Endométriose et cancer ovarien, des marqueurs communs ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 25 mars 2022

Depuis le 13 janvier 2022, l’endométriose est reconnue comme une affection longue durée (ALD) par l’Assurance Maladie. Une reconnaissance qui va faciliter le quotidien des 10 % de Françaises atteintes de cette maladie gynécologique chronique. Parallèlement, les recherches permettent d’en apprendre toujours un peu plus sur les mécanismes et les conséquences de cette maladie. Récemment, des chercheurs ont mis en évidence une augmentation du risque de certaines formes de cancer ovarien. Explications.

endométriose et cancer ovarien

Endométriose et cancer de l’ovaire

L’endométriose est une pathologie gynécologique, qui se caractérise par le développement anormal de tissu utérin dans et en dehors de la sphère génitale. Les conséquences de la maladie sont variables selon la sévérité de l’atteinte, mais parmi les plus connues figurent :

  • La douleur au moment des règles ;
  • La baisse de la fertilité, voire une infertilité.

Les chercheurs s’intéressent de près à cette maladie, qui touche une proportion importante de femmes en âge de procréer. Ils portent un fort intérêt sur ses causes et ses mécanismes. Récemment, des chercheurs ont mené une étude génétique visant à évaluer l’éventuel lien de causalité entre l’endométriose et certaines formes de cancer de l’ovaire. A cette fin, ils ont mené une méta-analyse sur 15 000 femmes atteintes d’endométriose et 25 000 patientes atteintes d’un cancer de l’épithélium ovarien.

Un risque plus élevé de cancer ovarien

L’analyse des données génomiques a révélé que les femmes atteintes d’endométriose présentaient un risque accru de développer certaines formes de cancer de l’ovaire. Même si le risque global de cancer de l’ovaire chez les femmes atteintes d’endométriose restait faible. L’analyse génomique a par ailleurs permis aux chercheurs d’identifier 28 marqueurs génétiques associés aux deux pathologies.

Parmi ces 28 marqueurs, 19 étaient impliqués dans le lien entre l’endométriose et le cancer de l’ovaire. A partir d’une analyse statistique des données, les chercheurs ont évalué que les femmes présentant ces 19 marqueurs génétiques auraient un risque 2,6 fois plus élevé que les autres de développer un cancer de l’ovaire.

Vers de nouvelles cibles thérapeutiques

Enfin, l’analyse de la transcription des gènes concernés révèle plusieurs gènes cibles des tissus utérins et ovariens impliqués dans l’endométriose et le cancer de l’ovaire. Cette nouvelle étude apporte un éclairage intéressant sur les mécanismes à l’origine de l’endométriose. Sans pour autant devenir un sujet d’inquiétude pour les très nombreuses femmes atteintes d’endométriose, car le risque de cancer reste globalement faible.

L’identification de ces gènes offre la possibilité de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les femmes atteintes d’endométriose ou d’un cancer ovarien. Ainsi, des médicaments pourraient être conçus pour :

  • D’une part lutter contre la progression des lésions d’endométriose ;
  • D’autre part pour prévenir le développement des lésions cancéreuses ovariennes.

Il s’agit d’une avancée importante pour la compréhension et le traitement de cette maladie chronique. Sur laquelle l’attention des chercheurs et des médecins ne s’est portée que récemment.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– A multi-level investigation of the genetic relationship between endometriosis and ovarian cancer histotypes. cell.com. Consulté le 24 mars 2022.

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