scintigraphieLa scintigraphie est un examen médical utilisé pour analyser les tissus ou le fonctionnement des organes. Elle requiert l’injection d’un produit faiblement radioactif et l’utilisation d’une caméra spécifique. Cet examen peut être indiqué dans l’étude de différents organes ou tissus du corps pour déceler différentes pathologies ou lésions.

Les indications de la scintigraphie

La scintigraphie est un examen d’imagerie médicale utilisé en routine chez l’adulte et chez l’enfant, et qui peut s’appliquer à de nombreux organes et tissus du corps. Elle permet d’évaluer le bon ou le mauvais fonctionnement de certains organes ou de mettre en évidence des lésions au niveau des tissus.

Parmi les techniques de scintigraphie les plus utilisées, il est possible de citer notamment :

  • La scintigraphie osseuse permet de visualiser l’ensemble du squelette et d’analyser le fonctionnement métabolique de l’os. Des lésions osseuses peuvent ainsi être détectées avant qu’elles n’apparaissent sur des radiographies.
  • La scintigraphie de la thyroïde reflète le métabolisme de l’iode au niveau de la glande thyroïde et permet ainsi de déterminer la prise en charge en cas d’hyperthyroïdie ou de nodule(s) thyroïdien(s).
  • La scintigraphie cardiaque correspond à la technique non invasive la plus sensible pour détecter et localiser une ischémie myocardique (arrêt de la circulation sanguine au niveau du muscle cardiaque). Elle permet aussi de visualiser les tissus viables après un infarctus du myocarde.
  • Les scintigraphies rénales permettent d’étudier le fonctionnement des reins et ainsi de déceler différentes atteintes rénales (infections, malformations, insuffisance rénale).
  • La scintigraphie pulmonaire a pour objectif de visualiser l’arrivée de l’air et du sang dans les poumons. Elle est principalement utilisée pour la détection d’une embolie pulmonaire, mais aussi pour la recherche d’un corps étranger dans les bronches d’un enfant.
  • La scintigraphie des glandes parathyroïdes est indiquée dans la recherche de tumeurs (adénomes) dans l’une des quatre glandes parathyroïdes.
  • La détection du ganglion sentinelle par scintigraphie consiste à analyser le drainage lymphatique d’un organe pour repérer le ganglion sentinelle, c’est-à-dire le premier ganglion recevant le drainage d’une tumeur. Cet examen est utilisé avant le traitement chirurgical de certaines tumeurs, en particulier du sein.
  • La scintigraphie aux leucocytes marqués est un examen de dépistage de foyers d’infection dans les articulations des membres supérieurs ou inférieurs, en particulier chez les patients porteurs de prothèses.

Le produit radiopharmaceutique utilisé varie selon l’organe ou le tissu à étudier. La durée de vie radioactive du traceur est très courte et il ne reste que très peu de temps dans l’organisme.

A savoir ! Le produit radiopharmaceutique ou traceur est très faiblement radioactif. Il est sans danger et non toxique. Les effets secondaires et les allergies sont extrêmement rares.

Avant la scintigraphie

La scintigraphie ne requiert pas une préparation spécifique préalable. Elle peut être effectuée quel que soit l’âge chez tous les patients, sauf les femmes enceintes. Chez les femmes allaitantes, une interruption de l’allaitement est nécessaire pendant quelques jours, car le produit radioactif est susceptible de passer dans le lait maternel.

En cas de traitements médicaux avant l’examen, il est impératif d’en informer le service de médecine nucléaire dès la prise de rendez-vous. Dans la grande majorité des cas, il n’est pas indispensable d’interrompre ses traitements. Si besoin, l’équipe médicale donne aux patients les consignes à respecter en vue de l’examen (arrêt des médicaments, arrêt des boissons contenant de la caféine).

Pour la plupart des scintigraphies, il est inutile d’être à jeun et aucune prémédication n’est prescrite. Chez les personnes anxieuses, une prémédication peut parfois être administrée avant l’examen. Chez les enfants, un patch anesthésique peut être appliqué pour limiter la douleur locale liée à l’injection.

Avant la scintigraphie, il est impératif d’ôter tout objet métallique, qui pourrait perturber l’examen.

