Protéinurie

Protéinurie Une protéinurie correspond à la présence anormale de protéines (essentiellement l’albumine) dans les urines. Cette anomalie indique, dans la majorité des cas, une atteinte rénale, mais peut aussi parfois résulter d’une infection urinaire ou d’un diabète. Le dépistage est généralement effectué par bandelettes urinaires. Une protéinurie des 24 heures permet de confirmer le diagnostic.

Définition

Rappels sur le rein et sa fonction

Le rein est un organe vital localisé dans la partie postérieure de l’abdomen. Chaque individu en compte normalement deux. Chaque rein est composé de 2 parties : l’une comportant les glomérules, le cortex et l’autre contenant les tubules et les vaisseaux, la médullaire. Les glomérules jouent un rôle clé dans la filtration des déchets de l’organisme. Au total, un rein est composé d’environ 1 million de néphrons (glomérule + tubule) qui servent à filtrer le sang afin d’en extraire les déchets qui sont éliminés dans les urines.

L’albumine est une protéine produite par le foie. Elle est ensuite filtrée dans le rein, et seulement une infime quantité (les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur la valeur) se retrouve ensuite dans les urines. Habituellement, la barrière de filtration glomérulaire ne laisse pas passer les protéines. La barrière de filtration glomérulaire (BFG) a deux fonctions. La première est de laisser passer l’eau et les molécules de bas poids moléculaire. La seconde est d’empêcher le passage des molécules de haut poids moléculaire. Pour cela, elle est composée de 3 couches avec diverses caractéristiques qui permettent de restreindre le passage des différentes molécules : l’endothélium, la membrane basale et les podocytes. Les protéines sont retenues grâce à leur taille ou à leur charge électrique. Un autre phénomène entre en jeu : la réabsorption. En effet, au niveau des tubules, les molécules peuvent être réabsorbées. Autrement dit, elles peuvent repasser des urines vers la circulation sanguine. Au final, très peu de molécules se retrouve dans les urines chez un sujet sain. En revanche, en cas d’anomalie rénale (de la barrière de filtration glomérulaire ou du tubule), une quantité plus importante d’albumine peut atteindre les urines. On parle de microalbuminurie puis de macroalbuminurie.

Qu’est-ce qu’une protéinurie ?

Le terme « protéinurie » désigne la présence de protéines (le plus souvent de l’albumine) dans les urines. Cette anomalie se traduit par une modification de l’aspect des urines. Elles sont plus mousseuses. Une protéinurie peut être présente dans bon nombre de pathologies urinaires associée ou non à d’autres symptômes. On parle de protéinurie isolée lorsqu’il n’existe aucun trouble urinaire ou symptômes associé.

Médicalement, une protéinurie se définit par une excrétion urinaire supérieure à 150 mg par jour. En dessous de cette limite, on parle d’excrétion physiologique, autrement dit normale. En effet, d’ordinaire, les urines ne contiennent pas ou très peu de protéine

Il existe différents types de protéinurie :

  • La protéinurie glomérulaire qui résulte de troubles de la barrière de filtration glomérulaire ;
  • La protéinurie tubulaire qui est liée à une anomalie de la réabsorption au niveau du tubule proximal ;
  • La protéinurie fonctionnelle qui se manifeste en cas de flux sanguin rénal important, par exemple lors d’un exercice physique ou d’ une fièvre. ce type de protéinurie disparaît dès que le flux sanguin retrouve sa vitesse normale ;
  • La protéinurie orthostatique qui est une affection bénigne au cours de laquelle une protéinurie se manifeste lorsque le patient est debout. Dans ce cas, les urines sont plus chargées en protéines en fin de journée (pendant les heures d’éveil) qu’après une nuit de sommeil.

Quelle est la cause d’une protéinurie ?

Les causes de protéinurie sont nombreuses.

Une protéinurie importante, supérieure à 3g par litre et par 24h, témoigne très souvent d’une atteinte glomérulaire (on parle de glomérulopathie). Une protéinurie inférieure à 2g par litre évoque plutôt une atteinte tubulaire (on parle de néphrite tubulaire). Parfois, la protéinurie est le symptôme d’une atteinte rénale en lien avec une hypertension artérielle.

Symptômes

La principale manifestation d’une protéinurie est le changement d’aspect des urines. Elles deviennent plutôt mousseuses.

D’autres symptômes peuvent mener un médecin à soupçonner la présence de protéines dans les urines : des gonflements oculaires au réveil, un œdème des jambes ou de l’abdomen.

À savoir ! Une protéinurie n’est pas toujours symptomatique. Certains patients n’ont aucun symptôme et découvrent leur protéinurie fortuitement lors d’un examen de routine.

La présence de protéines dans les urines est toxique. Cette anomalie peut engendrer des lésions au niveau du rein.

Diagnostic

Dans certains cas, le diagnostic de protéinurie est évoqué devant l’observation de certains symptômes, lorsqu’ils existent. Pour d’autres, ce sera un examen de routine qui permettra de diagnostiquer l’anomalie.

Le diagnostic de première intention est la bandelette réactive urinaire, bien que celle-ci détecte essentiellement la présence d’albumine. Le test se présente sous la forme de simples bandelettes à tremper dans les urines fraîchement recueillies. Le test est positif lorsque la bandelette passe du jaune au vert. A noter également que cette méthode est assez peu sensible à la microalbuminurie. Ainsi, en cas de positivité du test, la protéinurie détectée est forcément avérée. Les patients qui présentent un test urinaire positif doivent obligatoirement réaliser une analyse urinaire en laboratoire. Une électrophorèse permet de connaître la nature des protéines présentes dans les urines. Le plus souvent, il s’agit de l’albumine. Lorsque le second test urinaire est positif, les investigations doivent être poursuivies par d’autres tests dont une analyse sanguine, un bilan de la fonction rénale, une protéinurie sur 24 heures.

Une protéinurie des 24 heures se réalise à domicile après s’être préalablement muni d’un kit auprès de la pharmacie.  Il est demandé de collecter l’ensemble des urines sur 24 heures. Il faut débuter par la première miction du matin et prendre toutes celles de la journée jusqu’au lendemain matin. Normalement, le taux de protéines dans les urines ne doit pas dépasser 50mg par litre sur 24 heures. Lorsque cette dernière est supérieure à 150mg par litre, elle est considérée comme pathologique. Une protéinurie est le symptôme d’une souffrance rénale. A noter, que le taux de protéines peut varier en présence de certains facteurs comme la fièvre, le sport ou le froid. Il est donc important de les signaler lors de l’examen.

À savoir ! Une protéinurie des 24 heures est totalement prise en charge par la sécurité sociale.

Pour les patients de moins de 30 ans, il faut évoquer une potentielle protéinurie orthostatique. Le diagnostic repose sur deux prélèvements d’urine. L’un réalisé entre 7h et 23h (aussi appelé prélèvement de jour), l’autre entre 11h et 19h (prélèvement de nuit).

Enfin, en cas de protéinurie importante, une biopsie rénale est nécessaire.

Traitement

Le traitement d’une protéinurie dépend de sa cause. Lorsque celle-ci n’est pas en lien avec un syndrome néphrotique, elle ne nécessite aucun traitement ou régime. C’est la maladie qui la provoque qui doit être traitée.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Protéinurie. Harmonie Prévention. Consulté le 22 mars 2019.
– Protéinurie. Le manuel MSD. Consulté le 22 mars 2019.