Des corticoïdes sur quelques jours : attention aux effets indésirables

May 18, 2017 par

Les corticoïdes ou anti-inflammatoires stéroïdiens sont des médicaments prescrits dans différentes situations pathologiques associées à un phénomène inflammatoire. Sur le long terme, leurs effets secondaires sont bien connus et font l’objet de mesures de prévention et de surveillance adaptées. Mais existe-t-il des risques de complications à court terme ?

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Corticoïdes et effets secondaires

Les corticoïdes, ou anti-inflammatoires stéroïdiens, sont des médicaments prescrits dans de nombreuses indications thérapeutiques, en lien avec un processus inflammatoire. Différents médicaments appartiennent à cette classe thérapeutique, dont les plus fréquents sont la cortisone, l’hydrocortisone, la prednisone, la prednisolone et la bétaméthasone.

Ces médicaments exercent une puissante action anti-inflammatoire, mais ils sont également à l’origine de nombreux effets secondaires. La fréquence et l’importance de ces effets indésirables dépend de plusieurs facteurs :

  • La posologie des médicaments ;
  • La durée du traitement ;
  • La nature du corticoïde (certains donnent plus d’effets secondaires que d’autres) ;
  • La voie d’administration (orale, inhalée, injectée, …) ;
  • La sensibilité individuelle aux corticoïdes ;
  • L’état de santé du patient.

Les principaux effets secondaires observés avec les corticoïdes sont les suivants :

  • Une prise de poids localisée au niveau du visage et du tronc ;
  • Des troubles sanguins : baisse du taux de potassium ;
  • Une rétention d’eau et de sel, entraînant des œdèmes et une augmentation de la tension artérielle ;
  • Une stimulation de l’appétit ;
  • Une intolérance au glucose pouvant révéler ou accentuer un diabète ;
  • Une augmentation des taux sanguins de lipides ;
  • Des troubles cutanés avec entre autres une fragilité de la peau et des capillaires, une acné, des vergetures ou des problèmes de cicatrisation ;
  • Une faiblesse musculaire, notamment au niveau des jambes ;
  • Une perte de masse osseuse avec un risque marqué d’ostéoporose ;
  • Un retard de croissance chez l’enfant ;
  • Des troubles sexuels (aménorrhée, impuissance) ;
  • Des troubles digestifs (acidité gastrique) ;
  • Une immunodépression ;
  • Des troubles du sommeil et des troubles psychiques (dépression, délire, hallucinations) ;
  • Des complications oculaires, de type cataracte voire de glaucome chez certaines personnes prédisposées.

Ces effets secondaires sont le plus souvent observés lors des corticothérapies à fortes doses et/ou sur des durées prolongées. Mais qu’en est-il pour les traitements de courte durée ?

Des risques même sur de courtes périodes

Si les complications des corticothérapies au long cours sont bien décrites, les effets indésirables des traitements de courte durée sont moins connus. Or les corticoïdes sont très fréquemment prescrits sur des périodes brèves de quelques jours seulement.

Pour déterminer les effets collatéraux à court terme de ces traitements, des chercheurs américains ont analysé une base de données, collectée par les assureurs et les pharmaciens. Tous les adultes âgés de 18 à 64 ans, traités par des corticoïdes oraux, pendant une période inférieure à 30 jours, ont été inclus dans l’étude.

Trois grands types d’effets indésirables ont été pris en compte : les fractures, les accidents thromboemboliques veineux (accidents cardiovasculaires) et les sepsis (infections généralisées). Sur plus de 1 500 000 patients étudiés, 21,1 % ont eu une prescription brève de corticoïdes, d’une durée moyenne de 6 jours, avec une posologie moyenne de 20 mg par jour en équivalent prednisolone (l’un des corticoïdes les plus prescrits). Les indications thérapeutiques les plus fréquentes étaient les infections des voies respiratoires hautes (sinusite par exemple), les douleurs vertébrales et les allergies.

Sur l’ensemble des personnes traitées brièvement par des corticoïdes, les chercheurs ont recensé 21 % de fractures, 5 % d’accidents thromboemboliques veineux et 2 % de sepsis. Ces pourcentages sont significativement supérieurs à ceux observés chez les personnes non traitées. Les hospitalisations pour ces effets indésirables ont été significativement plus fréquentes chez les personnes traitées.

Même si cette étude n’a pris en compte que certains effets indésirables des corticoïdes, il apparaît que même des traitements brefs peuvent être à l’origine de complications graves nécessitant une hospitalisation. Les auteurs concluent sur l’importance de respecter scrupuleusement les recommandations de prescription des corticoïdes :

  • Uniquement pour les indications thérapeutiques où les corticoïdes sont indispensables ;
  • Aux doses les plus faibles possibles ;
  • Sur une période la plus courte possible.

Les mesures de prévention (par exemple un régime pauvre en sel et en sucre) et de surveillance (notamment la mesure régulière de la tension artérielle) s’imposent également dès les premiers jours de corticothérapie.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Prescriptions et surveillance des antiinflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens. Collège Français des Enseignants en Rhumatologie. 2010-2011.
– Short term use of oral corticosteroids and related harms among adults in the United States: population based cohort study Waljee Akbar, K and al. 2017. BMJ 357:j1415 doi.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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