Lorsque l’on voyage en avion, nombreuses peuvent être les sources d’inquiétude pour la santé : altitude, baisse de la pression atmosphérique ou peur. Pas de panique, ces troubles sont généralement bénins.

Femme regardant par le hublot d'un avion

Mal aux oreilles

Lorsque l’on voyage en avion, la diminution de la pression atmosphérique peut, en effet, faire mal aux oreilles. C’est pourquoi il est conseillé d’éviter ce type de moyen de transport en cas d’otite afin de ne pas aggraver la situation. Ce symptôme survient généralement pendant le décollage ou l’atterrissage.

En cas de douleur, plusieurs méthodes peuvent être employées pour la diminuer :

  • Mâcher un chewing-gum ou bâiller : ces deux gestes créent une décompression au niveau de l’oreille interne, ce qui soulage la douleur. Il est également possible d’avaler sa salive lorsque l’on n’a pas de chewing-gum.
  • Adopter des protections auditives : il existe, en effet, des protections auditives conçues spécialement pour les voyages en avion. Il suffit juste d’introduire le bouchon dans l’oreille afin que les tympans ne soient pas impactés.
  • Retenir son souffle : il est conseillé de se boucher le nez avec les doigts, en expirant et en gardant la bouche fermée. Cette technique permet de déboucher efficacement les oreilles.

Anxiété

Bien qu’irrationnelle, la peur de l’avion peut survenir à tout âge, et cela, même chez les plus habitués. En effet, l’avion est pourtant le moyen de transport le plus sûr au monde. On estime qu’un passager sur cinq serait phobique de l’avion !

Il est important de différencier le simple « trac » du décollage de la véritable phobie du voyage en avion. En effet, une personne phobique va avoir tendance à éviter l’objet de sa phobie. Cela se traduit donc par le fait de repousser ou d’annuler le vol, ou bien, de faire le trajet avec un autre moyen de transport malgré un rallongement du temps de transport. Par ailleurs, l’individu phobique va présenter divers symptômes :

  • Avant le jour du vol, les personnes souffrant de phobie pour l’avion ont généralement des difficultés d’endormissement et font des cauchemars.
  • Le jour J, plusieurs symptômes peuvent être visibles comme des bouffées de chaleur, des tremblements, de la transpiration ou des palpitations. Parfois, pendant une dizaine de minutes, les symptômes peuvent être amplifiés. On parle alors d’attaque de panique.

Pour vaincre son angoisse dans l’avion, quelques astuces :

  • Observer le personnel de bord. Si personne n’a l’air agité, il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter : tout va pour le mieux ;
  • Se concentrer sur sa respiration quelques minutes afin de détourner ses pensées du scénario catastrophe qui tourne en boucle dans l’esprit. Gonfler son ventre lors de l’inspiration puis le dégonfler à l’expiration ;
  • Fermer les yeux et imaginer un endroit sécurisant. Se le décrire mentalement dans les moindres détails permet de s’apaiser (Comment est-il ? Quel temps fait-il ? Fait-il chaud ? etc.).

Ces méthodes de relaxation peuvent être d’un grand secours lors d’un moment de panique dans l’avion. Enfin, des anxiolytiques prescrits par un médecin peuvent réduire ponctuellement les symptômes d’anxiété.

À savoir ! Les anxiolytiques ne représentent en aucun cas une solution durable.

A plus long terme, une phobie doit être prise en charge. Une thérapie cognitivo-comportementale menée par un psychologue ou un psychiatre reste la meilleure solution afin de comprendre d’où vient la phobie, de s’y confronter et de la vaincre. Par ailleurs, il existe également dans plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, des possibilités de stage afin d’apprendre à gérer sa peur de l’avion.

Mal des transports

Tout comme en voiture, en train ou en bateau, le mal des transports peut aussi se manifester lors d’un voyage en avion. C’est une pathologie fréquente et bénigne. Une fois le voyage terminé, les symptômes disparaissent spontanément et rapidement. Il se traduit principalement par une pâleur, des sueurs froides, une sensation de malaise et des nausées.

