Et si le sport influençait aussi notre horloge biologique ?

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Rédigé par Julie P. et publié le 11 mars 2019

Sommeil, alimentation, prise de médicaments … toutes ces activités de la vie quotidienne peuvent être optimisées en suivant l’horloge biologique, le cycle de 24 heures auquel est soumis notre organisme. Mais, qu’en est-il pour les activités physiques et sportives? C’est sur cette question que se sont penchés des chercheurs américains. Zoom sur les résultats publiés dans la revue Journal of physiology.

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Horloge biologique et sport: un lien à élucider

Qui n’a jamais entendu dire qu’il fallait éviter de faire du sport le soir, car cela empêchait l’endormissement ? Nous savons déjà que l’exercice physique peut modifier l’horloge de l’organisme s’il est pratiqué à certains moments de la journée.

Notre horloge circadienne est basée sur un cycle d’approximativement 24 heures. Pendant cette période de cycles d’éveil et de sommeil, de nombreux processus physiologiques sont régulés comme la sécrétion des hormones ou la libération de certaines molécules et enzymes impliquées dans la digestion ou le sommeil.

De nombreux paramètres externes affectent cette horloge interne comme la lumière artificielle (notamment les écrans digitaux) ou le décalage des temps de sommeil (jet lag, travail de nuit, nuit blanche).

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Le sport désynchronise l’horloge biologique

Pour mieux comprendre les interactions entre sport et horloge interne (ou horloge circadienne), des chercheurs des universités de Californie, de San Diego et de l’Etat d’Arizona ont examiné les horloges internes de 101 participants après un effort physique modéré (entre 65 et 75% de leur fréquence cardiaque maximale) comme la marche ou la course sur tapis.

Pour mesurer le déphasage de l’horloge interne, les chercheurs ont mesuré leurs taux de mélatonine dans leurs urines.

À savoir ! La mélatonine est une hormone naturelle synthétisée essentiellement par l’épiphyse, une glande située dans le cerveau, pendant la nuit et reconnue pour favoriser l’endormissement. Le pic de mélatonine est atteint le soir.

Plus précisément, les volontaires, âgés de 18 ans à 75 ans, ont tous couru pendant une heure sur un tapis roulant pendant trois jours de suite à huit moments différents du jour et de la nuit.

Après avoir compilé tous les résultats, l’équipe de chercheurs a montré que:

  • Le sport à 7 h le matin ou entre 13 h et 16 h faisait avancer l’horloge biologique;
  • L’exercice entre 19 h et 22 h retardait l’horloge biologique;
  • L’exercice entre 1 h et 4 h et à 10 h du matin n’avait pas ou peu d’effet sur l’horloge biologique.

Pour les chercheurs, ces résultats sont encore insuffisants et des recherches ultérieures vont être menées pour mesurer les effets des durées et des intensités d’exercices physiques sur l’horloge biologique.

Pour mettre en pratique ces résultats, les scientifiques espèrent montrer que certains programmes d’exercices physiques réalisées à certaines heures pourraient:

  • Contrer les effets d’un déphasage d’horloge biologique (décalage horaire ou travail de nuit, par exemple);
  • Lutter contre les problèmes de sommeil liés à une dépression;
  • Soigner certaines insomnies chroniques;
  • Améliorer la performance sportive des athlètes.

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Julie P., Journaliste scientifique

– Exercise in morning or afternoon to shift your body clock forward. Medical X Press. Consulté le 7 mars 2019.

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