La scintigraphie en pratique

La scintigraphie est pratiquée par un personnel habilité dans les services hospitaliers de médecine nucléaire. L’examen se déroule en trois étapes :

  1. L’injection intraveineuse (ou parfois sous-cutanée) d’une petite quantité de produit radioactif, encore appelé traceur ou produit radiopharmaceutique. La dose administrée est calculée en fonction de l’âge et du poids du patient, selon les recommandations des experts nationaux et internationaux.
  2. Durant une phase d’attente de durée variable (d’une quinzaine de minutes à environ une semaine selon les indications), le traceur se fixe sur l’organe à étudier.
  3. Pendant la scintigraphie proprement dite, le traceur fixé émet des signaux (rayons gamma), analysés par une gamma-caméra placée devant la zone du corps à étudier. La caméra enregistre la concentration du traceur dans les différentes parties de l’organe. La répartition du traceur est visualisée sur un ordinateur couplé à la caméra, sous forme de points scintillants (d’où le nom de scintigraphie).

L’examen, totalement indolore, a une durée variable selon l’organe à étudier, parfois plusieurs heures sont nécessaires.

Durant la scintigraphie proprement dite, le patient est allongé sur une table d’examen. La caméra est placée au plus près du corps. Le patient doit autant que possible rester immobile et calme pendant toute la durée d’acquisition des données par la caméra.

A noter ! Dans le cas particulier des scintigraphies cardiaques, un test à l’effort (ou épreuve d’effort, électrocardiogramme réalisé en parallèle d’une activité physique soutenue) peut être couplé à la phase d’injection du produit. Un cardiologue est alors obligatoirement présent pour surveiller le patient.

D’une manière générale, le nombre de points scintillants définit trois cas de figures :

  • Une scintigraphie normale, lorsque les points scintillants sont répartis de manière homogène ;
  • Des zones d’hyperfixation ou « points chauds » dans les zones où le nombre de points scintillants est élevé ;
  • Des zones d’hypofixation ou « points froids » dans les zones où le nombre de points scintillants est faible.

Les zones d’hyperfixation peuvent entre autres être révélatrices d’infection, de tumeur, de remaniement osseux, ou d’une sécrétion anormalement élevée d’hormones. Les zones d’hypofixation peuvent par exemple indiquer la destruction d’un tissu ou une mauvaise circulation sanguine au niveau d’un organe.

A savoir ! Une technique parallèle à la scintigraphie, la tomoscintigraphie, permet d’enregistrer des images en coupe de l’organe étudié, prises sous des angles différents. La caméra tourne alors autour du patient.

Consignes après une scintigraphie

Suite à une scintigraphie, il est possible de reprendre immédiatement le cours normal de sa vie. Toutefois, quelques précautions sont nécessaires à la sortie du service de médecine nucléaire :

  • Boire abondamment (sauf en cas de contre-indication médicale) et uriner fréquemment pour faciliter l’élimination urinaire du traceur. Chez les jeunes enfants, changer très fréquemment les couches.
  • Compte-tenu de la présence du traceur dans les urines, tirer la chasse d’eau après avoir uriné, essuyer les éventuelles projections d’urines avec du papier toilette, et bien se laver les mains.
  • En cas d’hospitalisation dans les jours suivants, informer le personnel médical du passage d’une scintigraphie.
  • En cas de voyage programmé dans les jours suivants, demander un certificat mentionnant l’élément radioactif injecté, car des détecteurs de radioactivité sont parfois présents dans certains lieux (aéroports, postes frontières, …).

Les très faibles doses de rayonnements émises par le patient dans les heures et jours qui suivent ne présentent aucun risque pour l’entourage, y compris lors de la présence d’enfants ou de femmes enceintes. Néanmoins, il est déconseillé aux enfants ayant eu une scintigraphie de dormir dans le même lit qu’un autre enfant la première nuit après l’examen. Ils peuvent en revanche retourner en collectivités (crèche, école) dès le lendemain.

Scintigraphie, grossesse et allaitement

La grossesse est la seule contre-indication formelle à la scintigraphie, sauf en cas de force majeure. Pour prévenir tout risque, la scintigraphie ne peut être réalisée chez une femme en âge de procréer que durant les 10 premiers jours du cycle menstruel ou avec une contraception efficace. En cas de retard de règles, il est indispensable de le signaler à l’équipe médicale avant l’examen.

Le traceur radioactif passe dans le lait maternel. En cas d’allaitement, il est nécessaire d’interrompre l’allaitement pendant une durée indiquée par l’équipe médicale et variable selon l’indication de la scintigraphie.

Par ailleurs, une femme enceinte, dont l’enfant doit passer une scintigraphie, doit éviter les contacts prolongés avec l’enfant dans les heures qui suivent l’examen. Il est préférable qu’un autre membre de la famille accompagne l’enfant, car les services de médecine nucléaire sont déconseillés aux femmes enceintes.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Déroulement d’une scintigraphie. AMELI Santé. 30 mars 2017.
– La scintigraphie. Hôpital Américain de Paris. Consulté le 16 novembre 2017.
– Examens et traitements. Scintigraphie Bordeaux Nord. Consulté le 16 novembre 2017.