Obstruction des trompes


Rédigé par Charline D. et publié le 28 octobre 2019

obstruction des trompes

Il existe de nombreuses causes d’infertilité au sein d’un couple. L’une des plus fréquentes est l’obstruction des trompes utérines (ou de Fallope). En effet, lorsque les trompes sont bouchées, le mouvement de l’ovule et des spermatozoïdes est gêné, ce qui complique la fécondation. Le diagnostic repose généralement sur une hystérosalpingographie, autrement dit l’exploration radiographique de l’utérus et des trompes. Dans certains cas, il est possible de réparer les trompes, cependant la fécondation in vitro est généralement proposée.

Définition et symptômes

femme avec douleurs menstruelles qui tient son ventre endolori à cause de obstruction des trompesÀ propos de l’appareil génital féminin

L’appareil génital féminin, dont la fonction principale est la reproduction, est constitué des trois structures suivantes :

  • Les ovaires ;
  • Le tractus génital comprenant l’utérus, les trompes utérines et le vagin ;
  • Les glandes mammaires.

Les ovaires, localisés de part et d’autre de l’utérus, sont impliqués dans la production de cellules reproductrices (ou ovules) et dans la régulation hormonale. L’utérus est situé en arrière de la vessie et en avant du rectum. C’est un organe creux et extensible destiné à accueillir le fœtus. Il est prolongé par deux conduits de quelques millimètres de diamètre et d’une dizaine de centimètres de long : ce sont les trompes utérines ou les trompes de Fallope. Chacune d’elles est reliée à un ovaire, conduisant ainsi, chaque ovule à l’utérus afin qu’il soit fécondé.

Chaque trompe est composée de quatre parties :

  • Une partie utérine qui traverse l’épaisseur du muscle utérin (moins d’un centimètre) ;
  • L’isthme tubaire (3 à 4 centimètres de long avec un diamètre compris entre 2 et 4 millimètres) ;
  • L’ampoule tubaire où a lieu la fécondation (7 à 8 centimètres de long avec un diamètre d’environ 8 millimètres) ;
  • L’infundibulum qui finit en diverses (entre 10 et 15) franges dont l’une d’elles, la frange ovarique, est reliée à l’ovaire. Cette dernière possède un petit orifice afin de permettre aux ovules produits par l’ovaire d’entamer leur descente des trompes.

Qu’est-ce qu’une obstruction des trompes ?

Une obstruction des trompes utérines peut être provoquée par divers troubles, voire dans certains rares cas, être présente dès la naissance sans provoquer de symptômes jusqu’à la volonté de concevoir un enfant. L’obstruction des trompes de Fallope est très souvent impliquée dans les cas d’infertilité féminine.

Les causes d’obstruction, voire de lésions, des trompes sont diverses :

  • Infections pelviennes ;
  • Utilisation d’un dispositif intra-utérin ;
  • Rupture de l’appendice ;
  • Chirurgie pelvienne ou de la partie abdominale inférieure ;
  • Certaines pathologies, par exemple la tuberculose ;
  • Grossesse extra-utérine dans les trompes de Fallope ;
  • Malformations congénitales des trompes ;
  • Fibrome utérin ;
  • Endométriose ;
  • Syndrome d’Asherman (lésions ou infections lors d’une intervention chirurgicale).

On parle d’obstruction des trompes proximale lorsque l’isthme tubaire est concerné. Elle peut faire suite à un avortement, une fausse couche, une césarienne, une maladie inflammatoire pelvienne ou la pilule contraceptive.

En cas d’obstruction des trompes distale, c’est l’extrémité de la trompe qui se trouve du côté de l’ovaire qui est affectée. Ce type d’obstruction est souvent associé à une « hydrosalpinx » qui fait référence à la présence anormale d’une poche de liquide dans la trompe utérine. Généralement, l’hydrosalpinx est causée par une infection à Chlamydia trachomatis (infection sexuellement transmissible).

Dans d’autres cas, les franges ovariennes qui ont un rôle important dans la conduction de l’ovocyte dans les trompes, sont endommagées ou se collent.

