Vêtements et chaussures : de nouvelles substances responsables d’allergies cutanées

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Rédigé par Deborah L. et publié le 21 mars 2022

Saviez-vous que nos vêtements et chaussures renferment de nombreuses substances chimiques dont certaines peuvent être responsables d’allergies cutanées ? Bien que certaines soient déjà encadrées, beaucoup d’autres restent à réglementer voire à identifier. Ayant mené une étude sur le sujet, l’Anses propose la restriction à l’échelle européenne de plus de 1000 substances problématiques afin de renforcer la sécurité des consommateurs.

vêtements et allergies cutanées

S’habiller et se chausser : un geste pas si anodin !

S’habiller et se chausser : un geste quotidien, banal pourtant pas si anodin ! En effet, saviez-vous que les vêtements et les chaussures que nous portons renferment des dizaines voire des centaines de substances chimiques pouvant être responsables d’allergies cutanées ? Les fabricants utilisent certaines de ces substances volontairement (les colorants par exemple). D’autres constituent des résidus ou des impuretés qui se retrouvent dans le produit fini en plus ou moins grande quantité. Or, la réglementation actuelle n’oblige pas les fabricants ou les distributeurs à dresser la liste des substances chimiques présentes dans les articles.

A ce jour, la réglementation européenne encadre 12 substances chimiques ou familles de substances connues pour être allergisantes cutanées. C’est le cas par exemple du chrome VI ou du nickel. Cependant, bon nombre de substances restent encore à réglementer où à identifier.

Dans ce contexte, l’Anses a mis en place entre 2016 et 2018 une étude pour améliorer les connaissances disponibles sur le sujet. L’objectif était de proposer une évolution de la réglementation en la matière.

Trop de substances responsables d’allergies cutanées

Première du genre en France,  cette étude biomédicale avait pour but d’identifier les substances chimiques responsables d’allergies cutanées chez 50 patients, après suspicion par un dermato-allergologue. Tout un réseau de médecins, incluant dermato-allergologues et toxicologues, se sont impliqués dans l’étude.  Ils ont analysé les articles portés par les patients et suspectés d’être associés aux réactions cutanées.

À savoir ! Une recherche biomédicale implique une intervention sur l’être humain comme des traitements, ou des examens qui ne sont pas réalisés habituellement. Elle nécessite ainsi l’accord préalable des autorités sanitaires et d’un comité d’éthique.

Cette étude a ainsi permis d’identifier plusieurs types de substances allergisantes :

  • Certaines faisant déjà l’objet d’une interdiction.
  • D’autres qui mériteraient de faire l’objet d’une règlementation.
  • Des substances pour lesquelles les seuils règlementaires s’avèrent être insuffisamment protecteurs pour la santé des consommateurs (comme pour le nickel et le chrome VI).

Vers une meilleure protection de la santé des consommateurs ?

S’appuyant sur les résultats de cette étude, l’Anses a pris l’initiative de proposer, (conjointement avec la Suède) un encadrement spécifique des textiles, cuirs, fourrures et peaux d’animaux utilisés dans les vêtements et les chaussures. C’est ainsi qu’une restriction spécifique a été proposée pour plus de 1000 substances sensibilisantes cutanées. Elle entre dans le cadre de la réglementation REACH, .

À savoir ! REACH (Registration, Evaluation and Authorisation of CHemicals) désigne une règlementation adoptée en 2006 par le Parlement et le Conseil européens. Elle a permis l’émergence d’un système communautaire d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation des substances chimiques géré par la nouvelle Agence européenne des produits chimiques (ECHA)

Cette avancée réglementaire ambitionne une meilleure protection de la santé des consommateurs. Pour cela, elle propose un encadrement plus large des substances responsables d’allergies cutanées. Adoptée à l’échelle européenne, cette proposition permettra ainsi de limiter la présence de substances dont le potentiel allergisant était connu mais non réglementé tout en abaissant les seuils règlementaires du nickel et du chrome VI. Cette évolution réglementaire devrait également mener à l’interdiction de la présence dans ces articles de tous les colorants dits « dispersés ».

À savoir ! Les colorants dispersés servent notamment à la coloration des fibres synthétiques et sont souvent en cause dans la survenue d’allergies cutanées.

En attendant, l’Anses rappelle aux consommateurs les recommandations d’usage après l’achat d’un article neuf. Elle insiste sur l’importance de laver tout vêtement susceptible d’entrer en contact avec la peau avant de le porter pour la première fois, en respectant les instructions de lavage préconisées par le fabricant.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources
– Substances chimiques dans les textiles et articles chaussants : pour une réglementation plus protectrice. anses.fr. Consulté le 13 mars 2022.
– Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à la synthèse des deux phases de l’étude biomédicale relatives à la sécurité des articles chaussants et textiles d’habillement. anses.fr. Consulté le 13 mars 2022.

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