Sclérose en plaques : symptômes précoces avant le diagnostic

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Rédigé par Deborah L. et publié le 27 décembre 2023

En France, près de 120 000 personnes sont atteintes de sclérose en plaques, une maladie auto-immune dont les causes précises restent encore inconnues. Et si des symptômes précoces de la maladie survenaient plusieurs années avant que ne soit posé le diagnostic ? C’est ce que suggère une étude menée par des chercheurs de l’Institut du Cerveau et récemment publiée dans la revue Neurology.

Signes pré diagnostic SEP

Sclérose en plaques : une maladie aux origines encore mal connues

La sclérose en plaques désigne une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central. Cette pathologie touche près de 120 000 personnes en France, dont les trois quarts sont des femmes. Des lésions sont créées par erreur et dispersées au sein du système nerveux central. Les cellules immunitaires provoquent ainsi une inflammation et l’apparition de plaques de « démyélinisation ». Ce processus peut entraîner des douleurs chroniques, des spasmes musculaires, des engourdissements voire une perte de la vision.

À savoir ! Les plaques de « démyélinisation » signent la destruction de la myéline, substance protectrice qui recouvre les prolongements des nerfs.

 

A ce jour, la communauté scientifique n’a toujours pas identifié les causes précises de cette maladie. D’où l’intérêt de retracer la genèse de la maladie pour pouvoir identifier des facteurs de risque potentiels en amont du diagnostic.

Une étude pour décrypter la genèse de la sclérose en plaques

Dans ce contexte, une équipe de chercheurs français a mené une étude visant à décrypter les étapes de l’installation de la maladie en amont de son diagnostic. Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs ont recruté un panel de patients français et britanniques parmi lesquels :

  • 20 174 patients atteints de sclérose en plaques
  • 54 790 patients sans sclérose en plaques
  • 30 477 patients atteints de la maladie de Crohn
  • 7 337 patients atteints de lupus.

À savoir ! La maladie de Crohn et le lupus désignent deux autres maladies auto-immunes qui ont été ajoutées à l’étude dans le but de contrôler les résultats

En s’appuyant sur leurs dossiers médicaux anonymisés, les scientifiques ont analysé la fréquence de 113 symptômes et maladies courants sur une période de cinq ans avant à cinq ans après le diagnostic de sclérose en plaques. Ils ont pu constater que cinq symptômes étaient associés de manière significative à un diagnostic de sclérose en plaques ultérieur :

Cinq ans avant leur diagnostic, les patients étaient en effet :

  • 22 % plus susceptibles de souffrir de dépression que la population générale.
  • 50 % plus susceptibles de souffrir de constipation.
  • 38 % plus susceptibles d’avoir des infections des voies urinaires.
  • 21 % plus susceptibles d’avoir une cystite ou des infections de la vessie.
  • 47 % plus susceptibles d’avoir des problèmes sexuels.

Les chercheurs ont par ailleurs observé que durant les cinq années suivant le diagnostic, la surreprésentation de ces symptômes persistait et augmentait.

Ainsi donc, les troubles urinaires, gastro-intestinaux ou psychiatriques observés et déjà décrits par le passé par des chercheurs canadiens, constitueraient les symptômes précoces de la sclérose en plaques plusieurs mois voire plusieurs années avant que le diagnostic ne soit posé. Quant aux troubles sexuels, ils n’avaient jusqu’à présent jamais été identifiés comme des signes avant-coureurs de la maladie.

Des symptômes précoces mais non prédictifs

Pour autant, les symptômes précoces identifiés dans cette étude sont loin d’être spécifiques à la sclérose en plaques. Et pour cause, on les retrouve fréquemment au sein de la population générale ainsi que chez les patients atteints de lupus et de la maladie de Crohn. Ils ne peuvent donc pas constituer de symptômes prédictifs de la sclérose en plaques à l’échelle individuelle.

Les résultats de cette étude révèlent malgré tout la présence de symptômes précoces non neurologiques cinq ans avant le déclenchement de la sclérose en plaques et de ses premiers symptômes neurologiques. Ces déséquilibres pourraient s’expliquer par des lésions au niveau de la moelle épinière chargée du contrôle de la vidange de la vessie, du transit et des fonctions sexuelles. L’apparition de symptômes avant-coureurs de la maladie et non neurologiques n’est pas sans rappeler la genèse d’autres maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer.


Déborah L., Dr en Pharmacie

Sources
– Sclérose en plaques : cinq signes avant-coureurs identifiés par une équipe française. www.lequotidiendumedecin.fr. Consulté le 13 décembre 2023.
– Sclérose en plaques : une nouvelle étude pointe cinq signes avant-coureurs de la maladie. institutducerveau-icm.org. Consulté le 13 décembre 2023.
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