent être associées les unes aux autres pour plus d’efficacité.

Les thérapies comportementales

Le traitement de première intention pour ce trouble est la technique dite du Squeeze. Cette dernière consiste à compresser le gland lors de l’imminence éjaculatoire. Ce geste est réalisé par la partenaire. Il est important d’être accompagné psychologiquement pour garantir la bonne réalisation et donc l’efficacité de la technique.

Une autre technique est fréquemment conseillée : celle du Stop-Start, aussi appelée la Pause de Kaplan. Elle consiste à arrêter simplement la stimulation lors d’une imminence éjaculatoire. Pour cela, il faut apprendre à mieux ressentir la progression des sensations pré-orgasmiques, et entraîner le patient à supporter un degré important d’excitation en retardant sa satisfaction.

Les méthodes comportementales ont un taux de réussite compris entre 50 et 75%. Cependant, elles nécessitent du temps, et peuvent être frustrantes pour la partenaire dont la collaboration est indispensable.

D’autres techniques existent : la relaxation, l’hypnose ou la musicothérapie, par exemple.

Les psychothérapies

Les psychothérapies sont utiles lorsqu’il s’agit de résoudre une problématique inconsciente du patient comme une névrose ou un conflit œdipien. Leurs objectifs sont de permettre au patient de comprendre l’origine du symptôme, son contexte d’apparition et comment contrôler son éjaculation. Elles peuvent comprendre une thérapie de couple.

Les médicaments

La prise quotidienne d’antidépresseurs (paroxétine, sertraline, citalopram, fluoxétine et clomipramine) est efficace pour traiter l’éjaculation précoce. Ils ne sont cependant pas dépourvus d’effet secondaire : fatigue, somnolence, sécheresse buccale, etc.

Ce type de traitement est utilisé au long court uniquement. En effet, le trouble réapparaît plus ou moins vite dès l’arrêt des médicaments. Par ailleurs, ils doivent être stopper très progressivement pour ne pas risquer un syndrome de manque.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources

– Appareil génital masculin. Larousse. Consulté le 17 novembre 2020.
– Éjaculation précoce. Le manuel MSD . Consulté le 17 novembre 2020.
– L’éjaculation prématurée. Urofrance. Consulté le 17 novembre 2020.

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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