Coeliscopie

La cœlioscopie est une technique chirurgicale, dont l’utilisation est en plein essor depuis quelques années. Elle permet de limiter la taille des incisions de la paroi abdominale dans le cadre d’un grand nombre d’interventions chirurgicales au niveau de l’abdomen, réduisant ainsi le risque de plusieurs complications post-opératoires rencontrées avec les techniques chirurgicales classiques. Elle peut être utilisée dans le cadre d’opérations à visée diagnostique ou thérapeutique.

Qu’est-ce qu’une cœlioscopie ?

La cœlioscopie, encore appelée la laparoscopie, est une technique chirurgicale relativement récente, qui connait un développement important depuis plusieurs années. Elle consiste à pratiquer de petites incisions de la paroi abdominale pour permettre au chirurgien d’accéder à l’intérieur de la cavité abdominale ou pelvienne et aux organes qu’elles contiennent.

À savoir ! La cœlioscopie diagnostique a été inventée en France par le Pr. Palmer. en 1946. La cœlioscopie chirurgicale a également été inventée par un Français, P. Mouret en 1972.  Il s’agit d’une véritable révolution technologique, puisqu’elle permet d’opérer sans ouvrir la paroi abdominale.

En pratique, la cœlioscopie se déroule sous anesthésie générale. Le chirurgien pratique une ou plusieurs petites incisions (quelques cm) de la paroi abdominale, puis insuffle du gaz carbonique par l’intermédiaire d’une aiguille ou d’un petit tube creux mis en place sous l’ombilic. Ce gaz permet de soulever la paroi abdominale, de repousser l’intestin et ainsi de visualiser l’intérieur de la cavité abdominale. A travers les incisions, différents instruments peuvent être introduits dans la cavité abdominale :

  • Une mini-caméra de quelques mm de diamètre (appelée le laparoscope), reliée à un écran externe, pour que le chirurgien puisse observer les organes et l’intérieur de la cavité abdominale ;
  • Divers instruments chirurgicaux (pinces, ciseaux, instruments de coagulation ou de lavage, …) de petite taille (entre 1 et 3 cm), pour effectuer des prélèvements de tissus (biopsies), sectionner un tissu ou retirer une tumeur par exemple.

Par rapport aux techniques chirurgicales classiques qui nécessitent une ouverture de la paroi abdominale, la cœlioscopie présente de nombreux avantages :

  • Une réduction des douleurs post-opératoires ;
  • Une réduction du risque infectieux ;
  • Des cicatrices abdominales limitées et une moindre fragilisation de la paroi abdominale ;
  • Un impact esthétique réduit ;
  • Une réduction de la durée d’hospitalisation et de la période de convalescence.

Les indications de la cœlioscopie

La cœlioscopie peut être utilisée lors d’interventions chirurgicales dans deux contextes différents :

  • Établir le diagnostic d’une pathologie (cœlioscopie diagnostique), en recherchant d’éventuelles lésions au niveau des organes de l’abdomen ou de la région pelvienne ;
  • Le traitement de certaines maladies (cœlioscopie opératoire ou thérapeutique), en intervenant sur des organes de la cavité abdomino-pelvienne.

À savoir ! Dans certaines situations, une intervention chirurgicale, prévue initialement sous cœlioscopie, nécessite le moment venu de pratiquer une ouverture de l’abdomen. Les spécialistes parlent alors de laparoconversion.

La cœlioscopie est une technique chirurgicale adaptée aux interventions au niveau de la paroi abdominale et permet d’accéder à un grand nombre d’organes, parmi lesquels :

  • Le foie ;
  • La vésicule biliaire ;
  • Le péritoine (membrane qui tapisse l’intérieur de la cavité abdominale) ;
  • L’intestin grêle ;
  • Le côlon ;
  • L’utérus ;
  • Les trompes de Fallope ;
  • Les ovaires ;
  • Les reins ;
  • L’appareil urinaire.

