Coliques néphrétiques


Rédigé par Charline D. et publié le 2 août 2022

Femme ayant mal au ventre à cause des coliques nephretiques

La colique néphrétique aigüe se définit comme un syndrome douloureux lombo-abdominal résultant de la mise en tension brutale de la voie excrétrice du haut appareil urinaire (uretère) en amont d’une obstruction, quelle qu’en soit la cause. Dans la majorité des cas, cet obstacle est un calcul urinaire.
Le principal symptôme de cette affection est une douleur intense d’apparition brutale.

Coliques néphrétiques, définition et symptômes

La colique néphrétique touche environ 150 000 Français par an et représente 1 à 2% des consultations aux urgences hospitalières. Les hommes sont majoritairement atteints (deux hommes pour une femme).

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La colique néphrétique est déclenchée par un calcul urinaire, ou lithiase (du grec lithos = pierre), secrété par le rein et se coinçant dans l’uretère. L’uretère est le fin conduit qui amène les urines du rein à la vessie lors de leur évacuation. Cela provoque une augmentation brutale de la pression en amont de l’uretère, mais aussi au niveau rénal. Cette dilatation est responsable des fortes douleurs ressenties.

Facteurs prédisposant aux calculs rénaux

Les facteurs prédisposant aux coliques néphrétiques sont ceux de la formation des lithiases urinaires :

  • Apport hydrique insuffisant ;
  • Prédisposition familiale, notamment taux d’acide urique sanguin élevé ;
  • Surconsommation de certains aliments qui aboutit à un type particulier de calcul (viande, sel, chocolat, produits laitiers…) ;
  • Dysfonctionnement des glandes parathyroïdes qui régulent le taux de calcium sanguin ;
  • Infections urinaires ;
  • Certaines malformations anatomiques du rein ou des voies urinaires ;
  • Certains médicaments, et notamment un excès de vitamine D ou l’utilisation d’un antiviral, l’indinavir ;
  • Oobésitéet hypertension artérielle favoriseraient également la survenue de coliques néphrétiques.

À savoir ! Lorsque la colique néphrétique n’est pas due à un calcul, on parle de colique non lithiasique (20 % des cas). L’obstacle se révèle alors être une anomalie de la paroi urétérale (rétrécissement ou tumeur). Le développement anormal d’un organe voisin peut également être responsable d’une compression de l’uretère.

A noter ! La crise de colique néphrétique survient plus volontiers dans certaines situations notamment après un voyage prolongé ou un séjour en pays chaud mais aussi suite à une immobilisation prolongée, une activité sportive associée à une hydratation insuffisante ou encore un travail dans un lieu surchauffé.

Symptômes et durée d’une colique néphrétique

Le symptôme principal de la colique néphrétique est une douleur intense d’apparition brutale. Elle prend naissance au niveau lombaire, du côté du rein touché, et irradie vers le ventre, l’aine et les organes génitaux. Cette douleur apparaît préférentiellement la nuit ou le matin.

Parfois, cette douleur peut être accompagnée de nausées ou vomissements, d’envies fréquentes d’uriner voire de sang dans les urines. Une crise de colique néphrétique peut durer de quelques minutes à plusieurs heures.

Exceptionnellement, la colique néphrétique peut se compliquer en pyélonéphrite (infection du rein). Le patient présente alors de la fièvre. Non traitée, la colique néphrétique peut également évoluer vers l’insuffisance rénale.

Diagnostic et traitement de la colique néphrétique

Le diagnostic est essentiellement clinique (basé sur les symptômes). Cependant le médecin prescrira souvent une analyse d’urine (à la recherche d’une infection) ou une prise de sang pour doser la créatinine sanguine qui renseigne sur une éventuelle souffrance rénale.

Une échographie permet de visualiser et mesurer le calcul et la dilatation de l’uretère et du rein. On peut aussi avoir recours à la radiographie pour mettre en évidence un calcul que l’on sait radio-opaque (c’est-à-dire visible à la radiographie. En fonction de leur nature, ils ne le sont pas tous). En cas de besoin, un scanner peut affiner le diagnostic de la lésion responsable de l’obstruction.

