Allaitement dans le monde : investir plus pour protéger davantage les nourrissons

Sep 6, 2017 par

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’allaitement maternel contribue à améliorer la nutrition, prévenir la mortalité infantile, réduire le risque de maladies non transmissibles et favoriser le développement cognitif de l’enfant. Un examen des pratiques d’allaitement dans 194 pays, présenté dans un nouveau rapport de l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, et de l’OMS, révèle que seulement 4 enfants sur 10 sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie. Quelles sont les solutions préconisées par l’OMS pour corriger cette tendance et favoriser davantage l’allaitement ?

Allaitement maternel monde

Les avantages de l’allaitement pendant les 6 premiers mois

Différentes études ont prouvé que l’allaitement maternel exclusif, pendant les six premiers mois, présente de nombreux avantages pour la santé de l’enfant. Et ceci, autant sur les plans physiques que cognitifs, c’est-à-dire l’ensemble des processus psychiques orchestrés par le cerveau comme le langage ou le raisonnement. Pour le bébé, le lait maternel contribue à la prévention de la diarrhée et de la pneumonie, deux causes majeures de mortalité chez les nourrissons.  Pour la mère, des études montrent qu’allaiter réduit la survenue du cancer des ovaires et du sein.

A savoir ! En plus de tous les nutriments nécessaires, le lait maternel apporte à l’enfant âgé de moins 6 mois des anticorps, des protéines du système immunitaire, qui le protègent de certaines infections.

« Le lait maternel a l’effet d’un premier vaccin chez le nourrisson; il le protège de maladies potentiellement mortelles et lui donne tous les éléments nutritifs dont il a besoin pour survivre et s’épanouir » explique le Docteur Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS depuis mai 2017 et homme politique éthiopien.

A contrario du lait maternel, les substituts ne contiennent pas d’anticorps. De plus, certains risques, plus ou moins importants selon le pays concerné, sont liés à la confection de ce lait infantile : utilisation d’eau non potable, manipulation  avec des ustensiles non stérilisés ou dilution trop importante de la préparation.

Les investissements à prévoir pour favoriser l’allaitement

En réalisant une étude précise sur l’allaitement maternel dans le monde, comprenant 194 pays, l’OMS montre que seulement 37 % des enfants de moins de 6 mois bénéficient comme unique alimentation du lait maternel pendant les six premiers mois suivant leur naissance. Seuls 23 pays possèdent des taux d’allaitement supérieurs à 60%.

La cause principale de ce faible pourcentage ?

Les femmes n’allaitent pas leur enfant ou stoppent cet allaitement avant la fin de leurs six premiers mois, car elles doivent retourner travailler.

En parallèle de ce tableau d’évaluation des pratiques d’allaitement à l’échelle mondiale, une analyse montre qu’il faut investir seulement 3, 90 euros par nouveau-né et par an pour porter à 50% d’ici à 2025 le taux mondial d’allaitement pour les enfants de moins de 6 mois.

Atteindre cet objectif permettrait de sauver la vie de 520 000 enfants de moins de 5 ans et pourrait générer 252 milliards d’euros de gains sur 10 ans, grâce à la réduction des maladies et des frais de santé associés.

Toujours d’après cette étude, les 5 grandes économies émergentes du monde, c’est-à-dire la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique et le Nigéria, présentent un manque d’investissements en faveur de l’allaitement maternel qui se traduit, selon les estimations, par 236 000 décès d’enfants chaque année.

Quelles recommandations pour atteindre les objectifs ?

Pour renforcer la place de l’allaitement dans le monde, le collectif mondial pour l’allaitement maternel, codirigé par l’OMS et l’UNICEF, appelle les gouvernements à :

  • Accroître les financements sur cette thématique dans les budgets liés à la santé
  • Mettre en œuvre dans son intégralité le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et les résolutions pertinentes de l’Assemblée mondiale de la santé
  • Mettre en place des politiques de congés familiaux et d’allaitement sur le lieu de travail
  • Fournir du lait maternel aux nouveau-nés malades et vulnérables
  • Améliorer l’accès à des conseils qualifiés sur l’allaitement maternel dans les centres de santé
  • Soutenir les réseaux qui encouragent l’allaitement maternel
  • Renforcer les systèmes de suivi des programmes et des financements en matière d’allaitement maternel

Julie P., Journaliste scientifique

Nurturing the health and wealth of Nations : the Investment case of breastfeeding. WHO. Global breasfeeding collective. Juillet 2017
Julie P.
Journaliste scientifique.
Spécialiste de l'information médicale.
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