Cancer de l'estomac

L’estomac, l’un des principaux organes de l’appareil digestif, peut être touché par le développement de tumeurs, qui sont très majoritairement des adénocarcinomes. Chaque année en France, plusieurs milliers de nouveaux cas de cancer de l’estomac sont recensés. Plusieurs facteurs de risque de ce cancer ont pu être identifiés. Suite à l’apparition des premiers symptômes et au diagnostic permettant de mettre en évidence la tumeur, la prise en charge pluridisciplinaire dépend de la nature et du stade de la tumeur. Les traitements principaux sont la chirurgie et la chimiothérapie.

Cancer de l'estomac

Estomac et cancers de l’estomac

L’estomac est l’un des principaux organes de l’appareil digestif, situé entre l’œsophage et le duodénum. Il assure un rôle indispensable dans la digestion des aliments.

L’estomac peut être le siège du développement de tumeurs, les cancers de l’estomac ou cancers gastriques. Une cellule de l’estomac, initialement normale, se transforme et donne naissance à une tumeur maligne.

Dans neuf cas sur 10, le cancer de l’estomac est un adénocarcinome, c’est-à-dire que la cellule à l’origine de la tumeur est issue de la muqueuse interne de l’estomac. Toutes les zones de l’estomac peuvent être touchées. La tumeur initiale peut se propager à :

  • D’autres couches de la paroi gastrique ;
  • D’autres organes situés près de l’estomac ;
  • D’autres organes, en donnant des métastases au niveau des poumons, des ovaires, des os ou encore du péritoine.

Parallèlement aux adénocarcinomes, il existe des formes plus rares de cancers gastriques :

  • Des tumeurs neuro-endocrines, qui produisent des hormones ;
  • Des tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST), qui se développent au niveau des muscles ou des vaisseaux entourant les organes digestifs ;
  • Des lymphomes.
Système digestif et cancer de l'estomac

Epidémiologie et facteurs de risque

En France, les cancers de l’estomac représentent la 13ème cause de cancer en termes de fréquence, avec plus de 6 000 nouveaux cas chaque année. Les hommes sont plus touchés que les femmes et ce cancer survient le plus souvent chez des personnes âgées de plus de 65 ans. D’une manière générale, l’incidence des cancers de l’estomac a diminué en France depuis trois décennies.

Plusieurs facteurs de risques de développer un cancer de l’estomac ont été identifiés :

  • Une gastrite chronique, associée à une infection par la bactérie Helicobacter pylori, impliquée dans au moins 80 % des cancers de l’estomac ;
  • Le tabagisme ;
  • Une alimentation riche en sel et/ou pauvre en fruits et légumes frais ;
  • Des antécédents familiaux (parents, frères, sœurs, enfants) de cancer de l’estomac ;
  • Une prédisposition génétique dans 1 à 3 % des cancers de l’estomac, pour les personnes porteuses d’une mutation du gène CDH1 (cancer gastrique diffus héréditaire) ou celles atteintes d’un syndrome de Lynch ou syndrome HNPCC (Hereditary Non-Polyposis Colorectal Cancer ou cancer colorectal héréditaire sans polypose), qui augmente le risque de cancer colorectal, mais aussi de cancer gastrique ;
  • L’anémie de Biermer (carence en vitamine B12) ;
  • Un antécédent de chirurgie gastrique, avec un risque augmenté 10 à 15 ans après l’intervention.

Diagnostic des cancers gastriques

Certains symptômes peuvent être évocateurs d’un cancer de l’estomac :

  • Des douleurs épigastriques (au niveau du haut de l’abdomen) ;
  • Des nausées et des vomissements répétés ;
  • Une altération de l’état général (fatigue, perte d’appétit, perte de poids) ;
  • Des difficultés à avaler des aliments solides ;
  • Des saignements gastro-intestinaux ;
  • Une anémie chronique.

Ces signes peuvent faire suspecter un cancer gastrique, mais leur présence ne témoigne pas systématiquement de la présence d’une tumeur.

Parfois, le cancer de l’estomac peut être découvert dans d’autres circonstances :

  • La surveillance régulière d’une anémie de Biermer ;
  • La prise en charge d’une thrombose veineuse profonde ;
  • La prise en charge d’une embolie pulmonaire;
  • Par hasard, au cours d’un examen d’imagerie au niveau de l’abdomen (scanner, IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)).

Pour confirmer le diagnostic du cancer gastrique, le médecin prescrit une endoscopie de l’estomac et de l’œsophage. L’examen anatomo-pathologique des biopsies réalisées au cours de cet examen permettent de confirmer ou non la présence d’une tumeur, et d’en déterminer la nature. Pour évaluer l’éventuelle extension de la maladie aux organes voisins, des examens complémentaires sont réalisés :

  • Un scanner thoraco-abdomino-pelvien ;
  • Une écho-endoscopie ;
  • Une scintigraphie osseuse ;
  • Une IRM cérébrale.

Traitements et prise en charge des cancers de l’estomac.

Le traitement du cancer de l’estomac dépend de la nature de la tumeur. Le traitement des adénocarcinomes est en effet différent du traitement des formes rares de cancers de l’estomac. Dans tous les cas, la prise en charge du cancer est pluridisciplinaire.

Les principaux traitements des cancers gastriques sont :

  • La chirurgie dans les cancers localisés, pour retirer une partie ou la totalité de l’estomac (gastrectomie partielle ou totale) ;
  • Plus rarement, une endoscopie curative pour les cancers superficiels ;
  • La chimiothérapie, avant et après la chirurgie, pour les cancers avancés et métastatiques ;
  • La radiothérapie, en complément d’autres traitements.

Parallèlement, d’autres soins et suivis sont indispensables :

  • Une surveillance de l’état nutritionnel, avec la prise de mesures adaptées ;
  • Un suivi psychologique ;
  • Un accompagnement social.

Après les traitements, le suivi d’un cancer de l’estomac dure au moins 5 ans et comporte :

  • Des consultations régulières ;
  • La réalisation d’examens d’imagerie ;
  • Un suivi nutritionnel ;
  • Une aide au sevrage tabagique.

Pour les patients ayant subi une gastrectomie totale, une administration mensuelle de vitamine B12 est nécessaire à vie.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Le cancer de l’estomac. INCA. Consulté le 6 mars 2019.
– Qu’est-ce que le cancer de l’estomac ? Société Canadienne du Cancer. Consulté le 6 mars 2019.