Bien s’hydrater pour prévenir les risques cardiovasculaires

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Rédigé par Deborah L. et publié le 7 avril 2022

Et si boire suffisamment d’eau permettait de protéger son cœur ? C’est ce que suggère une récente étude américaine. En effet, elle dévoile qu’une hydratation suffisante tout au long de la vie pourrait aider à réduire les risques de survenue de problèmes cardiovasculaires graves sur le long terme. On fait le point.

hydratation et risques cardiovasculaires

L’insuffisance cardiaque : un enjeu de santé publique

Pathologie chronique fréquente et grave, l’insuffisance cardiaque correspond à l’incapacité du cœur à assurer un débit sanguin suffisant pour satisfaire les besoins des différents organes.

Malgré une prise en charge améliorée ces dernières années, la mortalité associée à l’insuffisance cardiaque reste importante. La prévalence de cette maladie augmente fortement avec l’âge. La plupart des décès liés à l’insuffisance cardiaque surviennent chez des personnes de plus de 65 ans. C’est dire combien cette pathologie représente un véritable enjeu de santé publique en France et dans le monde.

S’appuyant sur des études précliniques ayant suggéré un lien entre déshydratation et fibrose cardiaque (durcissement des muscles cardiaques), une équipe de scientifiques américains a recherché un lien entre niveau d’hydratation et problèmes cardiaques à travers une étude de population à grande échelle.

À savoir ! L’hydratation de l’organisme est essentielle pour aider le cœur à pomper efficacement le sang, soutenir la fonction des vaisseaux sanguins et favoriser une bonne circulation. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui boivent beaucoup moins d’eau que ce dont leur organisme a besoin au quotidien.

Lien entre niveau d’hydratation et risques cardiovasculaires

Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs se sont appuyés sur les données de plus de 15 000 adultes. Agés de 45 et 66 ans, les participants se sont inscrits à l’étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) entre 1987 et 1989 pour être suivis sur une période de 25 ans (jusqu’à 70-90 ans). En vue d’un examen rétrospectif, les scientifiques ont sélectionné les participants dont les niveaux d’hydratation se situaient dans une fourchette normale et qui ne souffraient ni de diabète, ni d’obésité ni d’insuffisance cardiaque au début de l’étude. Ainsi, environ 11 814 adultes ont été inclus dans l’analyse finale. Parmi ces adultes, 11,56 % ont par la suite développé une insuffisance cardiaque.

Les scientifiques ont alors pu procéder à l’analyse de l’état d’hydratation des participants à l’aide de plusieurs mesures cliniques. Parmi elles, les niveaux de sodium sérique qui augmentent à mesure que les niveaux de liquide corporel diminuent. Cette donnée a été particulièrement utile pour identifier les participants présentant un risque accru de développer une insuffisance cardiaque. Elle a également permis d’identifier les personnes âgées présentant un risque majoré d’insuffisance cardiaque et d’hypertrophie ventriculaire gauche.

À savoir ! Le sodium est essentiel au maintien de l’équilibre hydrique de l’organisme. Il joue en effet un rôle essentiel dans la régulation des mouvements d’eau entre l’intérieur et l’extérieur des cellules. Il est un acteur majeur dans le maintien de l’hydratation et de la pression artérielle.

Les scientifiques ont ainsi pu observer les résultats suivants :

  • Les niveaux de sodium sérique supérieurs ou égaux à 143 milliéquivalents par litre (mEq/L) sont corrélés à un risque accru de 102 % d’hypertrophie ventriculaire gauche et à un risque accru de 54 % d’insuffisance cardiaque.
  • Risque accru de 39 % de développer une insuffisance cardiaque pour les adultes dont le taux de sodium sérique démarre à 143 mEq/L par rapport aux adultes présentant des niveaux inférieurs.
  • Pour chaque augmentation de 1 mEq/L du sodium sérique dans la plage normale de 135 à 146 mEq/L, augmentation de 5% de la probabilité d’insuffisance cardiaque.

S’hydrater suffisamment : un réflexe essentiel pour prévenir les risques cardiovasculaires

Publiés dans le European Heart Journal, ces résultats montrent que des taux de sodium sérique supérieurs à 142 mEq/L à l’âge moyen (45 à 66 ans) sont associés à des risques accrus de développer des pathologies cardiaques sur le long terme. Par ailleurs, de simples examens cliniques permettent d’évaluer cette mesure du niveau d’hydratation de l’organisme. Ainsi, elle constituerait une aide précieuse pour les praticiens dans l’identification des patients à risque.

D’après les chercheurs, des études approfondies doivent confirmer ces premiers résultats. Ils suggèrent néanmoins qu’une hydratation suffisante peut aider à réduire les risques de survenue de problèmes cardiovasculaires graves. Forts de ce constat, les chercheurs recommandent un apport quotidien en eau de :

  • 1,5 à 2,1 litres pour les femmes ;
  • 2 à 3 litres pour les hommes.

Pour l’auteure principale de l’étude, boire suffisamment d’eau constitue un moyen de préserver son cœur. Au même titre que réduire sa consommation de sel, cela contribue à réduire les risques de maladies cardiaques sur le long terme.

A nos verres d’eau !

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources
– Middle age serum sodium levels in the upper part of normal range and risk of heart failure. academic.oup.com. Consulté le 5 avril 2022.

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