Greffe de foie

Greffe de foieLa greffe de foie ou transplantation hépatique est effectuée à partir du foie prélevé sur un donneur décédé, ou dans des circonstances très particulières à partir d’une portion du foie prélevée sur un donneur vivant. Ce type de transplantation est une intervention chirurgicale lourde, indiquée dans des atteintes hépatiques sévères et irréversibles. Après la greffe, le patient receveur doit suivre à vie un traitement immunosuppresseur et se plier à des contrôles médicaux réguliers.

Greffe de foie ou transplantation hépatique

La greffe de foie, ou transplantation hépatique, est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer le foie malade du patient, par un foie sain prélevé sur un donneur. Cette opération, qui peut durer jusqu’à une quinzaine d’heures, se déroule en quatre étapes principales :

  • L’ablation du foie malade du patient ;
  • Le prélèvement du foie chez le donneur ;
  • La greffe du foie sain chez le patient ;
  • La vérification du fonctionnement du foie greffé, grâce à un suivi important pour prévenir et traiter les éventuelles complications post-opératoires.

Dans la grande majorité des cas, le foie greffé est prélevé sur un donneur décédé, en état de mort encéphalique, comme pour la plupart des organes et tissus prélevés sur le corps humain.

Dans certains cas particuliers, le greffon peut être prélevé chez un donneur vivant. Seule une partie du foie est alors prélevée pour la greffe, le foie humain possédant une grande capacité de régénération. Ce type de transplantation hépatique à partir d’un greffon prélevé sur donneur vivant est associé à d’importantes difficultés :

  • Les nombreuses contre-indications au prélèvement de foie chez un donneur vivant ;
  • Les risques de complications graves pour le donneur ;
  • L’échec de la greffe, si la quantité de foie greffée n’est pas suffisante pour le patient.

Compte-tenu de ces risques, la greffe de foie à partir d’un donneur vivant est rare et n’est envisagée que lorsque le donneur est en parfaite santé et que le délai d’attente sur la liste de greffe est trop long par rapport au pronostic vital du patient.

La transplantation hépatique à partir d’un donneur vivant peut se faire dans deux contextes :

  • Le donneur vivant est un membre de la famille (donneur vivant apparenté) ;
  • Le donneur vivant n’est pas un membre de la famille (donneur vivant non apparenté).

En pratique, la greffe de foie à partir d’un donneur vivant n’est pratiquée que dans quelques centres en France, et la plupart du temps chez des enfants.

Les indications thérapeutiques de la greffe de foie

La greffe de foie est indiquée lorsqu’un patient se trouve en état d’insuffisance hépatique terminale, c’est-à-dire que son foie n’assure plus ses fonctions essentielles, et ce de manière irréversible. Le foie appartient aux organes vitaux et assure plusieurs fonctions vitales pour l’organisme, telles que :

  • La synthèse des protéines du sang, comme l’albumine ;
  • La synthèse des facteurs de coagulation, indispensables pour contrôler la coagulation sanguine ;
  • Une part importante de la synthèse des acides gras (composants des lipides) ;
  • La production de la bile ;
  • Le métabolisme de nombreux produits (aliments, médicaments, toxines, …).

L’insuffisance hépatique terminale peut être la conséquence ultime de pathologies de différents types :

  • Virales, comme les hépatites B ou C ;
  • Médicamenteuses, comme les surdosages en paracétamol ;
  • Toxiques, comme l’intoxication au plomb ;
  • Auto-immunes, comme l’hépatite auto-immune ;
  • Cancéreuses, comme le cancer du foie.

Toutes ces affections peuvent altérer les fonctions hépatiques, selon deux modes :

  • Un mode aigu, où l’insuffisance hépatique se développe en quelques heures ou quelques jours. Cette altération majeure et brutale du fonctionnement du foie est appelée l’hépatite fulminante ou hépatite aigüe sévère. Le pronostic vital du patient est mis en jeu à court terme. Ce type de situation survient par exemple en cas de surdosage important en paracétamol.
  • Un mode chronique, où l’insuffisance hépatique se développe sur plusieurs mois, voire sur des années. La dégradation progressive des fonctions hépatiques caractérise la cirrhose hépatique. Ce type de situation correspond par exemple aux complications de l’alcoolisme chronique ou encore à l’évolution d’une hépatite virale chronique.

