Le syndrome du canal carpien est une pathologie fréquente affectant le poignet et la main. Favorisée par la répétition de certaines positions ou mouvements, l’affection correspond à la compression de l’un des nerfs du poignet : le nerf médian.

poignet douloureux dû à un syndrome du canal carpien

Qu’est-ce que le syndrome du canal carpien ?

Le syndrome du canal carpien est une pathologie fréquente. En France, on compte chaque année plus de 130 000 individus opérés du canal carpien. Cette affection appartient aux troubles musculo-squelettiques que l’on définit comme des pathologies affectant les muscles, tendons ou nerfs, et aboutissant à des difficultés motrices. Par ailleurs, sous le terme de « syndrome du canal carpien », on regroupe l’ensemble des troubles liés à la compression du nerf médian du poignet.

À savoir ! Le syndrome du canal carpien est l’une des maladies professionnelles les plus répandues dans la majorité des pays d’Europe, aux États-Unis et au Canada.

Le canal carpien est un canal localisé sur la face interne du poignet. Il est bordé en arrière et sur les côtés par les os constituants le poignet. À l’avant, il est limité par le ligament annulaire. Ce canal héberge les tendons des muscles fléchisseurs des doigts et le nerf médian.

Anatomiquement, le nerf médian qui descend le long de l’avant-bras, passe au niveau du poignet avant de se subdiviser en 4 branches, en direction du pouce, de l’index, du majeur et d’une partie de l’annulaire. Le nerf médian assure donc la sensibilité de certains doigts de la main ainsi qu’une partie du bras. Il permet la réalisation des mouvements avec la main et le poignet.

Lorsque le nerf médian est comprimé, l’influx nerveux ne passe que difficilement et les symptômes apparaissent. Le syndrome du canal carpien est plus fréquemment rencontré chez les femmes entre 40 et 50 ans ou entre 60 et 70 ans. Les patients diabétiques sont plus touchés par l’affection : près de 14% d’entre eux, voire 50% en cas de complications neurologiques dues au diabète. La grossesse favorise également l’apparition du syndrome qui régresse après l’accouchement.

Dans la majorité des cas, aucune cause ne peut être identifiée comme à l’origine du syndrome. On parle de syndrome du canal carpien idiopathique.

Dans certains cas, l’affection peut être secondaire à une pathologie. Plusieurs facteurs ont été identifiés comme favorisant la compression du nerf médian :

  • Facteurs hormonaux ou métaboliques (par exemple, la grossesse, la ménopause, l’hypothyroïdie ou le diabète) ;
  • Anomalies anatomiques (par exemple un canal trop étroit ou des anomalies du trajet des vaisseaux, des déformations liées à un traumatisme) ;
  • Certaines pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde, la goutte, etc.

Enfin, certaines postures et divers mouvements peuvent être à l’origine de l’affection :

  • Les mouvements répétitifs de loisir (bricolage, ménage, etc.) ;
  • Les mouvements répétitifs et rapides dans un contexte professionnel dont :
    • Les flexion-extension, les torsions du poignet ;
    • Les mouvements demandant une force importante de la main ;
    • Les situations nécessitant une force statique prolongée, la conduite automobile par exemple ;
    • Les postes exposés aux vibrations ou à un environnement froid.

Symptômes

Les symptômes du syndrome du canal carpien évoluent en même temps que la maladie.

À savoir ! L’atteinte des deux mains est fréquente. Cependant, elle n’est pas forcément simultanée.

Au début de l’affection, la compression du nerf se traduit par des troubles sensitifs au niveau du pouce, de l’index, du majeur et de l’annulaire. Le patient décrit des fourmillements, des picotements, un engourdissement et une sensation de décharge électrique aux extrémités des doigts concernés (ou parfois remontant vers l’avant-bras).

Lorsque la maladie progresse, il apparaît une diminution de la force dans le pouce associée à un lâchage des objets tenus.

Dans 1 cas sur 3, les symptômes de l’affection régressent et disparaissent spontanément.

Les symptômes peuvent aussi récidiver ou toucher la seconde main. On parle dans ce dernier cas, de forme bilatérale du syndrome du canal carpien. 20% des patients opérés pour une première main seraient concernés.