En conséquence, la cœlioscopie peut être utilisée dans les spécialités médicales suivantes :

  • En chirurgie digestive, par exemple en cas d’appendicite aigüe, de cholécystite aigüe ou d’hernie inguinale ;
  • En gynécologie, notamment en cas de suspicion d’une endométriose, pour l’ablation d’un kyste ovarien, une hystérectomie (ablation de l’utérus) ou encore lors d’un bilan d’infertilité ;
  • En chirurgie de l’obésité ;
  • En cancérologie pour rechercher une tumeur ou retirer une tumeur connue ;
  • En urologie pour certaines pathologies du système urinaire ou le traitement d’un testicule non descendu.

La cœlioscopie en pratique

Deux consultations sont nécessaires avant une cœlioscopie :

  • Une consultation avec le chirurgien qui informe précisément le patient sur le déroulement de l’intervention, sur les avantages de la cœlioscopie par rapport à la laparotomie et sur les risques liés à l’intervention ;
  • Une consultation d’anesthésie.

Pour une cœlioscopie, il est nécessaire d’être à jeun, plusieurs heures avant l’intervention (généralement 6 heures avant). Selon les contextes particuliers, un régime alimentaire spécifique peut être prescrit par le chirurgien pour les jours précédant l’intervention. La durée de l’hospitalisation varie d’une journée à plusieurs jours, en fonction de l’état de santé du patient et de l’objectif de la cœlioscopie.

La cœlioscopie en elle-même dure entre 30 minutes et plusieurs heures, selon la complexité de l’intervention. Généralement, une intubation est nécessaire. Une sonde urinaire et une perfusion intraveineuse sont également mises en place et retirées le jour-même ou le lendemain.

Le patient peut reprendre rapidement une vie normale. Toutefois, il doit attendre deux semaines avant de prendre des bains et environ deux mois pour la reprise des activités sportives.

Les suites de la cœlioscopie

A l’issue d’une intervention par cœlioscopie, une surveillance médicale est nécessaire pendant 1 ou 2 heures en salle de réveil. Le retour à domicile est possible rapidement, dès le jour même (hospitalisation ambulatoire) ou jusqu’à 4 à 5 jours après l’intervention, en fonction du but de l’intervention et de son contexte.

Certaines manifestations cliniques sont possibles après l’intervention :

  • Des effets secondaires liés à l’anesthésie (nausées, vomissements, somnolence, mal à la gorge après l’intubation) ;
  • Des douleurs abdominales liées à l’intervention en elle-même ou à la persistance de gaz carbonique (il est totalement éliminé par les poumons en 2 à 3 jours). Ces douleurs peuvent se propager jusqu’aux épaules, mais sont le plus souvent soulagées par les médicaments antalgiques.

Les risques et les complications de la cœlioscopie sont rares et peuvent être :

  • Un saignement qui nécessite rarement une transfusion sanguine ;
  • Une plaie sur un organe de l’abdomen, qui nécessite un geste chirurgical ;
  • Un hématome de la paroi abdominale, le plus souvent traité par des soins locaux ;
  • Une infection (abcès) au niveau des incisions pratiquées ;
  • Une infection urinaire, généralement sans gravité, qui peut se traiter avec des antibiotiques adaptés ;
  • Une phlébite, voire une embolie pulmonaire ;
  • Une occlusion intestinale, qui peut nécessiter un traitement médical, voire une nouvelle intervention chirurgicale.

Si dans les jours qui suivent une cœlioscopie, le patient observe les symptômes suivants, il doit immédiatement contacter le chirurgien ou son médecin traitant :

  • Des douleurs au niveau du mollet ou un gonflement du mollet ;
  • Des douleurs au niveau du thorax ;
  • Un saignement ou un écoulement au niveau des cicatrices ;
  • Une fièvre inexpliquée ;
  • Des vomissements ;
  • Des brûlures urinaires ;
  • Des douleurs abdominales ;
  • Tout autre symptôme inhabituel.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Fiche d’information sur la cœlioscopie. CHRU de Tours. 2016.
– Déroulement d’une cœlioscopie. AMELI Santé. 30 mars 2017.
– La cœlioscopie. Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Consulté le 31 août 2018.