Compléments alimentaires à base de mélatonine : nouvelles mises en garde

Apr 20, 2018 par

Suite à un nombre important de signalements d’effets indésirables, l’Anses (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a mené une enquête sur les risques potentiels de la consommation de compléments alimentaires à base de mélatonine, une hormone naturelle favorisant l’endormissement. Verdict ? Toutes les personnes ne peuvent pas consommer de la mélatonine sans risques. Dans quels cas est-il plus prudent de demander conseil à son médecin ?

Femme dormant - mélatonine

Mélatonine : actions et effets indésirables

La mélatonine est une hormone naturelle synthétisée essentiellement par l’épiphyse, une glande située dans le cerveau, pendant la nuit et reconnue pour favoriser l’endormissement. En France, elle est utilisée dans des médicaments, des préparations et des compléments alimentaires.

Les personnes consommant ces compléments alimentaires à base de mélatonine veulent souvent remédier à des problèmes de sommeil consécutifs à des insomnies ponctuelles ou chroniques, à un décalage horaire ou à une nervosité sous-jacente.

En plus de ses effets sur l’horloge biologique, la mélatonine a des actions sur :

  • Le système immunitaire en favorisant l’inflammation ;
  • La température corporelle et l’intestin grâce à ses actions vasodilatatrices et vasoconstrictrices.

Dans le cadre du plan nutrivigilance, l’Anses a collecté 90 témoignages d’effets indésirables déclarés à la suite de la prise de compléments alimentaires contenant de la mélatonine. 19 d’entre eux étaient assez complets pour être analysés méthodologiquement.

À savoir ! Le plan nutrivigilance est un dispositif de surveillance lancé en 2009 par l’Anses pour surveiller la sécurité des produits alimentaires (compléments alimentaires, boissons, aliments, ingrédients nouveaux). L’Anses recense et analyse les effets indésirables pouvant être reliés à leur consommation.

Les effets indésirables rapportés sont :

  • Des symptômes affectant le système nerveux comme des maux de tête, des vertiges, des épisodes de somnolence, des cauchemars, de l’irritabilité ;
  • Des troubles cardiovasculaires ;
  • Des troubles neurologiques comme des tremblements et des migraines ;
  • Des perturbations du système digestif (nausées, vomissements, douleurs abdominales).

Les mises en garde de l’ANSES

En analysant 19 de ces signalements dans le détail, et compte tenu de l’ampleur de la consommation en France de compléments alimentaires à base de mélatonine (1,4 millions de boîtes par an), les experts de l’Anses ont montré qu’il existe des populations et des situations à risque.

Les personnes ne devant pas consommer de compléments alimentaires à base de mélatonine sont :

  • Les femmes enceintes et allaitantes ;
  • Les enfants et des adolescents ;
  • Celles souffrant de maladies inflammatoires ou de pathologies auto-immunes ;
  • Celles dont l’activité nécessite une vigilance soutenue.

Et, les personnes devant consulter un avis médical avant d’en consommer sont celles qui :

  • Suivent un traitement médicamenteux ;
  • Souffrent d’épilepsie, d’asthme, de troubles de l’humeur, du comportement ou de la personnalité.

En l’absence de données suffisantes sur les effets à long terme de la consommation de mélatonine, l’Agence recommande de consommer ponctuellement ce type de complément alimentaire.

Comme la loi autorise, en France, la commercialisation de compléments alimentaires apportant moins de 2 mg de mélatonine par jour (des doses comparables à celle du médicament), l’Agence s’interroge sur la place de la mélatonine sur le marché sous forme de complément alimentaire.

Elle appelle également les instances européennes à établir un cadre réglementaire harmonisé sur la base d’études de sécurité et échanger davantage d’informations sur tous les cas d’effets indésirables recensés en Europe.

Julie P., Journaliste scientifique

– L’Anses recommande à certaines populations d’éviter la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine. ANSES Consulté le 16 avril 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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