Dénutrition des seniors

30 juin 2020 par

Dame qui vient aider une sénior chez elle

En France, plus de 2 millions de personnes âgées souffrent de dénutrition, particulièrement les personnes âgées qui représentent 60% des cas en établissement de santé. En effet, selon l’Insee, près d’un senior sur cinq est concerné. Toute perte de poids involontaire chez une personne âgée doit conduire à une consultation avec le médecin généraliste. Selon la sévérité de la dénutrition, le médecin dispose de plusieurs options : augmentation des apports énergétiques (repas plus riches et plus fréquents, compléments nutritionnels oraux), nutrition entérale ou parentérale. Pour traiter la dénutrition des seniors, la prise orale sera toujours privilégiée dans un premier temps.

Définition et symptômes de la dénutrition des seniors

Qu’est-ce que la dénutrition ?

Couple de seniors qui prennent des mesures au niveau de leur ventreLa dénutrition est définie par l’HAS comme «  un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme entraînant des pertes tissulaires, notamment musculaires, qui ont des conséquences fonctionnelles délétères ». Cet état nutritionnel est caractérisé par un manque d’énergie et une carence en protéines et en nutriments. Plusieurs risques peuvent en découler : faiblesse musculaire, infections, rétablissement retardé, voire même décès.

Chez la personne âgée, la dénutrition correspond à une diminution de ses apports alimentaires pouvant provoquer diverses carences et un affaiblissement de la santé. Un état de dénutrition peut s’instaurer progressivement ou rapidement.

Les recommandations officielles évaluent les apports nutritionnels des seniors aux alentours de 35kcal/kg/jour, soit 1 800 kcal dont 1g/kg/jour de protéines.

Plusieurs comportements peuvent alerter les proches et l’équipe soignante :

  • La perte d’appétit, c’est-à-dire lorsque le patient ne finit pas son repas ou en saute ;
  • La perte de poids involontaire ;
  • Le repli sur soi.

La situation sociale, psychique ou pathologique d’un senior peut entraîner ou aggraver une dénutrition. Ainsi, plusieurs situations peuvent être à risque chez une personne âgée :

  • Un événement psycho-sociale, par exemple un deuil, une maltraitance ou des difficultés financières ;
  • Un événement pathologique comme des douleurs, une intervention chirurgicale, une fracture, etc. ;
  • Des affections bucco-dentaires (mauvaise hygiène bucco-dentaire, appareillage mal adapté) ;
  • Des atteintes psychiques et neurologiques, par exemple la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson, certains troubles du comportement ou la dépression ;
  • Une dépendance dans les actes quotidiens comme l’alimentation ou la mobilité ;
  • Un régime (amaigrissant, sans sel, etc.) ;
  • La prise de médicaments, par exemple certains traitements peuvent engendrer une somnolence, des troubles digestifs ou une sécheresse buccale.

Quels symptômes ?

femme âgée fatiguéeL’un des principaux signales d’alarme de la dénutrition est la perte de poids :

  • Plus de 3 kg en 1 mois ;
  • Plus de 6 kg en 6 mois.

Les autres symptômes sont divers et peuvent se traduire par de la fatigue, une apathie, un visage creusé, des cheveux ternes, une peau sèche, une poignée de main molle, une baisse d’interactions sociales, une perte d’intérêt pour des loisirs, etc.

En effet, il n’est pas indispensable d’être médecin ou soignant pour détecter les signes de dénutrition. Ils sont facilement identifiables par :

  • Le port de vêtements trop amples ;
  • L’observation des habitudes alimentaires et de l’appétit ;
  • La perte de masse musculaire (marche lente, diminution du volume des cuisses, etc.) ;
  • La mesure du poids tous les mois : la dénutrition est avérée si la perte de poids dépasse 5% en 1 mois.

Les conséquences de la dénutrition chez la personne âgée peuvent être dramatiques. Les personnes affaiblies peuvent contracter toutes sortes d’infections ou pathologies. Il est donc primordial de détecter rapidement les premiers signes de cet état nutritionnel.

Diagnostic et traitement de la dénutrition des seniors

Quel diagnostic ?

Nutritionniste au téléphoneLa perte de poids est le symptôme qui doit alerter, professionnel de santé ou non. En effet, une perte de poids involontaire de plus de 5% en 1 mois doit conduire à une consultation, ou à minima à des mesures correctives.

Le médecin peut diriger le patient vers une diététicienne en complément de sa prise en charge.

Quel traitement ?

Plus la prise en charge sera précoce, plus elle sera efficace. Elle va dépendre de plusieurs paramètres tels que le statut nutritionnel de la personne, les pathologies et handicaps associés et l’avis du malade et de sa famille.

Trois types de thérapeutique peuvent être envisagés :

  • L’alimentation par voie orale en première intention. Elle se décompose en divers conseils nutritionnels, un enrichissement de l’alimentation associé ou non à des compléments nutritionnels oraux (mélanges nutritifs complets) et une aide humaine ou technique à la prise alimentaire.
  • La nutrition entérale est quant à elle envisagée en deuxième option lorsque la nutrition orale n’est pas possible ou insuffisante. Elle nécessite une hospitalisation de quelques jours afin de procéder à la mise en place d’une sonde (prescrite pour 14 jours) et de l’éducation thérapeutique du patient et de son entourage. Lors du retour à domicile, un prestataire de service spécialisé ou encore une infirmière à domicile prennent le relais pour les soins.
  • La nutrition parentérale, nutrition artificielle par voie intraveineuse, est indiquée uniquement en cas de situations particulières comme les occlusions intestinales (interruption partielle voire totale du transit), l’échec de la nutrition entérale ou en cas de malabsorptions sévères.

Il existe plusieurs stades de dénutrition. Le médecin adapte sa prise en charge en fonction de la sévérité de celle-ci.

On parle de dénutrition modérée lorsque le patient peut encore s’alimenter. Une augmentation des apports énergétiques, associée ou non à une prescription de compléments nutritionnels oraux, est suffisante.

On parle de dénutrition sévère lorsque le patient ne s’alimente plus seul. Dans ce cas, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels oraux, et éventuellement une nutrition entérale.

Dénutrition des seniors et Prévention

Pour prévenir la dénutrition, il est important de s’alimenter correctement, et de prendre du plaisir à manger. Tout d’abord, il faut savoir que les personnes âgées ont des besoins alimentaires plus importants que le reste de la population. Effectivement, contrairement aux idées reçues, les besoins alimentaires ne diminuent pas avec l’âge. Ainsi, après 70 ans, il est conseillé d’éviter les jeûnes en mangeant trois repas par jour et si possible deux collations.

Quelques conseils pour une bonne alimentation :

  • Consommer en priorité des aliments riches en protéines tels que la viande, le poisson ou les œufs, à raison d’une fois par jour ;
  • Augmenter le nombre de collation par jour ;
  • Boire beaucoup d’eau, de l’ordre de 8 à 10 verres, dans la journée ;
  • Lutter contre l’ostéoporose en consommant des produits laitiers ;
  • Ne pas oublier les vitamines !

À noter ! Il est important de maintenir une activité physique (jardinage, marche, etc.) d’au moins 30 minutes par jour, consécutives ou non, afin de conserver une masse musculaire suffisante. La pratique d’une activité physique permet également d’éviter les situations d’isolement, voire de dépression.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Dénutrition : un vrai risque chez nos seniors. Causes et symptômes… lamutuellegenerale.fr.
– Dénutrition des personnes âgées, comment lutter ? institut.amelis-services.com.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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