Travail de nuit : prévenir ses effets néfastes sur notre santé

Oct 11, 2019 par

Transport, santé, industrie, commerce… Tous les secteurs professionnels ont besoin de personnel travaillant la nuit. Cependant, le travail nocturne peut avoir des conséquences néfastes sur la santé physique et mentale. Quelques précautions sont à prendre pour prévenir les effets néfastes du travail de nuit.

Médecin femme afro-américaine avec maux de tête travaillant la nuit sur son ordinateur portable

Travail nocturne : quelles conséquences sur notre santé ?

Le travail de nuit concerne tout travail effectué entre 21 h et 7 h. En France, en 2012, 15,4 % des travailleurs sont des travailleurs de nuit. Ils n’étaient que 5% en 2003. Le travail de nuit concerne 20% des hommes et 8% des femmes.

Cette mise en activité de notre organisme pendant la nuit, nécessite d’être exposé à la lumière artificielle. Cette exposition perturbe notre rythme circadien, c’est-à-dire notre l’horloge interne biologique.

À savoir ! Notre organisme est physiologiquement conçu pour vivre le jour et dormir la nuit car l’homme est un être vivant diurne. Ainsi, notre horloge biologique interne qui se situe dans le cerveau est responsable d’une activité fonctionnant par cycles qui rythme une journée de 24 h. On parle de rythme circadien. La synchronisation ou la désynchronisation de cette horloge biologique interne est fortement influencée par la lumière.

Au fil du temps, comme le cycle normal lumière-obscurité n’est plus respecté, nos horloges biologiques internes qui contrôlent, par exemple, le sommeil, la digestion ou la sécrétion de certaines hormones se désynchronisent.

L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) distingue trois types d’effets du travail nocturne sur la santé : les effets avérés, les effets probables et les effets possibles. Les effets bien documentés sont les troubles du sommeil (durée et qualité du sommeil), la somnolence et le syndrome métabolique.

À savoir ! Le syndrome métabolique n’est pas une maladie au sens propre, mais correspond à l’association, chez une même personne, de plusieurs troubles métaboliques, dont un excès de poids, des troubles du métabolisme lipidique (excès de cholestérol), des troubles glucidiques, et de troubles cardiovasculaires (hypertension artérielle…).

Il est probable que le travail nocturne entraîne une baisse des capacités cognitives (concentration et mémoire), de l’anxiété, une dépression, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires voire un risque de survenue de certains cancers (comme le cancer du sein chez la femme).

Prévenir les troubles sanitaires liés au travail de nuit

Certains aménagements du temps de travail et comportements permettent de prévenir les effets du travail de nuit sur la santé.

Selon l’INRS : “l’objectif est d’agir à trois niveaux ; réduire la désynchronisation circadienne et la dette de sommeil en agissant sur l’organisation du système horaire, agir sur les conditions de travail et le contenu du travail et enfin, maitriser la durée d’exposition des travailleurs en agissant sur les parcours professionnels et la gestion des ressources humaines“.

Au-delà de la mise en place d’une organisation flexible du travail de nuit, l’INRS conseille de :

  • Privilégier sur les postes de nuit les salariés qui sont volontaires ;
  • Prévoir des temps de pause pour permettre une micro-sieste nocturne (15 à 20 minutes) dans des pièces dédiées ;
  • Planifier en début de poste les tâches nécessitant le plus de concentration et d’attention ;
  • Agir sur l’intensité lumineuse des locaux avec une intensité lumineuse qui décroit en fonction du temps ;
  • Sensibiliser les travailleurs aux risques sur la santé et les encourager à adopter une bonne hygiène de vie : alimentation, durée de sommeil supérieure à 7h et horaires de couchers et levers réguliers ou réaliser une sieste courte de 30 minutes avant la prise de poste, pratiquer d’une activité physique.

Enfin, il est bon de rappeler que les travailleurs de nuit bénéficient d’un suivi médical spécifique par les services de santé au travail.

Julie P., Journaliste scientifique

– Le travail de nuit et le travail posté. Quels effets ? Quelle prévention ? INRS. Consulté le 7 octobre 2019.
– Horaires atypiques. Journée Technique de l’INRS. INRS. Consulté le 7 octobre 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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