Traitements médicamenteux et techniques pour dissoudre le calcul urinaire

Le premier objectif thérapeutique est de soulager la douleur, le temps que l’obstruction soit levée et que le calcul s’élimine naturellement. En tout premier lieu et en cas de douleur modérée, le paracétamol peut être utilisé.

Le traitement en urgence fait appel à :

  • Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). On utilise habituellement lekétoprofène en intra-veineux pour plus d’efficacité ou le diclofénac en intra-musculaire ;
  • Des antalgiques puissants comme les morphiniques peuvent être administrés, seuls ou associés aux AINS ;
  • Des antispasmodiques, typephloroglucinol, mais leur efficacité est mal établie dans la colique néphrétique.

Attention, il est recommandé de ne pas trop boire, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein malade.

Par ailleurs, il est demandé au patient de conserver ses urines et de les filtrer avec un filtre à café afin de recueillir le calcul expulsé. Son analyse apportera des renseignements précieux à l’équipe médicale.

À savoir ! Les AINS sont contre-indiqués pendant la grossesse. Or la grossesse est une période à risque de présenter des calculs urinaires à cause de l’augmentation physiologique de la teneur en calcium et en sucre dans les urines.

Si la lithiase ne s’élimine pas naturellement, on aura recours à différentes techniques pour la dissoudre :

  • Lalithotritie extracorporelle : envoi d’ultrasons à travers la peau qui vont désintégrer le ou les calculs par un effet d’ondes de choc ;
  • La fragmentation du calcul avec un laser via endoscopie ;
  • Exceptionnellement, la chirurgie.

À savoir ! La séance de lithotritie extracorporelle se déroule en milieu hospitalier sur une journée. Le patient reçoit des calmants contre la douleur, puis le calcul est repéré par rayon X. La tête de traitement est installée au contact de la peau. Les ondes de choc sont ressenties comme des sortes de « claques » ; la douleur est généralement tolérable. Le calcul est fragmenté en 30 à 60 minutes.

Comment prévenir les crises de colique néphrétique ?

Il faut savoir que les coliques néphrétiques ont tendance à récidiver. On estime que la moitié des personnes ayant souffert de cette affection récidive dans les 5 ans. Les mesures préventives sont donc d’importance.

Mesures préventives contre la formation des calculs rénaux

Une des précautions principales est de boire suffisamment, au moins 2 litres par jour. Cela permet de diluer les urines, et, ainsi, de diminuer la concentration en sels minéraux. Il faut privilégier l’eau comme boisson et ne pas oublier de boire avant le coucher. Les eaux minérales très riches en sels minéraux sont à éviter.

La prévention passe également par l’alimentation. Elle dépend du type de calcul dont le patient a souffert.

À savoir ! On distingue différentes lithiases selon leur composition. Le calcium entre dans 90 % des calculs urinaires. Il est souvent associé à d’autres substances comme l’acide urique, l’oxalate, le phosphore, le magnésium ou encore la cystine.

Dans la plupart des cas, on conseille un ajustement du régime alimentaire de manière à éviter les excès de produits laitiers (pas plus de 2 à 3 portions par jour), de sel et de protéines animales (viande, poisson, charcuterie).

En cas de calculs à oxalates, on évitera également le chocolat, la plupart des fruits secs, les asperges, la rhubarbe, l’oseille, les épinards, le thé…

En cas de calculs à acide urique, on limitera la charcuterie, les abats et les fruits de mer.

Publié le 5 septembre 2017 par Isabelle V., Journaliste scientifique Mis à jour le 2 août 2022 par Charline D., Docteur en pharmacie.

Sources
– Coliques néphrétiques. ameli.fr. Consulté le 2 août 2022.
– Coliques néphrétiques (calculs rénaux). lien.source.fr. Consulté le 2 août 2022.