Variole du singe, du nouveau sur le tableau clinique

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Rédigé par Estelle B. et publié le 19 août 2022

Depuis mai 2022, les cas non importés de variole du singe (MonkeyPox) se multiplient dans les pays européens. En France, à la date du 11 août 2022, 2 673 cas de variole du singe avaient été recensés. La grande majorité des cas était des hommes adultes. Face à cette évolution, les scientifiques multiplient les investigations pour mieux connaître cette maladie. Récemment, trois études ont permis de préciser le tableau clinique de la variole du singe.

virus variole du singe

Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes fortement touchés par la variole du singe

L’une des trois études, parue dans la revue scientifique The New England Journal of Medicine, s’est penchée sur 528 patients atteints de la variole du singe, entre fin avril et fin juin 2022, dans 16 pays. La quasi-totalité des cas (98 %) concernaient des sujets homosexuels ou bisexuels et 41 % d’entre eux étaient infectés par le VIH. De plus, le mode de transmission était dans 95 % des cas par voie sexuelle. Les symptômes retrouvés étaient :

  • Une éruption cutanée (95 % des cas) ;
  • Des lésions au niveau de la région ano-génitale (73 % des cas) ;
  • Des lésions au niveau des muqueuses (41 % des cas) ;
  • Des signes généraux ayant précédé les signes cutanés :
    • De la fièvre (62 % des cas) ;
    • Une fatigue (41 % des cas) ;
    • Des douleurs musculaires (31 % des cas) ;
    • Des maux de tête (27 % des cas) ;
    • Un gonflement des ganglions lymphatiques (56 % des cas).

Dans près d’un tiers des cas, une infection sexuellement transmissible était retrouvée lors du diagnostic. Par ailleurs, le délai d’incubation moyen était de 7 jours, avec de fortes variations selon les patients (de 3 à 20 jours). Sur l’ensemble des patients, 13 % ont du être hospitalisés pour des complications, mais aucun décès n’a été recensé.

Tout d’abord des signes généraux d’infection…

Une autre étude, publiée dans la revue scientifique The British Medical Journal, avait pour but de mieux décrire les symptômes des cas non importés survenant au Royaume-Uni. Pour cela, les chercheurs ont recruté 197 patients, diagnostiqués pour une variole du singe. Tous les patients, d’âge moyen 38 ans, étaient des hommes, et tous sauf un étaient homosexuels ou bisexuels. Tous ont présenté des lésions cutanées et/ou muqueuses, le plus souvent au niveau de la région génitale (56 % des cas) ou périanale (42 % des cas).

Par ailleurs, plus de 85 % des patients ont également décrit des symptômes généraux : de la fièvre (62 % des cas), un gonflement des ganglions lymphatiques (58 % des cas) et des douleurs musculaires (32 % des cas). Ces symptômes sont le plus souvent apparus avant l’éruption cutanée. Au moment du diagnostic, 36 % des patients présentaient une infection au VIH, et 32 % présentaient une autre infection sexuellement transmissible. De plus, un patient sur dix a été hospitalisé pour des complications dermatologiques ou des douleurs.

… avant l’atteinte de la peau et des muqueuses

La troisième étude, publiée dans The Lancet Infectious Diseases, concerne également des patients britanniques, diagnostiqués pour une variole du singe au mois de mai 2022. La totalité des 54 patients de l’étude étaient des hommes, ayant des relations sexuelles avec des hommes. Un quart d’entre eux présentaient par ailleurs une infection au VIH. De plus, tous les patients ont présenté des lésions cutanées, 94 % d’entre eux au niveau de la région ano-génitale. Parmi ces patients, 82 % ont rapporté des signes généraux (fièvre, fatigue). Moins de 10 % des patients ont nécessité une hospitalisation pour soulager les douleurs ou suite à une surinfection des lésions cutanées.

A partir de ces trois études, les chercheurs peuvent préciser le tableau clinique des cas non importés de variole du singe observés depuis plusieurs mois en Europe. En conclusion, il s’agit d’une maladie qui touche très majoritairement certaines catégories spécifiques de population (les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) et qui se développe en deux phases successives :

  • Des signes généraux d’infection ;
  • Des atteintes cutanées et muqueuses, en particulier au niveau de la région ano-génitale.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Demographic and clinical characteristics of confirmed human monkeypox virus cases in individuals attending a sexual health centre in London, UK: an observational analysis. thelancet.com. Consulté le 19 août 2022.
– Clinical features and novel presentations of human monkeypox in a central London centre during the 2022 outbreak: descriptive case series. bmj.com. Consulté le 19 août 2022.
– Monkeypox Virus Infection in Humans across 16 Countries — April–June 2022. nejm.org. Consulté le 19 août 2022.

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