Progestatif et méningiome, quel suivi pour les femmes ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 15 janvier 2024

Depuis quelques années maintenant, certains médicaments hormonaux, les progestatifs, sont pointés du doigt. Ils augmenteraient le risque de développer un méningiome, une tumeur des méninges. Ces médicaments sont-ils encore prescrits ? Dans quels contextes et avec quelles précautions ? Quel est le suivi des femmes ? L’ANSM a fait le point sur la situation et les recommandations en décembre 2023. Détails.

progestatif meningiome

Qu’est-ce qu’un méningiome ?

Des études épidémiologiques et de pharmacovigilance ont permis de révéler un risque de méningiome consécutif à l’utilisation de certains médicaments progestatifs, c’est-à-dire contenant des dérivés de progestérone. Un méningiome correspond à une tumeur des méninges, les enveloppes qui entourent et protègent le cerveau. Le méningiome est généralement une tumeur bénigne, qui évolue lentement. Néanmoins, au cours de son évolution, il peut exercer des effets délétères sur le cerveau ou le cervelet, provoquant différents symptômes :

  • Des maux de tête ;
  • Des convulsions, voire des crises d’épilepsie ;
  • Des troubles neurologiques ;
  • Des troubles de la conscience.

En fonction du stade et du volume de la tumeur, une simple surveillance peut être suffisante. En revanche, si le méningiome devient volumineux et provoque des symptômes, un traitement chirurgical pour extraire la tumeur peut devenir nécessaire.

Tous les progestatifs sont-ils concernés ?

Les progestatifs désignent des dérivés naturels ou synthétiques de la progestérone, qui exercent une activité biologique proche de la progestérone sur l’organisme. Ils sont notamment utilisés dans le cadre de la contraception féminine, de la ménopause ou dans le traitement de l’endométriose et des troubles du cycle menstruel.

Mais tous les progestatifs ne sont pas impliqués à l’identique dans le risque de méningiome. Le risque est avéré pour les progestatifs suivants :

  • La médrogestone ;
  • L’acétate de chlormadinone ;
  • L’acétate de médroxyprogestérone ;
  • L’acétate de nomégestrol ;
  • La cyprotérone ;
  • La promégestone.

En revanche, d’autres progestatifs ne sont pas associés à un risque de méningiome :

  • La progestérone ;
  • La dydrogestérone ;
  • Les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel.

Enfin, pour d’autres progestatifs, le risque n’a pas pu être évalué à ce jour et des études complémentaires sont nécessaires :

  • Le diénogest ;
  • La drospirénone ;
  • Le désogestrel.

Comme le risque est inconnu, ces progestatifs sont soumis aux mêmes mesures de précaution que les progestatifs reconnus comme associés à un surrisque de méningiome.

Quelles sont les mesures pour réduire le risque de méningiome ?

Parmi les progestatifs induisant un surrisque de méningiome, la promégestone a été retirée du marché en 2020. Un suivi spécifique des femmes ayant été traitées avec ce médicament a été mis en place par les autorités de santé. Pour les autres progestatifs impliqués et qui restent disponibles actuellement, des mesures de réduction des risques ont été instaurées :

  • Restriction des conditions d’utilisation : ils ne doivent être utilisés que dans certaines indications ;
  • Contre-indications à ces traitements en cas d’antécédents de méningiome ou de méningiome existant ;
  • Recherche systématique d’alternatives thérapeutiques sans risque de méningiome ;
  • Prescription à la dose efficace la plus faible possible et sur une durée la plus courte possible ;
  • Réévaluation annuelle de l’intérêt du traitement ;
  • Information annuelle de la patiente sur les risques liés au traitement.

Pendant le traitement et après l’arrêt du traitement, un suivi des femmes par imagerie est recommandée. Une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) doit être effectuée, quel que soit l’âge de la patiente, devant tout signe évocateur d’un méningiome, mais aussi après un traitement de plus d’un an.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Progestatifs et risque de méningiome : recommandations pour limiter ce risque. ansm.sante.fr. Consulté le 2 janvier 2024.
– Le traitement de l’endométriose. www.ameli.fr. Consulté le 2 janviers 2024.
– Méningiome (tumeur des méninges).www.chu-lyon.fr. Consulté le 2 janvier 2024.
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