Une urographie ou urographie intraveineuse est un examen radiologique visant à étudier la morphologie et le fonctionnement des voies urinaires. Cet examen nécessite l’utilisation de rayons X et l’injection d’un produit de contraste iodé. Il permet de diagnostiquer une anomalie de sécrétion des urines, une malformation des reins ou des voies urinaires, ou la présence d’un calcul rénal.

urographie permettant de voir l'appareil urinaire

Définition et objectif d’une urographie

Les premières urographies datent de 1928 et ont longtemps étaient perçues comme le « gold standard » pour étudier le système urinaire. De nos jours, de nouvelles techniques d’imagerie se sont développées, cependant, l’urographie reste pour l’instant la méthode la plus utilisée par les urologues. En effet, l’urographie a l’avantage de renseigner à la fois sur la morphologie de l’appareil urinaire, mais aussi sur son fonctionnement. Par ailleurs, tous les urologues la pratiquent et savent la lire, de plus, elle est facilement accessible en urgence.

L’appareil urinaire

schéma : reins, uretères, vessie, urètreIl est composé des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre. Cet ensemble d’organes est chargé de fabriquer et expulser l’urine en dehors du corps.

L’urine est produite par les reins. Elle rejoint la vessie via 2 conduits appelés « uretères ».

La vessie est une poche permettant le stockage (500mL) de l’urine. Elle est localisée :

  • Chez la femme, en dessous de l’utérus et devant le vagin ;
  • Chez l’homme, devant le rectum et au-dessus de la prostate.

Grâce à sa paroi extensible, elle s’agrandit et rétrécie en fonction de la quantité d’urine qu’elle contient. Lorsque le volume d’urine dans la vessie atteint un certain seuil (environ 300mL), le besoin d’uriner apparaît. En attendant, les muscles du périnée et le sphincter de l’urètre restent contractés pour retenir l’urine.

Au moment de la miction (action d’uriner), le sphincter se décontracte et ce sont les muscles de la vessie qui prennent le relais afin d’évacuer l’urine de la vessie via l’urètre. À tout moment, la miction peut être interrompue par une contraction volontaire de l’urètre et des muscles du périnée.

À savoir ! L’urètre, comme les uretères, est un conduit permettant le transport de l’urine. Cependant, elle a une fonction en plus : la capacité de se contracter (pour retenir l’urine) ou de se relâcher (pour vidanger la vessie). C’est ce que l’on appelle la continence.

Le principe de l’urographie

L’urographie peut permettre de visualiser l’ensemble du système urinaire. Son exécution n’est pas standardisée et s’adapte à chaque patient.

L’urographe est un appareil émettant de faibles doses de rayons X en direction de la partie du corps à analyser. Cette technique est basée sur l’absorption de ces rayons par les tissus.

L’examen consiste donc à radiographier les voies urinaires après injection de produit de contraste iodé permettant de les opacifier. Ce produit est injecté par voie veineuse et est éliminé dans les urines.

À savoir ! Un produit de contraste est une substance (le plus souvent à base d’iode) rendant certains éléments opaques à l’image radiographique, et donc plus visibles. L’objectif d’une injection de produit de contraste est d’obtenir une meilleure visibilité des tissus sur le cliché.

Indication

L’urographie fait partie des examens médicaux classiques de l’appareil urinaire indiqué dans une multitude de maladies urinaires, notamment l’infection urinaire, l’hématurie (urines contenant du sang), les coliques néphrétiques et les troubles de la miction. Par contre, elle n’est d’aucune utilité en cas d’insuffisance rénale car le produit de contraste injecté ne sera pas éliminé par les reins.

Précautions

Une urographie n’est pas un examen douloureux. Il n’y a éventuellement que l’injection du produit de contraste qui puisse générer de la douleur lors de l’insertion de l’aiguille.

Le recours aux produits de contraste iodé est fréquent et normalement bien supporté. Cependant, certaines réactions graves sont possibles d’où l’intérêt de faire connaître à l’équipe médicale la présence d’allergie (particulièrement, quand elle est liée à certains médicaments), d’urticaire, d’eczéma ou d’asthme. Les mesures nécessaires seront ainsi mises en œuvre pour garantir le bon déroulement de l’examen, notamment par la prescription d’un traitement antiallergique de prévention.

Il est préférable d’avertir l’équipe médicale en cas de grossesse. En effet, par précaution l’exposition aux rayons X sera la plus faible possible.

Préparation

L’examen ne requiert ni hospitalisation ni anesthésie.

Sauf urgence, l’examen nécessite que le patient soit à jeun depuis 4 heures. Il peut parfois s’avérer utile de faire un régime alimentaire ou éventuellement de prendre des laxatifs pour bien vider l’intestin afin de mieux visualiser la vessie.

Déroulement de l’examen

L’examen se déroule dans une salle de radiographie et dure en moyenne 1 heure et demie. Le patient prend place en position allongée sur la table d’examen.

Pendant toute la durée de l’examen, l’équipe médicale est présente et installée derrière une vitre (protection contre les rayons X). La communication est possible à tout moment grâce aux micros et l’équipe est prête à intervenir en cas de problème.

Avant de réaliser l’urographie, un cliché de l’abdomen est effectué sur lequel tout l’abdomen doit être visible et la vessie vide. En effet, le patient doit uriner juste avant l’examen. Ce cliché permet de rechercher la présence d’anomalies osseuses ou calculs urinaires.

Une fois le cliché de l’abdomen effectué, le médecin procède à l’injection du produit de contraste par voie intraveineuse. La dose dépend du poids du patient (1mL par kg). Des réactions lors de l’injection du produit de contraste sont possibles. Elles sont généralement temporaires et sans gravité : sensation de chaleur dans le corps, goût bizarre dans la bouche, nausées voire vomissements, hématome à la piqûre, fuite du produit sous la peau.

Dans de rares cas, les troubles sont plus préoccupants : troubles rénaux, réaction allergique (urticaire, asthme, eczéma) ou troubles cardio-respiratoires. Ils sont plus fréquents chez les personnes ayant des antécédents d’allergie (à l’iode ou autre médicament), ayant déjà eu ce type de réaction lors d’un précédent examen ou chez les patients atteints de pathologies rénales chroniques, pulmonaires ou cardiaques.

Le médecin prend ensuite des clichés des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre à des intervalles de temps bien définis : à 5 minutes après l’injection, à 10 minutes, 15 minutes, 20 minutes, etc. L’objectif est d’étudier la morphologie des voies urinaires au fur et à mesure de la progression du produit ainsi que la qualité d’élimination et d’écoulement des urines.

À la fin de l’examen, il est demandé au patient d’aller uriner. Des clichés sont réalisés avant, pendant et après la miction. Il arrive que d’autres clichés soient nécessaires au bout de 24 heures voire 48 heures après l’injection en cas de dysfonctionnement rénal.

Les suites de l’examen

Le patient peut reprendre ses activités immédiatement après l’examen. Il lui sera précisé de boire 2L d’eau dans le reste de la journée afin d’éliminer le produit de contraste injecté de l’organisme. L’examen est totalement pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles.

Un premier commentaire peut être communiqué à la fin de l’examen. Cependant, il faut attendre la relecture du médecin radiologue qui envoie un compte-rendu au médecin traitant du patient.

Charline D., Pharmacien

– Urographie – Larousse – Consulté le 31 janvier 2018.
– L’urologie par ses images : partie A – Chapitre 1 – UroFrance – Le 6 avril 2004.
– Urographie intraveineuse – Harmonie-prévention – Le 11 août 2017.