Femme qui souffre d'un problème de santé mentale

Le trouble bipolaire, autrefois appelé maladie maniaco-dépressive, est une maladie psychique chronique caractérisée par un dérèglement de l’humeur. Elle se traduit par une alternance de phases d’excitation et de phases dépressives. Le diagnostic est souvent long, on estime qu’il faut environ 10 ans avant la mise en place d’un traitement adapté. Le diagnostic repose sur l’expertise d’un psychologue. La prise en charge est pluridisciplinaire et nécessite l’instauration d’un traitement permettant de réguler l’humeur.

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Définition et symptômes

Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?

Jeune femme qui tient une feuille devant son visage avec un smiley heureux et tristeLe trouble bipolaire est une pathologie psychiatrique chronique caractérisée par des troubles récurrents de l’humeur. Ce trouble se manifeste souvent précocement, généralement après l’adolescence, entre 15 et 25 ans dans la majorité des cas. A noter qu’il peut cependant survenir chez les personnes de plus de 60 ans. Homme et femme sont concernés de la même manière, bien qu’il débute plus volontiers chez les femmes par un épisode dépressif, et chez les hommes par un épisode maniaque.

À savoir ! Un épisode dépressif après l’accouchement peut annoncer la survenue d’un trouble bipolaire.

L’humeur des patients évolue typiquement en deux phases d’où l’appellation « bipolaire ». Les deux phases, d’excitation ou de dépression, surviennent en alternance. Lors des phases d’excitation, dites maniaque, le patient est très, voire parfois trop actif. Il s’engage, en effet, dans de multiples projets ou réalise de grosses dépenses. A l’inverse, pendant les phases dépressives qui se manifestent après un épisode maniaque, le patient peut éprouver une grande mélancolie et perdre tout désir d’activité. Il peut se replier sur lui-même, jusqu’à développer des idées suicidaires.

À noter ! Entre les épisodes, l’humeur peut être normale. On parle d’intervalle de rémission.

Il existe plusieurs formes de trouble bipolaire. Dans la majorité des cas, la maladie se traduit par la survenue d’un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs avec au moins un épisode hypomaniaque. Le terme hypomaniaque fait référence à des phases d’excitation moins prononcées que lors d’épisodes maniaques. Chez certains patients, le trouble se caractérise par plusieurs épisodes maniaques ou des épisodes mixtes (succession rapide de phases maniaques et dépressives dans une même journée).

L’origine de cette psychose n’est pas connue. On sait, en revanche, qu’il existe chez les patients bipolaires, des troubles biologiques dans le fonctionnement et la communication cellulaire au niveau du cerveau, et que certaines anomalies génétiques semblent favoriser la survenue du trouble bipolaire.

Chez les individus prédisposés, la maladie peut survenir suite à :

  • Un stress (divorce, déménagement, décès, etc.) ;
  • Une consommation d’alcool, de tabac ou de drogues ;
  • Un manque de sommeil ;
  • Certaines pathologies, par exemple l’hyperthyroïdie ;
  • La prise de certains médicaments (corticoïdes, anti-inflammatoires, antidépresseurs, etc.).

À savoir ! Le trouble peut tout aussi bien survenir sans aucun facteur déclenchant particulier.

Quels symptômes ?

  • L’épisode maniaque

Un épisode maniaque est souvent précédé de signes annonciateurs : sensation d’avoir une énergie ou une créativité décuplée, échanges sociaux facilités, sentiment d’euphorie, bien-être. Une irritabilité peut être associée.

Pendant la phase maniaque, le patient présente au moins trois des symptômes suivants :

  • Une augmentation des activités sociales, professionnelles ou sexuelles ;
  • La réalisation d’actes agréables sans se soucier des conséquences (achats inconsidérés par exemple) ;
  • Un sentiment de puissance avec un accroissement de l’estime de soi ;
  • Des troubles de l’attention, le patient a tendance à passer du coq à l’âne ;
  • Un besoin diminué de sommeil, et des insomnies ;
  • Une capacité de communication augmentée avec un discours rapide, difficile à suivre ;
  • Des hallucinations.

Un épisode maniaque dure plus d’une semaine, entre 4 et 8 semaines le plus souvent. Une hospitalisation est généralement nécessaire.

