Où en est la recherche sur le lien entre fertilité féminine et vitamine D ?

Dec 11, 2017 par

Quel rôle joue la vitamine D dans la fertilité féminine ? Même si l’implication de ce nutriment essentiel est bien démontrée dans la reproduction animale, son rôle dans cette fonction chez la femme demeure encore un sujet controversé. Zoom sur les derniers travaux de Recherche traitant des liens éventuels entre vitamine D et fertilité féminine.

Vitamine D - Infertilité

Quelques données sur la vitamine D

La vitamine D appartient aux vitamines liposolubles, c’est-à-dire qui peuvent se dissoudre dans les graisses comme les vitamines A, E et K. Grâce à ces propriétés chimiques, ces vitamines sont notamment stockées dans les tissus adipeux ou le foie.

La peau peut synthétiser la vitamine D à partir du cholestérol sous l’influence du rayonnement UV-B.

Cette synthèse cutanée représente la principale source d’apport de cette vitamine comparativement à l’apport alimentaire (poissons gras, œuf, beurre, fromage).

La vitamine D est impliquée dans le métabolisme phosphocalcique c’est-à-dire la capacité d’absorption par l’organisme de phosphore et de calcium. D’où son effet protecteur sur les tissus osseux

Chez la femme, le récepteur cellulaire qui capte la vitamine D est présent au niveau de certaines zones cérébrales, de l’endomètre et des ovaires.

À savoir ! L’endomètre est le tissu interne qui recouvre l’utérus. Il modifie sa configuration au cours du cycle menstruel sous l’action des hormones. Au début de chaque cycle menstruel, il s’épaissit et se vascularise pour pouvoir hypothétiquement recevoir un embryon. Si au terme du cycle menstruel de 28 jours, aucun embryon ne s’est implanté, alors une grande partie de ce tissu très vascularisé se desquame, constituant ainsi les règles ou menstruations.

Les observations, in vitro, montrent notamment que la vitamine D simule la synthèse des hormones féminines (progestérone et l’oestradiol) impliquées dans la reproduction.

Par ailleurs, la vitamine D constitue un facteur d’activation de l’implantation de l’œuf en régulant l’expression de certains gènes présents au niveau de l’endomètre.

Femmes infertiles et profil en vitamine D

En France, selon l’Étude nationale nutrition santé 2006-2007, une femme sur 2 présentait une carence en vitamine D.

Une question vient donc spontanément à l’esprit : les femmes souffrant d’infertilité ont-elles une carence en vitamine D plus importante que celles n’ayant pas de difficultés à concevoir un enfant ?

Aujourd’hui, les études épidémiologiques internationales montrent que le déficit en vitamine D n’est pas plus important chez les femmes infertiles que chez les autres.

Du côté de l’endométriose, les données sont assez contradictoires. Certaines études mettent en évidence des concentrations en vitamine D au-dessus de la normale chez certaines patientes alors que d’autres ne relèvent pas de différences notables comparativement aux femmes ne souffrant pas de cette maladie gynécologique.

Réussite de FIV : l’implication de la vitamine D non élucidée

L’ensemble des études réalisées jusqu’à présent sur le sujet restent, malheureusement, très contradictoires et il est difficile de bien comprendre l’implication de la vitamine D dans le bon déroulement de toutes les étapes d’une Fécondation-In-Vitro (FIV) et de la grossesse consécutive qui va se mettre en place.

Une analyse récente de 5 études ayant eu pour objet l’analyse de ce lien entre FIV et vitamine D ne permet pas de montrer une corrélation significative entre une carence de la vitamine et un faible taux des grossesses réussies par FIV.

Cependant, d’après 3 de ces études, la carence de ce nutriment essentiel lors de FIV est associée à un taux de naissances vivantes plus bas.

Le rôle bénéfique d’une supplémentation en vitamine D sur l’implantation de l’embryon par FIV est -il démontré ?

À ce jour, une seule étude portant sur 114 patientes carencées en vitamine D et suivies en fécondation in-vitro avec micro-injection permet de répondre à cette question.

À savoir ! La fécondation in-vitro avec micro-injection (ICSI en anglais pour IntraCytoplasmic Sperm Injection) a été mise au point en 1992. Cette technique visant à contourner certains problèmes d’infertilité consiste à injecter, en laboratoire et sous microscope, un spermatozoïde unique dans un ovocyte mature. A contrario, dans la fécondation in-vitro conventionnelle, le biologiste met en contact les spermatozoïdes les plus aptes à féconder avec l’ovocyte mature dans un milieu de culture proche des conditions naturelles à 37°C. Ici, la fécondation se fait donc naturellement. Aujourd’hui, la fécondation in-vitro avec ICSI représente plus de 60 % des FIV.

Après avoir divisé les patientes en 2 groupes : l’un recevant de la vitamine D et le deuxième ne recevant aucune supplémentation, les chercheurs n’ont observé aucune différence dans le déroulement des grossesses dans les 2 groupes de femmes.

En l’état actuel de ces connaissances, les preuves pour statuer sur le rôle de la vitamine D sur la fertilité féminine manquent encore de clarté et des recherches complémentaires sont encore nécessaires.

Lors de la prise en charge de l’infertilité féminine, il est envisageable d’effectuer un dosage en vitamine D, et éventuellement une supplémentation, en cas de risque de déficit accru (obésité, exposition peu fréquente au soleil, etc…).

Julie P., Journaliste scientifique

– Impact du statut en vitamine D sur la fertilité féminine. JIM. S. Dubourdieu. Le 20 novembre 2017.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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