Horaires atypiques : quel impact sur la santé des femmes ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 26 mai 2022

Selon l’Institut National d’Etudes Démographiques en 2019, 36 % des salariés travaillaient avec des horaires atypiques et parmi eux des femmes. Travail le soir, la nuit, le week-end, très tôt le matin… autant de conditions qui peuvent impacter la santé et la qualité de vie des femmes. Santé Sur le Net fait le point sur les connaissances actuelles sur ce sujet.

femme qui a mal à la tête en train de travailler sur son ordinateur

Travail et horaires atypiques

Les autorités de santé publique différencient deux situations, chacune avec des impacts différents sur la santé : le travail de nuit posté et les autres horaires atypiques. En effet, au-delà du caractère atypique des horaires, le travail de nuit vient perturber le rythme circadien sur lequel sont calées de nombreuses fonctions physiologiques.

L’Anses a publié récemment un rapport d’expertise collective, classant les effets du travail de nuit sur la santé en trois types de risques :

  • Avérés : les troubles du sommeil et le syndrome métabolique ;
  • Probables : le surpoids et l’obésité, le diabète de type 2, les coronaropathies et différents effets sur la santé psychique (troubles de l’humeur, troubles anxiodépressifs, irritabilité ou troubles de la personnalité) ;
  • Possibles : troubles lipidiques, hypertension artérielle et accidents cardiovasculaires.

A ces effets directs sur la santé, le travail de nuit ou en horaires atypiques peut fortement impacter la vie sociale et familiale. Un impact qui peut être encore plus important chez les femmes.

Les femmes, de plus en plus nombreuses à travailler le week-end

En France, la proportion de femmes à travailler en horaires atypiques (tôt le matin, tard le soir, la nuit, le samedi, le dimanche) est globalement plus élevée que celle des hommes. Néanmoins, les hommes et les femmes ne pratiquent le même type d’horaires atypiques. Les femmes travaillent plus le samedi et le dimanche, alors que les hommes travaillent tôt, tard ou la nuit. Par ailleurs, les horaires atypiques touchent souvent les femmes travaillant dans les emplois les moins qualifiés, mais pas toujours.

Pour les infirmières et aides-soignantes, le travail en horaires atypiques constitue souvent la règle. D’après l’INRS, le travail en deux fois 12 heures expose les femmes à des risques spécifiques sur leur santé et leur qualité de vie :

  • Une fatigue et un risque d’endormissement ;
  • Une somnolence diurne ;
  • Des troubles métaboliques ;
  • Une prise de poids ;
  • Des douleurs lombaires ;
  • Une tendance aux pratiques addictives.

Un impact sur la santé et la qualité de vie des femmes

Pour toutes les femmes confrontées quotidiennement aux horaires atypiques, les risques pour leur santé ne sont pas la seule préoccupation. Elles doivent aussi concilier leur vie professionnelle et leur vie de femme ou de mère. Les emplois avec horaires atypiques peuvent être à l’origine, en particulier pour les femmes, de plusieurs facteurs :

  • Insatisfaction au travail ;
  • Erreurs au travail ;
  • Survenue d’accidents de travail ;
  • Diminution des performances au travail ;
  • Volonté de changer d’emploi.

De plus en plus d’études confirment l’importance du travail dans la préservation de la santé. Or les horaires atypiques constituent une condition de travail particulièrement pénalisante pour la santé et la qualité de vie des femmes concernées.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Travail en horaires atypiques. inrs.fr. Consulté le 17 mai 2022.
– Horaires atypiques de travail : les femmes peu qualifiées de plus en plus exposées. cairn.info. Consulté le 17 mai 2022.

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