Toutes les pathologies qui conduisent à une insuffisance hépatique terminale irréversible peuvent constituer une indication à la transplantation hépatique, à condition que le patient ne présente pas une autre affection contre-indiquant la greffe.

La greffe de foie en pratique

Lorsqu’une insuffisance hépatique terminale est mise en évidence chez un patient, la possibilité d’une transplantation hépatique est envisagée par l’équipe médicale, en concertation avec le patient. Un bilan pré-transplantation hépatique est réalisé dans un service spécialisé, notamment pour détecter d’éventuelles contre-indications à la greffe et pour évaluer l’impact de l’insuffisance hépatique sur les reins, le cœur, le cerveau et les poumons. A l’issue de ce bilan, un comité de médecins et de chirurgiens spécialistes en hépatologie décide ou non d’inscrire le patient sur la liste d’attente d’un greffon hépatique.

La liste d’attente de greffe hépatique est gérée par l’Agence de Biomédecine (ABM). Le délai d’attente d’un greffon hépatique est très variable, selon le groupe sanguin du patient et le niveau de priorité du patient, mais aussi compte-tenu de la pénurie de greffons en France.

Lorsque l’ABM choisit un patient pour recevoir un greffon hépatique, le foie doit être greffé très rapidement après son prélèvement chez le donneur. Les deux interventions chirurgicales, l’une chez le donneur et l’autre chez le patient receveur, doivent donc être parfaitement synchronisées. Une fois que les contre-indications de dernière minute à la greffe (infection en cours, greffon de mauvaise qualité, …) ont été écartées, la transplantation hépatique peut avoir lieu.

Après la greffe de foie

Une fois la lourde et complexe intervention chirurgicale de transplantation hépatique terminée, le patient doit être suivi de manière rapprochée pour prévenir, détecter et traiter toute complication éventuelle de la greffe. L’hospitalisation dure en général quelques semaines, quelques jours dans un service de réanimation juste après la greffe, puis 2 à 3 semaines dans un service de soins en chirurgie digestive.

Une fois sorti de l’hôpital, le patient, rentré à son domicile ou pour quelques semaines en maison de convalescence, doit, pendant au moins 6 mois, se rendre toutes les semaines à l’hôpital pour une consultation de suivi, qui comprend :

  • Un bilan sanguin systématique, notamment pour doser les marqueurs hépatiques (transaminases, bilan de coagulation, marqueurs de l’inflammation, dosage des protéines du sang, …) ;
  • Si besoin, une échographie Doppler pour évaluer le fonctionnement des vaisseaux irrigant le foie greffé.

Si les analyses et examens sont satisfaisants, les consultations de suivi peuvent progressivement s’espacer, tous les 3 mois, puis tous les 6 mois, puis tous les ans.

Par ailleurs, dès la fin de l’intervention et pour toute la vie, le patient doit prendre un traitement immunosuppresseur comprenant deux à trois médicaments, pour prévenir tout risque de rejet du greffon. Le rejet du greffon est une réaction physiologique du système immunitaire qui identifie comme étranger l’organe greffé. Seul le traitement immunosuppresseur peut contenir le système immunitaire et l’empêcher de détruire le foie greffé. Le rejet peut survenir à tout moment, après quelques jours, quelques mois, ou même plusieurs années après la transplantation. A chaque consultation de suivi, le traitement immunosuppresseur fait également l’objet d’une évaluation, d’autant plus que ces médicaments sont associés à des effets indésirables parfois importants.

Le retour à une vie normale pour le patient greffé est généralement possible 3 mois après la greffe de foie, en l’absence de complications majeures.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Déroulement de la greffe. Institut National du Cancer. Consulté le 17 décembre 2018.
– La greffe de foie. OUEST TRANSPLANT. Consulté le 17 décembre 2018.
– Transplantation hépatique. Hôpitaux Universitaires de Genève. Consulté le 17 décembre 2018.