Quels sont les symptômes ?

Une obstruction des trompes est totalement asymptomatique, et pourtant elle peut causer une infertilité. C’est souvent à l’occasion d’un projet de grossesse que l’obstruction est découverte.

Diagnostic et traitement

gynécologue qui vérifie les organes sexuels féminins avec un stéthoscope pour diagnostiquer une obstruction des trompes

Quel diagnostic ?

Plusieurs examens permettent de mettre en évidence l’obstruction des trompes de Fallope : l’hystérosalpingographie, la sono-hystérographie, la laparoscopie ou l’hystéroscopie.

1) L’hystérosalpingographie

Une hystérosalpingographie est un examen médical permettant de visualiser par radiographie deux éléments de l’appareil génital féminin : l’utérus (« hystéro ») et les trompes de Fallope (« salpingo »).

Cet examen permet de déceler diverses anomalies comme des fibromes (tumeurs bénignes de la paroi de l’utérus) ou des polypes. Elle permet aussi d’apprécier la forme et la perméabilité des trompes. Parfois, des rétrécissements, obstructions ou altérations (conséquences possibles d’infections passées inaperçues) sont visibles aux radiographies.

L’examen est réalisé dans un cabinet de radiographie. Il doit avoir lieu entre le 8ème et le 12ème jour qui suit les règles. L’examen dure entre 25 et 30 minutes en présence d’un médecin radiologue et d’un manipulateur en radiologie. Il nécessite l’injection d’un produit de contraste via le col de l’utérus.

L’hystérosalpingographie peut s’avérer douloureuse chez certaines patientes. À noter que la douleur ressentie lors de l’examen diffère beaucoup d’une femme à une autre, et dépend beaucoup de l’état de stress de la patiente. Les heures qui suivent l’examen peuvent donner lieu à des douleurs au niveau du bas-ventre avec de la fièvre.

À noter que cette technique implique 15% de résultat faux-positifs, autrement dit elle détecte une obstruction qui n’existe pas en réalité.

2) La sono-hystérographie

La sono-hystérographie est parfois utilisée dans le diagnostic d’une obstruction des trompes. Cet examen est rapide, et ne nécessite aucune anesthésie.

Il consiste à injecter une solution saline à l’intérieur de l’utérus via le col de l’utérus pendant une échographie de manière à distendre l’utérus et rendre les potentielles anomalies plus visibles. Lorsque le soluté circule vers les trompes, l’obstruction est écartée.

3) La laparoscopie

La laparoscopie n’est pas un examen de première intention. Il est utilisé lorsque d’autres méthodes ont permis d’évoquer une obstruction des trompes utérines.

Cet examen repose sur l’introduction d’une petite sonde endoscopique (le laparoscope) dans la cavité abdominale via une petite incision au niveau du nombril. Il permet d’observer directement l’utérus, les trompes et les ovaires.

4) L’hystéroscopie

En cas d’anomalie constatée au niveau de l’utérus, la cavité utérine peut être explorée à l’aide d’une sonde (l’hystéroscope) introduite via le vagin puis le col de l’utérus jusque dans l’utérus. La sonde permet à la fois de visualiser (grâce à une petite caméra) et de traiter lorsqu’un polype, fibrome ou une adhérence est détectée.

À savoir ! Parfois, une analyse de sang est utile afin de rechercher les anticorps spécifiques d’une Chlamydia (maladie sexuellement transmissible).

Quel traitement ?

Le traitement d’une obstruction des trompes de Fallope dépend de la cause. Parfois, des tissus anormaux sont retirés à l’occasion du diagnostic, lors d’une laparoscopie ou d’une hystéroscopie.

Une intervention chirurgicale peut être utile pour réparer les lésions au niveau des trompes en lien avec une infection ou une grossesse extra-utérine. À noter qu’après une telle opération, les grossesses extra-utérines sont plus fréquentes, donc la fécondation in vitro est généralement proposée.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Problèmes des trompes de Fallope. Le manuel MSD – Version pour le grand public. Consulté le 4 octobre 2019.