Dans d’autres cas, les symptômes durent et s’aggravent risquant d’endommager le nerf. Des troubles de la sensibilité tactile et une perte de la force musculaire dans le pouce peuvent se manifester. Il est important de consulter rapidement un médecin afin de débuter les traitements. En effet, si le nerf est trop atteint, la récupération peut être très longue et incomplète, même avec un traitement.

Diagnostic

Souvent, un simple examen clinique réalisé par son médecin traitant suffit à diagnostiquer un syndrome du canal carpien. En effet, il permet d’étudier la sensibilité et la motricité des doigts et de la main. Par ailleurs, le médecin va effectuer des tests dits de provocation afin d’approcher au plus près le ressenti du patient. Enfin, il apprécie la sévérité de la maladie.

Lorsque le médecin le juge nécessaire ou avant une intervention chirurgicale, un électroneuromyogramme (ENMG) peut être réalisé. Cet examen permet de mesurer la transmission nerveuse grâce au positionnement de 2 électrodes sur le trajet du nerf. L’ENMG complète et confirme le diagnostic clinique. Il permet en plus d’évaluer la gravité de l’atteinte.

D’autres examens peuvent être utiles :

  • Une radiographie du poignet et de la main pour diagnostiquer une origine osseuse du rétrécissement du canal carpien (lié à l’arthrose par exemple) ;
  • Une échographie pour identifier certaines causes (tendinite, kyste articulaire, etc.) ou l’origine d’une récidive.

Traitement

Un traitement précoce est important pour une bonne récupération et l’absence de séquelle.

Avant toute chose, le traitement du syndrome du canal carpien repose sur la suppression ou la modification des facteurs favorisants qui ont pu être identifiés. Parfois, cette mesure suffit à faire régresser les symptômes.

Lorsqu’aucun signe de gravité n’est présent, un traitement médical, dit « conservateur » est mis en place. Il repose sur le port d’une attelle amovible d’immobilisation du poignet. Le patient doit la porter toutes les nuits pendant 3 mois afin de soulager les symptômes nocturnes. Une infiltration de corticoïdes dans le canal carpien peut soulager le patient, bien que celui-ci ne soit pas immédiat. Des antalgiques tels que le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, par exemple l’ibuprofène) permettent de réduire les douleurs.

En cas d’échec du traitement médical ou lorsqu’il existe des signes de gravité de l’affection, un traitement chirurgical est envisagé. L’intervention consiste à décompresser le nerf médian en sectionnant le ligament annulaire. On distingue deux techniques :

  • La technique à ciel ouvert : le canal est libéré en incisant la paume de la main sur environ 3 centimètres ;
  • La technique endoscopique est plus discrète : une petite incision de près d’un centimètre est réalisée au niveau du pli de flexion du poignet.

Après l’intervention et quelle que soit la technique employée, les soins post-opératoires repose sur des pansements et un traitement antalgique. Les troubles sensitifs et les douleurs s’estompent en quelques semaines. Cependant, la paume de la main reste sensible pendant 3 à 6 mois.

Pour la poursuite ou la reprise des activités, il faut se référer à son médecin ou chirurgien.

En l’absence d’opération, le patient peut reprendre ses activités quotidiennes grâce au port d’une attelle. Les activités physiques ne sont reprises que lorsque les symptômes ont disparu. Un arrêt de travail peut être prescrit. Sa durée dépend de la main atteinte, du degré de sévérité de l’affection, du niveau de sollicitation demandé de la main, des possibilités d’adaptation ou modification du poste de travail, de la nécessité de conduire un véhicule.

En cas d’opération, il est conseillé de maintenir les gestes du quotidien, par exemple manger ou s’habiller, afin de limiter les gonflements et les raideurs. Cependant, la conduite automobile, le port de charges lourdes ou les activités sportives ne peuvent être reprise qu’après le rétablissement du patient.

Charline D., Pharmacien

– Syndrome du canal carpien. Ameli. Le 12 mai 2017.
– Syndrome du canal carpien. IFCM. Consulté le 8 janvier 2018.