Journée Mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale : les premiers chiffres nationaux

Sep 9, 2018 par

Alcoolisation fœtale : Campagne de prévention à la télévision et à la radio, pictogramme sur les bouteilles de boissons alcoolisées, rappels pendant les consultations médicales de grossesse…. Depuis 2006, les autorités sanitaires ne cessent de prévenir les femmes enceintes sur les dangers d’une consommation d’alcool. Pour mieux caractériser le nombre d’enfants souffrant d’une SAF ou Syndrome d’Alcoolisation Fœtale, un ensemble d’anomalies congénitales rares, lié à une consommation excessive d’alcool par la mère au cours de la grossesse, Santé Publique France a enquêté. Retour sur les estimations nationales couvrant la période de 2006 à 2013.

alcoolisation foetale

Un nouveau-né par semaine est touché par un SAF (Alcoolisation fœtale)

Dans cette enquête, Santé Publique France rappelle déjà que « La consommation excessive d’alcool pendant la grossesse représente la première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant en France ».

En analysant les données d’hospitalisations couvrant la période de 2006 à 2013, Santé Publique France a recensé 3 207 nouveau-nés touchés par, au moins, une conséquence liée à l’alcoolisation fœtale comme un retard de croissance ou une atteinte du système nerveux central.

Sur ces 3207 nouveaux nés, 452 d’entre eux présentaient le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Concrètement, cela représente une naissance par semaine.

En regardant de près les chiffres année après année, les auteurs de l’étude ont remarqué qu’entre les périodes 2006‑2009 et 2010‑2013 :

  • Le nombre de nouveaux nés diagnostiqués pour un SAF a diminué ;
  • Le nombre d’enfants ayant des troubles liés à une alcoolisation fœtale (aTCAF) a augmenté.

À savoir ! Le syndrome d’alcoolisation fœtale est le syndrome le plus grave. Les conséquences cliniques d’une exposition prénatale à l’alcool se répartissent selon un continuum de gravité. Dans les cas les plus sévères, les enfants naissent avec un SAF caractérisé par des anomalies physiques et neuro‑ développementales qui relèvent du handicap. Les enfants qui souffrent d’autres troubles causés par l’alcoolisation fœtale (aTCAF), avec des formes incomplètes, présentent fréquemment des troubles d’apprentissage et d’adaptation sociale. Les études internationales rapportent qu’en moyenne, les formes les plus mineures seraient 10 fois plus fréquentes que le SAF.

Au niveau régional, les régions les plus touchées par le SAF et le aTCAF sont La Réunion (1,22‰), la Haute‑Normandie (1,02‰), la Champagne‑Ardenne (0,90‰), et le Nord-Pas de Calais (0,90‰).

Faire reculer la consommation exceptionnelle d’alcool pendant la grossesse

Pour les chercheurs, ces chiffres restent malheureusement sous-estimés, compte tenu de la difficulté à diagnostiquer les troubles en période néonatale et n’incluent pas les diagnostics posés ultérieurement, c’est-à-dire après l’âge d’un mois.

En observant que les troubles d’alcoolisation fœtale sont en augmentation, cette étude montre, une fois de plus, que certaines femmes enceintes s’autorisent à consommer de l’alcool.

Ce phénomène avait déjà été souligné par une étude de 2017 de Santé Publique France. On y apprenait notamment que :

  • 11,7 % des femmes interrogées déclaré avoir consommé de l’alcool pendant leur grossesse ;
  • Cette tendance avait diminué de 10 % par rapport à 2010.

Concrètement, la part de femme consommant de l’alcool pendant leur grossesse reste importante puisqu’elle concerne près de 90 000 naissances par an.

A partir de ce 9 septembre et jusqu’à la fin du mois, des campagnes médiatiques et digitales sont lancées avec pour slogan clef « Parce qu’aujourd’hui personne ne peut affirmer qu’un seul verre soit sans risque pour le bébé : par précaution, zéro alcool pendant la grossesse ».

Enfin, sur le site internet alcool-info-service.fr, une rubrique « alcool & grossesse » est disponible pour s’informer de manière simple et efficace.

Enfin, si vous avez des futures mamans dans votre entourage, n’hésitez pas à les encourager à opter pour le « zéro alcool » !

– Surveillance des troubles causés par l’alcoolisation fœtale : analyse des données du programme de médicalisation des systèmes d’information en France entre 2006 et 2013.Synthèse. Santé Publique France. S.Laporal et al. Consulté le 6 septembre 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
Spécialiste de l'information médicale.
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