Cancer de l’intestin grêle


Rédigé par Charline D. et publié le 16 juin 2020

cancer de l'intestin grêle

Le cancer de l’intestin grêle est rare, il représente moins de 5% des cancers digestifs. Son incidence est estimée à moins de 23 cas sur 1 million d’individus. L’adénocarcinome est la forme de cancer de l’intestin grêle la plus fréquente. Ce type de cancers se forme à partir des cellules glandulaires de la muqueuse de l’intestin grêle. Le principal symptôme de la maladie est la présence de sang dans les selles, parfois associé à des crampes abdominales et des vomissements. Le diagnostic repose sur des examens d’imagerie. L’ablation chirurgicale est la meilleure option thérapeutique.

Cancer de l’intestin grêle, définition et caractéristiques

Le système digestif se compose de plusieurs organes. Ils ont pour objectif de transformer les aliments ingérés en petites molécules assimilables par l’organisme. Ainsi, la première étape est de porter les aliments à la bouche afin de les déchiqueter grâce à la mastication et à l’aide des dents. Les glandes salivaires produisent la salive qui va venir se mélanger aux aliments ingérés afin de commencer la digestion. Elle permet aussi de faciliter la progression des aliments vers l’œsophage puis l’estomac.

Dans l’estomac, les aliments sont malaxés et dégradés grâce aux sucs gastriques afin d’aboutir à la formation d’une bouillie : le chyme. Une fois formée, elle débute son voyage dans les intestins.

Schéma anatomie intestin

Il y a en premier l’intestin grêle, aussi appelé « petit intestin », un organe long et tubulaire qui relie l’estomac au gros intestin, et au sein duquel la majeure partie de la digestion a lieu. L’intestin grêle constitue les trois-quarts de l’appareil digestif et représente la partie du tube digestif la plus longue. Beaucoup de nutriments, essentiels au bon fonctionnement de l’organisme, vont passer dans le sang à ce niveau-là.

L’intestin grêle est composé de trois parties : le duodénum, le jéjunum et l’iléon. La nourriture partiellement digérée dans l’estomac pénètre dans le duodénum avec les sucs digestifs et la bile. Les aliments progressent ensuite dans le jéjunum où la décomposition se poursuit. Les aliments digérés passent enfin dans l’iléon au sein duquel l’absorption d’éléments nutritifs continue.

Le contenu restant continue sa progression pour atteindre le gros intestin, ou le côlon. Le restant de liquide et des éléments nutritifs est absorbé, tandis que les matières solides qui restent sont entreposées dans le rectum en attendant leurs expulsions via l’anus.

État précancéreux de l’intestin grêle et facteurs de risque

Schéma de l'intestin grêleLe cancer de l’intestin grêle est une tumeur maligne. En effet, les cellules de l’intestin grêle peuvent parfois subir des modifications rendant leur croissance et leur comportement anormal. On parle d’état précancéreux. Pour l’intestin grêle, l’état précancéreux le plus fréquent est le polype adénomateux. A ce stade, les cellules ne sont pas encore cancéreuses, mais le risque qu’elles le deviennent est important.

Parfois, les cellules modifiées de l’intestin grêle deviennent cancéreuses. Un cancer au niveau des cellules glandulaires (cellules constituant le revêtement de l’intestin grêle) se développe. On parle d’adénocarcinome de l’intestin grêle. C’est le plus répandu des cancers de l’intestin grêle.

D’autres cancers peuvent cependant survenir au niveau de l’organe :

  • Des tumeurs neuroendocrines qui se manifestent au niveau des cellules neuroendocrines de l’intestin grêle ;
  • Un lymphome lorsque le cancer débute dans le tissu lymphatique de l’intestin grêle ;
  • Un sarcome si le cancer prend naissance dans la paroi de l’intestin grêle.

Le cancer de l’intestin grêle touche plus volontiers les hommes que les femmes. Généralement, les patients ont plus de 50 ans lors du diagnostic. Près de 45% d’entre eux ont 70 ans ou plus.