Des médicaments en prévention du mal de transports existent :

  • Un antihistaminique (ou antiallergique). Cette classe médicamenteuse peut être utilisée dans la prévention du mal des transports en raison de son potentiel sédatif) par voie orale. Ils sont à prendre 30 minutes à 1 heure avant le voyage. A renouveler, si besoin, pendant le voyage en espaçant les prises de 6 heures minimum ;
  • Un anti vomitif à prendre en cas de nausées ;
  • Un traitement homéopathique (cocculine en comprimés orodispersibles ou granules). Il existe en préventif à prendre la veille du départ ou en curatif à l’apparition des symptômes.

Enfin, quelques conseils afin de mieux vivre son voyage :

  • Privilégier une place au niveau des ailes de l’avion ;

  • Eviter de boire du café, des boissons gazeuses ou alcoolisées pendant le voyage ;

  • Manger légèrement, mais régulièrement pendant le voyage. Ne pas partir le ventre vide ;

  • Eviter de lire ou de jouer à des jeux sur écran pendant le voyage.

Risque vasculaire

Une station assise prolongée peut engendrer des troubles de la circulation sanguine. En effet, le transport aérien apparaît comme un facteur de risque de thrombose veineuse. Il multiplie le risque par deux. Par ailleurs, certaines personnes peuvent avoir d’autres facteurs de risque en plus : âge, antécédents personnels ou familiaux, contraception oestro-progestative, obésité, varices, etc.

Quelques mesures préventives sont recommandées :

Tous les voyageurs doivent s’hydrater de manière régulière pendant le vol, bouger fréquemment leurs jambes et se déplacer dans l’avion. Il existe par ailleurs des programmes d’exercices, proposés pendant le vol, réalisables sans avoir besoin de quitter sa place.

Le port d’une contention élastique est recommandé dès la présence d’un facteur de risque de thrombose. Les individus ne se déplaçant pas régulièrement dans l’avion lors d’un voyage de plus de 6 heures sont également concernés. Parfois, lorsque le port de contention n’est pas possible ou que le risque de thrombose est très élevé, certains médicaments peuvent être prescrits (héparines de bas poids moléculaire).

À savoir ! L’aspirine ne permet pas de prévenir les thromboses.

Décalage horaire

Les longs voyages sont pour beaucoup source d’inconfort et de fatigue. En effet, le fameux décalage horaire résulte d’une désynchronisation entre les rythmes du corps et ceux de l’environnement. Le cycle le plus impacté lors d’un long voyage est celui contrôlant la veille et le sommeil.

Quelques mesures peuvent aider à surmonter ce décalage horaire :

  • Dans les jours qui précèdent le départ, il faudrait, si possible, décaler l’heure du coucher dans le même sens que la destination d’arrivée.
  • Pendant le voyage, il est préférable d’éviter de consommer des boissons alcoolisées ou du café, et de profiter du vol pour dormir.
  • Une fois arrivé, il faut s’exposer à la lumière et, si besoin, effectuer une courte sieste d’environ 20-30 minutes.

Enfin, un traitement préventif à base de mélatonine est parfois utilisé. Il doit être pris les jours qui suivent l’arrivé : dans la matinée pour les voyages vers l’Ouest, au coucher pour les vols vers l’Est.

Contre-indications à l’avion

Tout voyage aérien est normalement contre-indiqué pour :

  • Les nouveau-nés de moins de 48 heures ;
  • Les femmes enceintes (après la 36ème semaine de grossesse pour une grossesse unique et 32ème semaine pour une grossesse multiple) ;
  • Certaines pathologies (angor, AVC ou infarctus récent, drépanocytose, trouble psychotique non maîtrisé, etc.). L’aptitude à voyager doit être décidée au cas par cas à l’occasion d’une consultation médicale ;
  • Les personnes qui ont fait une plongée avec bouteille il y a moins de 24 heures.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Mal des transports. Conseils en pharmacie. 2018. Edition Maloine.
– Vaincre sa peur de l’avion. Pharmaciengiphar. Consulté le 19 juin 2018.
– Recommandations liées aux modes de transports. Institut Pasteur. 2018.