Les fumées de soudage sont-elles cancérogènes ? L’Anses se positionne

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Rédigé par Alexia F. et publié le 21 avril 2022

En France, plus de 528 000 salariés sont potentiellement exposés aux fumées de soudage. Il s’avère que l’inhalation de ces fumées peut provoquer des cancers broncho-pulmonaires et du larynx. Ainsi, l’Anses préconise d’ajouter les travaux exposant aux fumées de soudage à la liste des substances cancérogènes fixées par le Code du Travail.

Homme qui respire les fumées de soudage

Quels sont les risques d’une exposition aux fumées de soudage ?

Les résultats de l’enquête SUMER, menée entre 2016 et 2017 par le Ministère du Travail, sur les expositions aux risques professionnels liés aux produits chimiques ont été récemment publiés. Ils mettent en évidence que 528 000 salariés, soit 2,1% des salariés français, sont exposés à des fumées de soudage contenant des éléments métalliques. Également, l’enquête mentionne que cette exposition ne se limite pas aux soudeurs. Les personnes travaillant dans le domaine de la construction, de la réparation de machines, d’équipements et de véhicules ou dans la métallurgie peuvent inhaler des fumées de soudage.

En 2018, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classait les fumées de soudage comme cancérogènes pour l’Homme pour les cancers du poumon. De plus, des études antérieures ont démontré un lien entre l’inhalation de ces fumées et la survenue de cancers du larynx. Des preuves plus limitées montrent un lien potentiel avec la survenue de cancers du rein, de la cavité buccale ou naso-sinusiens.

Les études ont montré que la composition et la quantité de fumée émise dépend de plusieurs paramètres. Ils incluent, par exemple, la composition des pièces à souder. L’Anses précise que les procédés connexes au soudage émettent également des fumées avec une composition similaire.

Les recommandations de l’Anses

Il n’est pas possible d’imputer un risque de cancer à un type de procédé de soudage particulier. Ainsi, l’Anses recommande d’inscrire l’ensemble des travaux impactés par les fumées de soudage à l’arrêté du 3 mai 2021 du Code du Travail fixant la liste des substances, mélanges et procédés cancérogènes. Cela suppose l’inclusion des travailleurs dont la soudure n’est pas l’activité principale ou exposés de façon passive aux fumées.

La prévention et la sensibilisation aux conséquences de l’inhalation des fumées de soudage

L’Anses préconise une prévention des risques liés à l’exposition aux fumées auprès des employeurs et des salariés. Elle doit se composer de la sensibilisation et la protection des professionnels. L’agence souligne que cette campagne de sensibilisation doit toucher les professionnels exposés aux fumées de façon directe ou indirecte. En plus, elle recommande l’utilisation des procédés les plus adaptés et les moins émissifs de fumées. Ces recommandations techniques sont à compléter par des équipements. En effet, l’ajout de capteurs de fumées et la surveillance de l’exposition des travailleurs constitueraient des outils de prévention intéressants.

Par ailleurs, l’Anses souhaite acquérir des données supplémentaires sur les risques de cancers associés aux procédés de soudage. Enfin, elle souligne que les fumées cancérogènes ne sont pas les seuls risques sanitaires touchant les métiers de soudage. En effet, l’exposition aux radiations UV, classées comme cancérogènes par le CIRC, constitue un risque supplémentaire pour ces salariés.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources
– Reconnaître le caractère cancérogène des travaux exposant aux fumées de soudage. anses.fr. Communiqué de Presse consulté le 20 avril 2022.

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