Plusieurs facteurs de risque sont évoqués dont certaines pathologies de l’appareil digestif comme la maladie de Crohn ou la maladie coeliaque, ou des pathologies héréditaires digestives (par exemple la polypose adénomateuse familiale ou PAF). Le risque de développer le cancer augmente aussi avec l’âge.

Symptômes et traitements du cancer de l’intestin grêle

Le cancer de l’intestin grêle se développe généralement sans symptôme. Lorsqu’ils existent, les symptômes sont peu spécifiques et une autre cause est d’abord suspectée :

  • Douleur à l’abdomen ;
  • Nausées ;
  • Vomissements ;
  • Perte de poids ;
  • Constipation ou diarrhée ;
  • Saignements intestinaux ;
  • Sang dans les selles ou selles noires ;
  • Fatigue et sensation de faiblesse.

À savoir ! La présence de ces symptômes doit mener à une consultation médicale

Dans certains cas, le cancer de l’intestin grêle peut entraîner de graves complications comme une occlusion intestinale ou une perforation intestinale.

Comment établir le diagnostic ?

Diagnostic du cancer de l'intestin grêleLe diagnostic du cancer de l’intestin grêle repose sur divers examens médicaux d’imagerie : échographie, radiologie et gastroscopie. Une gastroscopie est une endoscopie digestive haute.

Échographie

Une échographie est un examen médical reposant sur l’utilisation des ultrasons émis par la sonde de l’appareil, que l’on appelle un échographe. Les ultrasons sont un faisceau d’ondes sonores inaudibles envoyés par la sonde et qui vont se réfléchir sur les parois des organes à analyser. Ces ultrasons produisent ainsi un écho. Les images s’obtiennent grâce au retour de cet écho. Les ondes réfléchies sont ainsi converties par un ordinateur en plusieurs teintes de gris pour former l’image.

Une échographie dure en moyenne 10 à  30 minutes. L’examen est indolore et inoffensif (puisqu’il n’utilise pas de rayons X). L’hospitalisation du patient est inutile et une anesthésie n’est pas nécessaire.

Radiographie

Une radiographie est un examen médical d’imagerie permettant de visualiser une partie ou la totalité d’une zone corporelle.  Cet examen nécessite l’utilisation de rayons X pour leur capacité à traverser les tissus de façon plus ou moins importante en fonction de leur densité.

L’examen en lui-même dure entre 10 et 15 minutes sous la surveillance de l’équipe médicale.

Gastroscopie

Une gastroscopie ou endoscopie se réalise à jeun et sous anesthésie locale. En générale à l’aide d’un endoscope (tube souple muni d’une caméra et d’une lampe). Cet instrument peut aussi être utilisé pour réaliser un prélèvement (biopsie), l’ablation d’une tumeur ou d’un corps étranger ou la coagulation de vaisseaux sanguins (traitement pour stopper les hémorragies).

A noter ! L’endoscopie est parfois réalisée par vidéo capsule. Le patient avale une capsule sans fil alimentée par des piles et permet de visualiser les tumeurs au niveau de l’intestin grêle.

Traitements des tumeurs cancéreuses

Le traitement de premier choix pour le cancer de l’intestin grêle est l’ablation chirurgicale des tumeurs. Cependant le traitement est choisi selon la taille et la localisation de la tumeur ainsi que l’âge et l’état de santé du patient. La présence d’éventuelles métastases est aussi prise en compte. Il peut donc également comprendre une radiothérapie et/ou une chimiothérapie.

En cas de cancer étendu, la radiothérapie s’associe souvent à la chimiothérapie. Cette dernière s’utilise avant ou après une intervention chirurgicale. A noter que la chimiothérapie peut être un traitement palliatif lorsque le stade du cancer est trop avancé.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Cancer de l’intestin grêle. LE MANUEL MSD. Consulté le 1er juin 2020.
– Cancer de l’intestin grêle. SOCIETE CANADIENNE DU CANCER. Consulté le 1er juin 2020.
– Le cancer de l’intestin grêle. LA LIGUE CONTRE LE CANCER. Consulté le 1er juin 2020.