Dame qui vient aider une sénior chez elle

En France, plus de 2 millions de personnes âgées souffrent de dénutrition, particulièrement les personnes âgées qui représentent 60% des cas en établissement de santé. En effet, selon l’Insee, près d’un senior sur cinq est concerné. Toute perte de poids involontaire chez une personne âgée doit conduire à une consultation avec le médecin généraliste. Selon la sévérité de la dénutrition, le médecin dispose de plusieurs options : augmentation des apports énergétiques (repas plus riches et plus fréquents, compléments nutritionnels oraux), nutrition entérale ou parentérale. La prise orale sera toujours privilégiée dans un premier temps.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que la dénutrition ?

Couple de seniors qui prennent des mesures au niveau de leur ventreLa dénutrition est définie par l’HAS comme «  un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme entraînant des pertes tissulaires, notamment musculaires, qui ont des conséquences fonctionnelles délétères ». Cet état nutritionnel est caractérisé par un manque d’énergie et une carence en protéines et en nutriments. Plusieurs risques peuvent en découler : faiblesse musculaire, infections, rétablissement retardé, voire même décès.

Chez la personne âgée, la dénutrition correspond à une diminution de ses apports alimentaires pouvant provoquer diverses carences et un affaiblissement de la santé. Un état de dénutrition peut s’instaurer progressivement ou rapidement.

Les recommandations officielles évaluent les apports nutritionnels des seniors aux alentours de 35kcal/kg/jour, soit 1 800 kcal dont 1g/kg/jour de protéines.

Plusieurs comportements peuvent alerter les proches et l’équipe soignante :

  • La perte d’appétit, c’est-à-dire lorsque le patient ne finit pas son repas ou en saute ;
  • La perte de poids involontaire ;
  • Le repli sur soi.

La situation sociale, psychique ou pathologique d’un senior peut entraîner ou aggraver une dénutrition. Ainsi, plusieurs situations peuvent être à risque chez une personne âgée :

  • Un événement psycho-sociale, par exemple un deuil, une maltraitance ou des difficultés financières ;
  • Un événement pathologique comme des douleurs, une intervention chirurgicale, une fracture, etc. ;
  • Des affections bucco-dentaires (mauvaise hygiène bucco-dentaire, appareillage mal adapté) ;
  • Des atteintes psychiques et neurologiques, par exemple la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson, certains troubles du comportement ou la dépression ;
  • Une dépendance dans les actes quotidiens comme l’alimentation ou la mobilité ;
  • Un régime (amaigrissant, sans sel, etc.) ;
  • La prise de médicaments, par exemple certains traitements peuvent engendrer une somnolence, des troubles digestifs ou une sécheresse buccale.

Quels symptômes ?

femme âgée fatiguéeL’un des principaux signales d’alarme de la dénutrition est la perte de poids :

  • Plus de 3 kg en 1 mois ;
  • Plus de 6 kg en 6 mois.

Les autres symptômes sont divers et peuvent se traduire par de la fatigue, une apathie, un visage creusé, des cheveux ternes, une peau sèche, une poignée de main molle, une baisse d’interactions sociales, une perte d’intérêt pour des loisirs, etc.

En effet, il n’est pas indispensable d’être médecin ou soignant pour détecter les signes de dénutrition. Ils sont facilement identifiables par :

  • Le port de vêtements trop amples ;
  • L’observation des habitudes alimentaires et de l’appétit ;
  • La perte de masse musculaire (marche lente, diminution du volume des cuisses, etc.) ;
  • La mesure du poids tous les mois : la dénutrition est avérée si la perte de poids dépasse 5% en 1 mois.

Les conséquences de la dénutrition chez la personne âgée peuvent être dramatiques. Les personnes affaiblies peuvent contracter toutes sortes d’infections ou pathologies. Il est donc primordial de détecter rapidement les premiers signes de cet état nutritionnel.