Anneau de Kayser-Fleischer : symptôme de la maladie de Wilson

La maladie de Wilson est une pathologie rare d’origine génétique se traduisant par l’accumulation anormale de cuivre dans différents organes, le foie et le cerveau étant les plus touchés. Sans traitement, elle peut se révéler fatale.

Cause de la maladie de Wilson

Une toxicose cuprique

Le cuivre est présent dans notre alimentation ; on le rencontre notamment dans le foie, certains crustacés et fruits de mer, le chocolat, les noix, les champignons… Cela tombe bien car le cuivre est également indispensable à la fabrication de nombreuses protéines nécessaires au fonctionnement de l’organisme.

Le cuivre ingéré via la nourriture est stocké dans le foie. Il est acheminé aux organes grâce à une molécule : la  céruléoplasmine. L’excès est éliminé dans la bile (fabriquée par le foie) ou les urines.

Dans la maladie de Wilson, une altération génétique entraîne un dysfonctionnement de l’élimination du cuivre hors de l’organisme. Sa présence en excès va être responsable d’une véritable intoxication, impactant différents organes et en premier lieu celui où il est stocké, le foie.

Une maladie à transmission autosomale récessive

Cette mutation concerne le gène ATP7B, porté par le chromosome 13. Pour être atteint de la maladie, il faut porter une mutation de l’ATP7B sur les 2 chromosomes 13. Cela signifie qu’il faut avoir reçu un gène muté de la part de son père et de sa mère. La transmission est dite autosomale (présente sur un chromosome non sexuel) récessive.

Les individus porteur d’un gène muté et d’un gène sain ne présente pas la maladie (1 personne sur 90 en France), mais peuvent la transmettre si leur conjoint possède également un gène altéré.

Cette maladie reste rare ; elle concerne une personne sur 25 000.

Symptômes de la maladie de Wilson

Ils débutent rarement avant 3 ans et varient selon les organes atteints :

  • Atteinte du foie : il s’agit d’hépatite aigüe ou chronique, voire de cirrhose. On constate une fatigue, un amaigrissement, des gonflements, des troubles digestifs ou une jaunisse ;
  • Atteinte du cerveau : elle se manifeste plutôt chez l’adolescent et entraîne des troubles neurologiques et/ou psychiatriques. Les symptômes sont très variés. Certains, comme les troubles de l’humeur, sont parfois mis à tort sur le compte de la « crise d’adolescence ». On constate aussi des tremblements, des contractures, des problèmes de coordination ou des difficultés à parler. Parfois, la maladie se révèle par des problèmes scolaires et notamment d’écriture ;
  • Atteinte des yeux : la maladie est responsable chez 75% des malades de la formation d’un anneau orangé au bord externe de l’iris : l’anneau de Kayser-Fleischer. Il s’agit d’un dépôt de cuivre, visible à l’œil nu ou à la lampe à fente (appareil d’examen ophtalmologique). Cet anneau est toujours présent dans les formes neurologiques. La maladie de Wilson n’altère pas la vision ;
  • Atteinte du cœur : troubles du rythme possible.
  • Atteinte sanguine : anémie (diminution de globules rouges) possible.
  • Atteinte des os : entraînant des douleurs.
  • Irrégularité des règles chez les patientes.

A savoir ! Le Dr Samuel Alexander Kinnier Wilson est le premier neurologue à avoir décrit la maladie en 1912.

Diagnostic de la maladie de Wilson

Le diagnostic clinique n’est pas toujours aisé à poser en raison des symptômes variés et pouvant mimer d’autres maladies (hépatite virale par exemple).

En cas de suspicion, on procède à divers dosages.

  • Un taux de cuivre urinaire (augmenté dans la maladie de Wilson).
  • Un taux de céruléoplasmine plasmatique (diminué).
  • Un dosage du cuivre dans le foie, suite à une biopsie à l’aiguille (taux élevé).

Une IRM cérébrale peut être prescrite à la recherche d’anomalies due à l’accumulation du cuivre (et d’écarter d’autres maladies comme une tumeur du cerveau).

On peut aussi réaliser une analyse génétique pour mettre la mutation du gène ATP7B en évidence.

Traitement

L’instauration d’un traitement précoce est essentielle pour éviter les séquelles. En tout début de maladie de Wilson, elle permet la régression des symptômes. Le traitement doit être poursuivi toute la vie.

Il repose essentiellement sur des chélateurs du cuivre ; c’est-à-dire des molécules qui vont se lier au métal dans l’organisme et permettre son élimination dans les urines. Il en existe 2 : la D-pénicillamine et la trientine.

  • La D-pénicillamine est le traitement de référence de la maladie de Wilson. Elle favorise l’élimination du cuivre et la détoxification du foie. Elle doit être administrée avant les repas. Elle est malheureusement responsable de nombreux effets secondaires comme des allergies, l’apparition d’un lupus ou encore d’une atteinte rénale ou sanguine.
  • La trientine présente un peu moins d’effets indésirables, mais son efficacité est moindre.

L’observance du traitement (prise régulière des comprimés) doit être absolue. Un arrêt brutal peut entraîner une atteinte hépatique fulgurante ou une aggravation neurologique grave.

Pour les patients ne supportant pas les chélateurs, du zinc peut être prescrit car il diminue l’absorption intestinal du cuivre.

En cas d’atteinte du foie trop importante au moment du diagnostic, une transplantation sera envisagée.

Enfin, un régime visant à restreindre l’apport d’aliments riches en cuivre doit être instauré.

Isabelle V., journaliste scientifique

– La maladie de Wilson – orpha.net – Consulté le 19 octobre 2017.
– Guide de la maladie de Wilson – transhepate.org – Consulté le 19 octobre 2017.