Allergies respiratoires : le point sur la désensibilisation

Mar 24, 2018 par

Ciel bleu, oiseaux qui chantent, bourgeons en fleurs… le printemps est un réveil pour la nature mais également synonyme d’un retour des allergies respiratoires comme le rhume des foins, l’allergie au pollen, etc.  Provoquées également par les acariens ou les poils d’animaux, les allergies respiratoires touchent désormais 25 % de la population française. Santé sur le Net fait le point sur la désensibilisation, nommée aussi immunothérapie allergénique (ITA).

Allergies respiratoires

Genèse de l’allergie respiratoire

Plusieurs allergènes peuvent provoquées une allergie respiratoire. On distingue :

  • Les pollens d’arbres ou de plantes herbacées provoquant le fameux « rhume des foins » ou « pollinose » (allergène responsable de 50% des cas d’allergies respiratoires);
  • Les poils d’animaux, les acariens, les poussières (40%) ;
  • Les spores des moisissures dans l’air humide (10%).

À savoir ! Les pollens sont des grains, mille fois plus petits qu’un millimètre, et contenant les gamètes mâles des plantes à graines. Afin d’atteindre les organes femelles des végétaux, ces pollens sont transportés par les insectes et le vent. Seules les végétaux anémophiles (dont le pollen est transporté par le vent) possèdent des pollens allergisants. On distingue trois périodes de pollinisation dans l’année marquées par : certains bétulacées (aulne et noisetier) à la fin d’hiver, les pollens de bouleau, de frêne et de platane au printemps et enfin, les pollens de graminées sur juin et juillet cette année. L’allergénicité du pollen provient de molécules (protéines) localisées à l’intérieur du grain de pollen et pouvant être libérées à la suite d’un contact avec l’eau et les muqueuses.

Le point commun chez toutes les personnes atteintes de cette maladie chronique ?

Elles développent une réaction immunitaire, c’est-à-dire une réaction de défense de l’organisme, excessivement intense dès qu’elles sont au contact de ces poussières, pollens ou champignons aériens.

D’un point de vue cellulaire, l’histamine, une molécule synthétisée par les globules blancs (un sous types de cellules immunitaires), est relarguée en grande quantité provoquant alors une inflammation des voies respiratoires. Un asthme allergique et/ou une rhinite allergique (rhume des foins) caractérisée par des éternuements, une irritation au niveau du nez (rhinite) et des yeux (conjonctivite), apparaissent.

Les études épidémiologiques montrent que rhinite allergique et asthme allergique coexistent souvent chez un même individu.

On estime que 80% des asthmatiques souffrent également de rhino-conjonctivite allergique, tandis qu’une personne sur 5 ayant une rhinite allergique est également asthmatique.

Selon la sévérité des symptômes, une prise en charge thérapeutique par étapes est proposée : l’évitement de l’allergène, le traitement pharmacologique et enfin, la désensibilisation.

La désensibilisation : limites et axes de recherche

Les solutions thérapeutiques courantes consistent à traiter les symptômes et non pas la cause de l’allergie respiratoire.

Ainsi, les antihistaminiques, les corticoïdes, les décongestionnants locaux, les gouttes oculaires et les bronchodilatateurs peuvent être prescrits pour lutter contre ces symptômes.

Si les troubles respiratoires occasionnés sont trop difficiles à surmonter, l’allergologue conseillera de traiter la cause de la maladie en ayant recours à la désensibilisation. Thérapie pratiquée pour les allergies aux pollens et aux acariens et classée, par l’OMS, dans la catégorie des vaccinations.

Le principe de ce traitement ?

S’administrer ou se faire administrer des doses croissantes d’extraits allergéniques pour que l’organisme s’habitue et devienne insensible à sa présence. La thérapie dure globalement 3 à 5 ans et s’effectue par l’intermédiaire de piqûres sous cutanées réalisées par un professionnel soignant ou par une prise quotidienne de médicament comprimés ou de gouttes par voie sublinguale. Le traitement peut être pris avant la saison, soit 4 mois par an, ou toute l’année.

Les premiers bénéfices sont détectés après quatre mois de traitement. Sur le long terme, l’efficacité de la désensibilisation est très variable, estimée entre 50% et 70% pour les pollens de graminées et entre 30% et 40% pour les acariens. La diminution de l’intensité des symptômes peut être observée jusqu’à dix ans après l’achèvement du traitement.

Cette efficacité dépend de plusieurs facteurs comme :

  • Le type d’allergie ;
  • L’observance du traitement ;
  • Les produits utilisés ;
  • La présence ou l’absence de facteurs aggravants l’allergie (tabac, milieu professionnel, pollution).

Les principaux axes de recherche pour améliorer la désensibilisation dans le cas des allergies respiratoires sont :

  • Adapter davantage les protocoles de désensibilisation pour les personnes âgées de plus de 60 ans ;
  • Développer la désensibilisation auprès des personnes poly-allergiques.

Julie P., Journaliste scientifique

– Surveillance des pollens et moisissures dans l’air ambiant. Association des pollinariums sentinelles de France. Réseau National de surveillance aérobiologique. ATMO France. Consulté le 23 mars 2018.
– Traitement des allergies – Désensibilisation. Centre d’allergologie Bordeaux Nord. Consulté le 23 mars 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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