Médicaments antipsychotiques : une différence homme-femme ?

Actualités Psychiatrie

Rédigé par Julie P. et publié le 4 octobre 2017

Les médicaments antipsychotiques agissent-ils de la même manière sur une patiente ou un patient ? D’après une nouvelle étude publiée dans la revue Expert Opinion on Pharmacotherapy, le rapport bénéfices/risques de la consommation de neuroleptiques est influencé par le genre, compte tenu des différences morphologiques et hormonales de l’homme et de la femme.

Différence d'action des médicaments anti-psychotiques entre homme et femmes

Prendre en compte les différences morphologiques

Les médicaments antipsychotiques, anciennement nommés neuroleptiques, sont généralement indiqués pour le contrôle des symptômes de la schizophrénie et du trouble bipolaire. Certains antipsychotiques ont aussi d’autres indications spécifiques pour traiter certains symptômes de l’autisme ou encore pour le traitement de la dépression majeure.

Malgré de nombreuses années de recherche, les données sur les différences liées au genre en ce qui concerne le traitement pharmaceutique de la psychose restent insuffisantes.

En se basant sur l’ensemble des études sur le sujet réalisées depuis la fin des années 1970, les chercheurs de l’Institut de santé mentale de Mannheim, en Allemagne, ont souligné que l’effet antipsychotique est supérieure chez les femmes et que les hommes doivent avoir recours à des doses plus élevées.

Pour les chercheurs, cette différence d’efficacité hommefemme s’explique notamment par le fait que :

  1. Les femmes ont une biodisponibilité plus élevée du médicament ;
  2. Les œstrogènes, l’hormone sexuelle féminine, protègent les différentes régions cérébrales impliquées dans l’humeur, la cognition et le comportement.

Par ailleurs, les auteurs avancent que ces différences sont modulées également en fonction de :

  1. La taille et du poids ;
  2. Du volume sanguin et respiratoire ;
  3. De la fonction cardiaque et de la taille des organes ;
  4. De l’importance de la masse graisseuse.

En effet, plus la masse graisseuse est importante chez la femme, plus le volume de distribution du médicament anti-psychotrope est grand. Dans ce cas, il est alors nécessaire de prescrire une posologie comparable à celle des hommes.

À savoir ! La biodisponibilité d’un médicament correspond à la fois à la quantité de principe actif du médicament qui atteint la circulation générale et à la vitesse à laquelle se produit ce mécanisme.

Lire aussiUne application pour prévenir la psychose

Quelles conséquences pour les femmes ?

En métabolisant différemment ce type de médicament, les femmes présentent davantage d’effets secondaires que les hommes.

Les effets secondaires perturbent notamment l’appareil locomoteur, le système cardiovasculaire, la composition sanguine ou l’équilibre hormonal.

Ainsi, pour prescrire le produit sans risque à la posologie la mieux adaptée, les femmes ont besoin d’examens médicaux concernant leur système cardiovasculaire, leur densité osseuse et leur glycémie. Dans la mesure du possible, les auteurs recommandent de prescrire prudemment des antipsychotiques par une augmentation progressive des doses jusqu’à obtention de l’efficacité optimale.

Hypothétiquement, les auteurs avancent que les œstrogènes pourraient donc s’avérer utiles comme traitement adjuvant aux antipsychotiques.

À savoir ! Un traitement adjuvant est un traitement auxiliaire servant à compléter le traitement principal.

Ils suggèrent qu’il serait nécessaire d’ajuster la posologie au cours du cycle menstruel et privilégier certains antipsychotiques plutôt que d’autres si la patiente est ménopausée, enceinte ou en période d’allaitement.

Un suivi des cycles menstruels pourrait donc être utile aux médecins pour ajuster les traitements antipsychotiques en fonction de la période du cycle avec une augmentation éventuelle en période prémenstruelle, phase pendant laquelle le taux d’œstrogène chute.

En attendant d’autres résultats d’études cliniques, les auteurs préconisent que ces différences entre les 2 sexes soient prises en compte dans le traitement médicamenteux de la psychose.

Lire aussiUne posologie variable selon le sexe !

– Médicaments antipsychotiques : l’efficacité et la tolérance diffèrent en fonction du genre. Site internet Vidal. Claire Lewandowski. Le 12 septembre 2017.
– How gender affects the pharmacotherapeutic approach to treating psychosis – A systematic review. Expert Opinion on Pharmacotherapy. Bettina Lange et al. Le 24 janvier 2017.

  • France D. says:

    Intéressant.
    J’aimerais un article sur la sensibilité des autistes à divers médicaments incluant medocs psy. Avant que j’aie le diag Asperger, j’étais considérée bipolaire et:
    Lamictal= urticaire géant
    Tegretol= agranulocytose
    Merci

    Reply
  • France D. says:

    Intéressant.
    J’aimerais un article sur la sensibilité des autistes à divers médicaments incluant medocs psy. Avant que j’aie le diag Asperger, j’étais considérée bipolaire et:
    Lamictal= urticaire géant
    Tegretol= agranulocytose
    Merci

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  • bonjour,
    l’idee d’une distribution partiale vient de la suède la norvège et l’allemagne. il y a même des hôpitaux dédiés à l’hospitalisation et aux traitements pour femmes. cela fait plus de 10 ans que je lis de la documentation à ce sujet. cela est valable pour toutes les médications. je ne comprends toujours pas pourquoi les médecins ne sont pas informés automatiquement. même ci ceux ci assistent à des congrès ils n’en reviennent pas plus motivés pour revoir leurs copies.
    il ne faut pas s’etonner si la population pratique l’auto médication.
    ceci est une information destinée au personnel médical il me semble
    que fait swissmedic dans cette situation?

    Reply
  • bonjour,
    l’idee d’une distribution partiale vient de la suède la norvège et l’allemagne. il y a même des hôpitaux dédiés à l’hospitalisation et aux traitements pour femmes. cela fait plus de 10 ans que je lis de la documentation à ce sujet. cela est valable pour toutes les médications. je ne comprends toujours pas pourquoi les médecins ne sont pas informés automatiquement. même ci ceux ci assistent à des congrès ils n’en reviennent pas plus motivés pour revoir leurs copies.
    il ne faut pas s’etonner si la population pratique l’auto médication.
    ceci est une information destinée au personnel médical il me semble
    que fait swissmedic dans cette situation?

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,

      Merci pour votre intérêt et le partage de votre expérience sur ce sujet.
      Nous ne savons pas comment SwissMedic agit face à ce problème. Vous pourriez peut être tenté de contacter les services de Swiss Medic pour avoir des renseignements complémentaires ?
      De notre côté, nous continuerons à vous informer sur ce sujet de la différence homme-femme dans la prise en charge psychologique/psychitariques.

      Merci
      Très Bonne Journée

      L’équipe santé sur le et

      Reply
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