Place des dérivés de progestérone dans le traitement de l’endométriose

12 mars 2021 par

La Journée Mondiale de l’endométriose aura lieu le 28 mars prochain, l’occasion pour Santé Sur le Net de faire le point sur les traitements médicamenteux et non médicamenteux de l’endométriose, cette maladie gynécologique qui touche entre un et trois millions de Françaises.

Traitement endométriose - douleur

Traitement de l’endométriose : traitements hormonaux

L’endométriose est une maladie gynécologique. Comme beaucoup de maladies gynécologiques, elle est sous la dépendance des hormones féminines. Les traitements médicamenteux de la maladie consistent donc principalement à empêcher la survenue des règles.

Les traitements hormonaux actuellement utilisés sont :

  • Une contraception oestro-progestative prise en continu pour supprimer les menstruations ;
  • Un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel ;
  • Une contraception orale à base de progestatifs (dérivés de la progestérone) ;
  • Un implant à l’étonogestrel ;
  • Des analogues de la gonadolibérine, afin de bloquer la synthèse d’œstrogènes par les ovaires et donc les cycles menstruels.

De nouvelles recommandations pour l’acétate de chlormadinone

En janvier 2021, l’ANSM a formulé de nouvelles recommandations sur l’utilisation d’un progestatif, l’acétate de chlormadinone, dans la prise en charge de l’endométriose. En effet, des études de pharmacovigilance menées depuis quelques années ont révélé des effets indésirables graves de ce médicament. Il peut notamment entraîner le développement de méningiomes, en cas de traitement sur une durée de plus de 6 mois.

À savoir ! Un méningiome est une tumeur cérébrale, qui se développe à partir des méninges, les membranes qui enveloppe le cerveau et la moelle épinière.

Les données épidémiologiques ont établi un risque multiplié par 7 après trois années et demi de traitement par l’acétate de chlormadinone. Un autre dérivé de la progestérone, l’acétate de nomégestrol, provoque une multiplication du risque par 12,5 après cinq années de traitement. À la suite de ces données, l’ANSM recommande de ne plus prescrire l’acétate de nomégestrol dans l’endométriose. Pour l’acétate de chlormadinone, le traitement doit être le plus court possible et réévalué de manière systématique chaque année par un médecin spécialiste.

Médecines alternatives et alimentation pour améliorer le quotidien

Parallèlement à ces traitements hormonaux, la prise en charge de l’endométriose s’appuie sur le recours à la chirurgie en cas de lésions importantes, mais aussi sur des médecines complémentaires. Plusieurs médecines douces peuvent contribuer à améliorer le quotidien des patientes atteintes d’endométriose, notamment :

De même, certaines femmes ressentent une amélioration de leurs douleurs et de leur santé, lorsqu’elles changent certaines habitudes alimentaires. Pourtant, aucune étude n’a pu mesurer un effet significatif d’un régime alimentaire particulier sur l’endométriose.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Vivre avec l’endométriose. Endofrance. Consulté le 10 mars 2021.
– Recommandations d’utilisation de Lutényl/Lutéran. ANSM. Janvier 2021.
– Le traitement de l’endométriose. AMELI Santé. 6 novembre 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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