Nomophobie : on vous dit tout sur l’addiction au smartphone

Jan 16, 2019 par

Le comité du Dictionnaire en ligne de Cambridge a élu le mot “nomophobie” comme le mot de l’année 2018. Ce terme décrit une nouvelle addiction comportementale impliquant le smartphone. Le nomophobe ressent une phobie, c’est à dire une peur excessive, lorsqu’il est séparé de son téléphone portable ou bien lorsqu’il ne peut avoir accès à son utilisation.

Nomophobie

Les signes de la dépendance au smartphone

L’étymologie du mot nomophobie est, “no mo” (“sans portable” en anglais) et “phobia” pour peur excessive. Il existe depuis 2008 mais n’est pas reconnu scientifiquement. Ce sont des chercheurs de la société d’étude de marché YouGov qui ont inventé ce terme suite à un rapport demandé par les services postaux britanniques.

Progressivement, ce terme est apparu dans la presse britannique.

Les signes de la nomophobie sont multiples :

  • Avoir les yeux rivés sans cesse sur son smartphone (rue, transport, commerces, etc.) ;
  • Se connecter abondamment aux réseaux sociaux et envoyer en permanence des messages (jusqu’à un toutes les deux minutes pour certains !) ;
  • Ecouter sans répit la musique, les vidéos ou jouer aux jeux en ligne ;
  • Appeler son entourage pour des anecdotes ou juste pour le plaisir de parler ;
  • Sentir une panique lorsque son portable n’est plus visible ou si la batterie n’est pas rechargée.

Selon l’étude de la société YouGov, 53% des détenteurs d’un smartphone présentent de l’anxiété quand ils perdent leur objet connecté ou quand celui-ci a un niveau de batterie faible ou capte une couverture réseau trop faible.

Abus du téléphone et conséquences sur la santé

Les répercussions sur la santé sont nombreuses et touchent tout aussi bien le bien-être physique que l’équilibre mental.

Des études scientifiques commencent à mettre en évidence les différentes pathologies que ce comportement excessif de l’utilisation du portable peut entraîner.

Ces troubles ou pathologies sont :

  • Souffrir d’un isolement social ;
  • Souffrir d’un burn-out numérique ;
  • Développer des intolérances aux frustrations de la vie réelle ;
  • Développer une myopie précocement ;
  • Souffrir de migraines ophtalmiques ;
  • Présenter des troubles du sommeil ;
  • Souffrir d’une perte des capacités auditives ;
  • Avoir des troubles musculo-squelettiques (main, pouce, coude, épaules, cervicales) ;
  • Développer potentiellement des pathologies liées aux ondes émises par l’appareil ;
  • Diminution de certaines capacités cognitives comme la mémoire, le langage, l’attention et la concentration.

À savoir ! Le burn-out numérique est un épuisement général qui découle notamment de l’effritement entre la frontière vie réelle et vie numérique. Retrouvée principalement chez les professionnels, l’hyper-connexion avec le travail au-delà des heures de temps de travail crée un épuisement et une souffrance psychique générant des maladies cardio-vasculaires, des maladies psychiatriques et des troubles musculo-squelettiques.

Comment soigner la dépendance au smartphone ?

Tout d’abord, tous les spécialistes de l’enfance préconisent de limiter à deux heures par jour l’utilisation des écrans chez les enfants.

Les spécialistes des addictions préconisent d’identifier ses applications non utiles et de s’imposer des règles d’utilisation. Les adultes dépendants à leur smartphone doivent le fermer 15 minutes par jour pour commencer puis passer à une heure.

Apprendre à ne plus regarder son téléphone en présence d’autres personnes et l’oublier volontairement par moment.

Autre conseil : diversifier les sources de bien-être comme le sport, les sorties en famille et avec les amis et la pratique de la méditation.

Pour les personnes les plus dépendantes à leur smartphone, une consultation chez un psychologue ou un médecin spécialiste de l’addiction sera nécessaire.

Julie P., Journaliste scientifique

– Nomophobie: «On parle d’addiction au smartphone quand il y a une perte de contrôle sur l’objet». 20 minutes. Consulté le 14 janvier 2019.
– La nomophobie : tous addicts aux portables. France Inter. Alexis Le Rossignol. Consulté le 14 janvier 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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