Dépendance à la cortisone

17 septembre 2021 par

La prise de cortisone, dans le cadre d’un traitement prolongé, peut engendrer un phénomène de dépendance auquel il faut être vigilant. En quoi consiste cette dépendance à la cortisone, quels en sont les signes et comment l’éviter ?

Dépendance à la cortisone

Signes de la corticodépendance

La cortisone, de par son puissant effet anti-inflammatoire, est généralement prescrite aux malades souffrant de rhumatismes, de sclérose en plaque ou de certaines maladies de peau, mais également en traitement de certaines pathologies auto-immunes ou dans le cas de douleurs liées à un cancer. La cortisone agit ainsi principalement sur l’état inflammatoire. Ce médicament est une version synthétique d’une hormone produite naturellement par les glandes surrénales, localisées au-dessus des reins : le cortisol.

La prise de cortisone, même si elle est prescrite à bon escient, n’est cependant pas anodine. Elle peut entrainer de nombreux effets secondaires. La cortisone provoque une rétention d’eau et de sel et a donc tendance à augmenter la pression artérielle, favorisant l’hypertension. Elle fait également augmenter la glycémie et le risque d’ulcères de l’estomac. Lorsque les doses sont importantes, ce médicament peut engendrer une prise de poids, une fragilisation de la peau, une ostéoporose, voire des effets neuropsychiatriques. Les troubles de l’humeur sont d’ailleurs fréquents en début de traitement : irritabilité, ou au contraire euphorie.

Au-delà de ces effets indésirables, la prise de cortisone sur une longue durée peut engendrer un phénomène de dépendance de l’organisme à cette substance, qui se manifeste au moment de l’arrêt du traitement. La dépendance à la cortisone peut être d’origine physique et/ou psychique. Lorsque la prise du médicament est arrêtée, cette dépendance se manifeste par une réapparition des symptômes de la maladie, parfois en association avec le développement d’un état anxieux ou dépressif qui disparait si le traitement est repris.

Cette dépendance est souvent observée dans le cas de traitements de troubles cutanés, comme l’eczéma ou le psoriasis. Dès l’arrêt du traitement, de nombreux patients voient les lésions réapparaitre, s’étendre et s’aggraver. Seule la reprise du traitement apporte une amélioration, générant ainsi un cercle vicieux.

Développement d’une insuffisance surrénalienne

L’arrêt d’une corticothérapie peut s’accompagner dans de rares cas d’une insuffisance surrénalienne. Il s’agit d’une complication associée à une faiblesse des glandes surrénales. En effet, à l’issue d’un traitement prolongé à la cortisone, les glandes surrénales mettent un certain temps à retrouver leurs fonctions normales.

Situées au-dessus des reins, les glandes surrénales sont les centres de production d’hormones, dont le cortisol, qui intervient dans la protection de l’organisme contre tous types d’agressions, comme les infections, les chocs ou les interventions chirurgicales. Il assure également le maintien du taux de sucre dans le sang.

Lors d’une insuffisance surrénalienne, les glandes surrénales ne sécrètent plus de cortisol. Les symptômes sont les suivants : fatigue inhabituelle, douleurs abdominales, perte de poids, fièvre, hypoglycémie. Heureusement, l’insuffisance surrénalienne n’est que transitoire et les glandes surrénales retrouvent peu à peu, et de manière spontanée, leurs fonctions.

Comment éviter une dépendance à la cortisone ?

Il faut savoir que la cortisone ne rend pas dépendant de la même manière qu’une drogue pourrait le faire. Le terme de dépendance est utilisé pour illustrer un effet rebond lié à la résurgence des signes de la maladie dès l’arrêt du traitement.

En général, une corticothérapie de courte durée peut être arrêtée sans risque de voir se manifester des symptômes de dépendance. Par contre, en cas de traitement à la cortisone sur une longue durée (au-delà d’un mois), il est recommandé de diminuer doucement les doses par palier afin de limiter le phénomène de dépendance et d’éviter l’apparition d’une insuffisance surrénalienne. On parle alors de sevrage, dont le rythme sera adapté en fonction de la durée du traitement, de la dose initiale et de la maladie. Il est fréquent de voir la posologie de cortisone réduite de 10% tous les 10 ou 15 jours.

De par leurs potentiels effets secondaires, les traitements à la cortisone sont toujours à prendre sous surveillance médicale, jamais en automédication. Le respect des doses prescrites est également essentiel pour éviter tout phénomène de dépendance à la cortisone.

Morgane Gillard, rédactrice scientifique

Sources
– Corticodépendance / syndrome de sevrage. cortisone-info.com. Consulté le 31 août 2021.
– Troubles de la glande surrénale. chuv.ch. Consulté le 31 août 2021.
Morgane G.
Rédactrice scientifique
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