Consommation quotidienne de deux boissons sucrées: un risque de décès augmenté de 21%

Mar 30, 2019 par

Sodas avec du sucre normal ou des édulcorants, thé glacé industriels, jus de fruits avec du sucre ajouté… Une étude menée sur 120 000 Américains pendant 30 ans vient de mettre en évidence que plus la consommation de boissons sucrées ou light est importante, plus le risque de décéder prématurément augmente. La cause ? Le sucre vient abimer progressivement l’intégrité de nos artères et augmente le risque d’infarctus ou d’AVC.

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Consommation de boissons sucrées: quels effets sur la santé ?

Les boissons sucrées incluant les sodas, les jus de fruits et les boissons pour sportifs sont les principales sources de sucres ajoutées dans l’alimentation.

Dans les études épidémiologiques, l’apport de boissons sucrées est associé à une augmentation de l’obésité, du diabète de type 2, de la stéato-hépatite non alcoolique (ou maladie du SODA) et des maladies cardiovasculaires comme les infarctus ou les AVC.

Aujourd’hui, les effets des boissons avec des sucres artificiels (édulcorants comme l’aspartame, la saccharine ou le stévia) proposées comme une alternative aux boissons sucrées, sont encore mal connus.

Dans cette étude, les épidémiologistes ont choisi de mesurer les effets sanitaires de la consommation de ces deux types de boissons pendant une trentaine s’années.

Boisson sucrée : la dose fait le poison

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont suivi 37 716 hommes et 80 647 femmes depuis les années 1980 jusqu’en 2014.

Au terme de cette étude et après ajustement des données, ils ont observé une relation dose-effet dans la consommation de boissons sucrées. Comparativement à des personnes ne consommant pas ce type de boisson, boire :

  • Moins d’une boisson sucrée (volume de 33 cl) par mois n’augmente pas le risque de mortalité ;
  • 1 à 4 boisson(s) sucrées par mois augmente de 1 % le risque de mortalité ;
  • 2 à 6 boissons sucrées par semaine augmentent de 6 % le risque de mortalité ;
  • Une à deux fois par jour une boisson(s) sucrée(s) par mois augmente de 14 % le risque de mortalité ;
  • Plus de deux canettes par jour augmente de 21 % le risque de mortalité (avec 31% de risque de décès par maladies cardiovasculaires et 16% par cancer)

Par ailleurs, les boissons avec des édulcorants sans sucre étaient liées à un risque de mortalité augmentée seulement chez les personnes en buvant une à deux par jour (catégorie des gros consommateurs). Leur risque de mortalité, toutes causes confondues, était augmenté de 4%. C’est donc 10% de moins par rapport aux consommateurs de boissons sucrées conventionnelles.

D’un autre côté, leur risque de décès par troubles cardiaques était de 13%, soit 17% de moins que pour les adeptes des boissons sucrées traditionnelles.

Par ailleurs, les boissons light ne provoquaient pas un risque augmenté de survenue de cancer.

L’action du sucre sur l’organisme

Le sucre contenu dans les sodas provoque plusieurs modifications néfastes dans notre organisme en :

  • Augmentant rapidement le taux de glucose dans le sang ce qui va altérer la paroi interne des vaisseaux ;
  • Facilitant le dépôt de cholestérol dans les artères pour finalement provoquer la formation d’une plaque d’athérome, source d’AVC et d’infarctus ;
  • Dérégulant le métabolisme avec la survenue d’obésité et de diabète de type 2 ;
  • Diminuant la capacité des vaisseaux sanguins à se dilater ;
  • Favorisant le stress oxydatif ce qui va endommager les cellules.

Enfin, n’oublions pas que d’après les dernières recommandations nutritionnelles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), il ne faut pas boire plus d’une boisson sucrée par jour. En regardant cette étude, on constate que ce niveau de consommation, sur 30 ans, s’avère néfaste pour la santé.

Julie P., Journaliste scientifique

– Boire du soda tous les jours abîme les artères. Le Figaro. Consulté le 28 mars 2019.
– Long-Term Consumption of Sugar-Sweetened and Artificially Sweetened Beverages and Risk of Mortality in US Adultsurope. Circulation. S.Vasanti et al. Consulté le 28 mars 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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