Pas de dosage du cholestérol après les fêtes !

Jan 28, 2019 par

Noël, Nouvel An, Epiphanie, … la période des fêtes rime bien souvent avec quelques excès alimentaires, qui ne sont pas sans conséquences sur le taux de cholestérol. Un diagnostic d’hypercholestérolémie est-il fiable durant cette période ? Est-il préférable d’attendre un peu avant de prescrire un dosage ? Une récente étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique Atherosclerosis, semble indiquer qu’un dosage du cholestérol juste après les fêtes n’est pas forcément très adapté.

hypercholestérolémie - mesure du cholestérol

Cholestérol et hypercholestérolémie

L’hypercholestérolémie est de loin le trouble lipidique le plus fréquent dans la population française. Elle est directement associée à de nombreuses pathologies cardiovasculaires, comme l'<infarctus du myocarde ou l'<accident vasculaire cérébral (AVC).

Le diagnostic de l’hypercholestérolémie ne repose pas uniquement sur le dosage du cholestérol sanguin total. Pour établir le diagnostic, le médecin prescrit en réalité un bilan lipidique, qui comprend plusieurs analyses sanguines :

  • Le dosage du cholestérol total (« bon » et « mauvais » cholestérol) ;
  • Le dosage du « bon » cholestérol (HDL-cholestérol) ;
  • Le dosage du « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol) ;
  • Le dosage des triglycérides, autres graisses qui peuvent ou non être augmentées en cas d’hypercholestérolémie.

Un diagnostic d’hypercholestérolémie après les fêtes

Si tout au long de l’année, il est préconisé de surveiller ses apports alimentaires en graisses, la période des fêtes de fin d’année est pour beaucoup synonyme de petits ou grands écarts par rapport à une alimentation saine et diversifiée.

Dans ce contexte, la réalisation d’un bilan lipidique dans les jours ou semaines qui suivent les fêtes peut-elle efficacement permettre d’établir un diagnostic d’hypercholestérolémie ? Cette question d’actualité a fait l’objet d’une récente étude danoise, dont les résultats viennent d’être publiés.

Au total, l’étude a porté sur 25 764 adultes, âgés de 20 à 100 ans, inclus dans une grande étude observationnelle sur la population de Copenhague. Les taux sanguins de cholestérol ont été examinés en fonction des différentes périodes de l’année.

Les résultats de cette étude ont mis en évidence que les taux de cholestérol total et de LDL-cholestérol étaient en moyenne plus élevés pendant les mois de décembre et de janvier, par rapport aux taux observés en été. En fin d’année, le taux de cholestérol total était ainsi augmenté en moyenne de 15 % et le taux de LDL-cholestérol de 20 %, par rapport aux mois de mai et juin.

Attendre quelques semaines avant de traiter

Dans ces conditions, six fois plus d’individus pouvaient être diagnostiqués pour hypercholestérolémie au moment des fêtes de fin d’année, par rapport à la période estivale. Un grand nombre de personnes pourrait ainsi être diagnostiquée et recevoir un traitement hypocholestérolémiant, alors que leur taux de cholestérol en été était normal.

Les auteurs de l’étude alertent ainsi les professionnels de santé sur le manque éventuel de représentativité d’un diagnostic d’hypercholestérolémie, posé pendant ou juste après les fêtes de fin d’année. Ils conseillent de refaire les dosages quelques semaines ou plusieurs mois après pour vérifier les taux de cholestérol, et confirmer ou non l’existence d’un trouble lipidique.

L’instauration d’un traitement hypocholestérolémiant, pour réduire le taux sanguin de cholestérol, devrait être réalisée avec prudence durant cette période, et si possible après avoir confirmé l’excès de cholestérol plusieurs semaines après les fêtes. Dans l’attente d’un second bilan lipidique à distance des excès alimentaires, les conseils hygiéno-diététiques (activité physique, alimentation saine et équilibrée) devraient être la priorité. Pour laisser le temps à l’organisme de revenir à son taux de cholestérol d’avant Noël !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– The Christmas holidays are immediately followed by a period of hypercholesterolemia. Vedel-Krogh, S. and al. 2018. Atherosclerosis.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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