Les épisodes dépressifs peuvent être totalement absents au début de la maladie.

  • L’épisode hypomaniaque

Tout comme l’épisode maniaque, l’épisode hypomaniaque est caractérisé par une augmentation anormale de l’énergie et de l’humeur d’un individu. Cependant, les symptômes sont moins prononcés et moins handicapants pour le patient. Pour parler d’épisode hypomaniaque, les symptômes doivent être présents au moins 4 jours d’affilé. Généralement, l’hospitalisation n’est pas utile.

  • L’épisode dépressif

Un épisode dépressif se traduit pendant au moins 2 semaines par une tristesse et une perte d’intérêt pour les activités habituelles. Le patient peut également souffrir d’insomnie ou d’un besoin excessif de sommeil, une perte d’appétit avec une perte de poids ou au contraire une prise de poids, des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions, une sensation de vivre au ralenti ou à l’inverse avoir du mal à rester en place, une baisse de l’estime de soi.

Ces symptômes peuvent être associés à des idées suicidaires.

Généralement, les épisodes dépressifs durent plus longtemps que les épisodes maniaques. Sans traitement, ils peuvent durer jusqu’à 6 mois.

  • Les autres symptômes

Chez les jeunes patients, les délires peuvent prédominer. Les patients imaginent et interprètent des événements de façon erronée. Une mégalomanie ou un sentiment de persécution peut parfois se développer. Ce type de symptômes peut parfois être source de confusion entre le trouble bipolaire et certaines maladies psychiatriques.

Chez certains patients, les phases maniaques et dépressives peuvent se succéder extrêmement rapidement dans une même journée. Parfois, les deux peuvent même survenir simultanément, ceux sont les épisodes mixtes.

L’évolution d’un trouble bipolaire est très variable d’un individu à un autre. Sans traitement, les symptômes récidivent et finissent par s’accentuer. Avec un traitement adapté, les patients peuvent avoir une humeur stable sans répercussion sur la vie familiale, professionnelle et sociale.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Diagnostic d'un souci mental chez un médecinLe diagnostic d’un trouble bipolaire est établi par un psychiatre, en collaboration avec le reste des professionnels de santé. Il réalise un bilan de santé initial qui a pour but de confirmer le diagnostic de trouble bipolaire en éliminant les pathologies présentant des symptômes similaires, d’évaluer la gravité de la psychose et de définir la stratégie thérapeutique la plus adaptée.

Certains critères sont en faveur d’un trouble bipolaire :

  • Survenue d’une dépression avant l’âge de 25 ans ;
  • Présence d’épisodes dépressifs fréquents (minimum 3 épisodes) ;
  • Survenue d’un seul épisode maniaque ;
  • Antécédents familiaux de troubles bipolaires ;
  • Dépression post-partum ;
  • Dépression mal soignée par des antidépresseurs.

Pour le bilan initial, le médecin examine le patient et l’interroge sur ses symptômes. Il peut réaliser des examens complémentaires, comme des analyses sanguines, un électrocardiogramme et un électroencéphalogramme.

Quel traitement ?

La prise en charge d’un trouble bipolaire est multidisciplinaire. Elle fait intervenir plusieurs professionnels de santé comme le psychiatre, le psychologue, l’infirmier, les aides à domicile, etc. Leur objectif, en complément des médicaments, de permettre d’aider le patient à conserver une vie sociale et professionnelle aussi normale que possible.

Dans la majorité des cas, les médicaments régulateurs de l’humeur sont les traitements les plus courants. Ils servent à atténuer les symptômes et réduire les risques de récidive. L’un des médicaments les plus utilisés parmi les régulateurs de l’humeur est le lithium. D’autres molécules existent : anti-épileptiques, antipsychotiques.

À savoir ! Il faut parfois tester deux ou trois molécules avant de trouver celle qui est la plus efficace.

Pour être efficace, les médicaments régulateurs de l’humeur doivent être pris longtemps, parfois à vie. L’arrêt du traitement doit être réalisé sous surveillance médicale stricte et quand l’humeur du patient est parfaitement stabilisée depuis 2 ans minimum.

Une prise en charge psychologique (psychothérapie) peut être associé au traitement médicamenteux.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Trouble bipolaire. AMELI. Consulté le 25 août 2020.Enregistrer