Paracétamol ou ibuprofène, lequel choisir ?

Mar 25, 2021 par

Paracétamol et ibuprofène sont deux médicaments, parmi les plus utilisés en France et dans le monde. Chefs de file des médicaments contre la douleur et la fièvre, dans quels cas faut-il choisir l’un plutôt que l’autre ? Quels sont leurs effets indésirables respectifs ? Lequel administrer à l’enfant ? … Le point avec Santé Sur le Net.

Paracétamol ou ibuprofène comment faire le bon choix d'antidouleur ?

Le paracétamol, chef de file des antalgiques

Le paracétamol est sans conteste le médicament le plus utilisé pour soulager différents types de douleurs et lutter contre la fièvre, chez l’enfant comme chez l’adulte. Il présente de multiples avantages :

  • Une administration possible dès la naissance et jusqu’à la fin de la vie ;
  • De multiples présentations galéniques : des gélules, des comprimés, des solutions buvables ou des poudres pour solution buvable, des suppositoires ou encore des solutions pour perfusion intraveineuse ;
  • Peu d’interactions avec les autres médicaments et peu de contre-indications ;
  • Peu de risque allergique (l’allergie au paracétamol reste rare) ;
  • Peu d’effets secondaires aux doses habituelles (1 g toutes les 6 heures chez l’adulte, 15 mg/kg toutes les 6 heures chez l’enfant).

À savoir ! Pour éviter un surdosage en paracétamol, il faut bien vérifier la composition des médicaments. En effet, le paracétamol est présent de nombreuses spécialités pharmaceutiques, en association avec d’autres principes actifs. Il se retrouve notamment dans des médicaments contre les douleurs modérées à sévères ou dans les médicaments contre le rhume.

En revanche, le paracétamol, même s’il est disponible en pharmacie sans prescription médicale, n’est pas un médicament anodin. Comme tout médicament, il est impératif de respecter la posologie adaptée à l’âge et/ou au poids du patient mais également les intervalles entre les doses. Absorbé en trop grande quantité, le paracétamol est toxique pour le foie, avec un risque réel d’insuffisance hépatique sévère et irréversible.

L’ibuprofène, l’anti-inflammatoire le plus courant

Autre inconvénient du paracétamol pour la prise en charge de certaines douleurs, il ne possède pas de propriétés anti-inflammatoires. Lorsque les douleurs sont d’origine inflammatoire (par exemple des douleurs liées à l’arthrose, aux rhumatismes ou aux menstruations), d’autres médicaments antalgiques apparaissent plus appropriés, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Le plus prescrit et le plus utilisé est l’ibuprofène.

À savoir ! Si le paracétamol et l’ibuprofène occupent une place prépondérante dans le traitement des douleurs et de la fièvre, l’aspirine reste encore largement utilisée par certains patients.

L’ibuprofène est, comme le paracétamol, prescrit chez l’enfant et chez l’adulte, dans le traitement des douleurs et de la fièvre. Mais il est souvent indiqué en seconde intention après le paracétamol, en raison de ses effets indésirables importants :

  • des troubles digestifs parfois graves notamment un risque d’ulcère ou d’hémorragie gastrique ;
  • des réactions allergiques ;
  • une atteinte rénale pouvant aller jusqu’à une insuffisance rénale.

Entre paracétamol et ibuprofène, comment choisir ?

Par ailleurs, l’ibuprofène est contre-indiqué dans plusieurs situations :

  • Une atteinte digestive ou hépatique sévère ;
  • Une insuffisance cardiaque ou rénale ;
  • Des antécédents d’allergie aux AINS ;
  • Au cours de la grossesse ;
  • En cas d’infection virale chez l’enfant (risque de complications potentiellement mortelles).

Et est susceptible d’interagir avec plusieurs types de médicaments.

À savoir ! L’ibuprofène est formellement contre-indiqué à partir du 6ème mois de grossesse et reste fortement déconseillé tout au long de la grossesse, en raison de ses effets tératogènes.

Il est donc essentiel de réserver l’usage de l’ibuprofène :

  • Au traitement des seules douleurs d’origine inflammatoire, qui ne sont pas soulagées efficacement par le paracétamol ;
  • Aux traitements de courte durée et non répétés dans le temps ;
  • Sous contrôle médical, et évitant toute automédication.

À savoir ! Parfois, chez l’enfant ou l’adulte, il est possible d’alterner l’ibuprofène et le paracétamol pour soulager au mieux la douleur et la fièvre, ce qui permet de mieux respecter les intervalles de prise entre les médicaments. Ce type d’alternance nécessite un avis médical.

Entre paracétamol ou ibuprofène, le médecin et le pharmacien sont aux côtés des patients pour les conseiller sur le meilleur choix possible en fonction de chaque situation !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Bien utiliser le paracétamol. vidal.fr. Consulté le 25 mars 2021.
– Bien utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). vidal.fr. Consulté le 25 mars 2021.
– Ibuprofène et paracétamol, promouvoir le bon usage. NCBI. Consulté le 25 mars 2021.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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